Comment le groupe de Saverne est-il né ?
À Saverne, l’idée de créer un groupe a germé en mars 2003. Une ancienne bénévole de Strasbourg (groupe fondé en 1974) a eu envie de se lancer dans l’aventure. Elle a immédiatement trouvé l’appui logistique, financier et moral auprès de ses anciens partenaires.
Le groupe interreligieux de Saverne composé de catholiques (avec trois spiritains), de protestants et de musulmans s’est aussi intéressé au projet en « fournissant » les premiers bénévoles. Il convient de mentionner l’aide précieuse du pasteur de Saverne de l’époque, Ulrike Richard-Mollard, qui a fortement mobilisé la paroisse protestante et le groupe interreligieux. Même si ADM est indépendant de toute religion et de tout parti politique, ce sont des gens d’Église qui ont contribué à la création des groupes locaux : Erwin Muller pour Strasbourg et Ulrike Richard-Mollard pour Saverne.
Le groupe savernois compte 53 adhérents, dont une bonne vingtaine de membres actifs bénévoles. Les retraités sont largement majoritaires ; une dizaine d’entre eux assurent une journée de présence par semaine. Cinq ou six personnes du monde du travail participent à l’activité du groupe une ou deux fois par mois.
Quel est exactement votre travail ?
Assurer la gestion commerciale : achats, ventes, choix et commandes des produits, déballage, étiquetage, mise en rayons. Il faut une certaine compétence en vente et en communication. La diversité de nos aptitudes est une richesse appréciable : savoir présenter une vitrine attractive, mettre en valeur tel produit…
Et votre clientèle ?
Sans vouloir produire des statistiques, disons que la clientèle est fidèle. Le chiffre d’affaires de notre boutique évolue d’année en année de façon satisfaisante. Nous avons le souci de renouveler les produits de l’artisanat qui représentent 60% de nos ventes. Les bénévoles sont aussi « clients », ce qui contribue à tisser un réseau de relations.
Peut-on vous rencontrer en dehors de votre boutique ?
Nous sommes présents dans les fêtes paroissiales, sur invitation. Nous organisons des ventes dans la rue, avec le souci de faire passer un message.
Des souhaits ?
Oh oui ! Notre grand souhait – il faudrait dire notre grand souci –, c’est que ADM soit mieux connu. Être mieux connu, cela peut passer par une plus grande utilisation de nos produits. Ainsi, cette année, tout comme l’an passé, l’opération de carême « bol de riz » à la maison Saint-Florent a choisi notre produit. Pourquoi d’autres mouvements ou entreprises n’en feraient-ils pas autant ? Et nous lançons un appel dans une direction très précise : nous serions tellement heureux de trouver des enseignants retraités pour présenter le Commerce équitable dans les écoles… N’allez pas nous traiter de rêveurs ! Nous avons quelques exemples de jeunes qui ont su entraîner leurs parents. Militer pour le Commerce équitable, c’est enrichissant ! Nous essayons, à notre niveau, de changer le monde pour permettre à des jeunes de là-bas d’aller à l’école.
Nous apprécions l’ambiance qui règne dans notre groupe savernois, tout comme le soutien mutuel entre les groupes ADM. N’hésitez pas à venir et à voir ! N’hésitez pas à nous rejoindre !
Principes du Commerce équitable :
- Dans une approche solidaire, travailler avec les producteurs parmi les plus défavorisés, en refusant systématiquement une quelconque forme d’esclavage ou de travail forcé,
- Contractualiser entre les différents partenaires des garanties portant sur le prix et la qualité des produits, le prix permettant une juste rémunération des acteurs économiques, notamment en termes de formation, de santé et de protection sociale.
- Versement d’un acompte lorsque les organisations de producteurs n’ont pas le fonds de roulement nécessaire pour acheter la matière première, ou pour vivre tout simplement entre la commande et le règlement final,
- Privilégier des relations commerciales durables avec les producteurs. Pour eux, la durée assure leur avenir,
- Assurer la transparence chez les différents partenaires, qui passe par une information réciproque à chaque étape sur les conditions de travail, les salaires, la durée des relations, les processus de production et de distribution, les prix, les marges,
- Accepter le contrôle sur le respect de ces principes, à chaque étape du processus.
Un des engagements d’Artisans du Monde envers les partenaires du Sud : le quinoa

Pour la Quinzaine du Commerce équitable (25 avril – 11 mai 2008), des groupes ADM de l’Est avaient invité un de leurs producteurs, un Bolivien nommé Ciprian. Il a ainsi valorisé le travail de la coopérative qu’il représente et qui produit du quinoa, une céréale cultivée en quasi monoculture sur les hauts plateaux du sud de l’Altiplano, une région très pauvre.
L’association nationale des producteurs de quinoa (Anapqui) a été créée en 1983 par une centaine de communautés de paysans. C’est la plus importante organisation à but non lucratif de petits producteurs en Bolivie. Elle possède une usine de traitement du quinoa à Challapata et des locaux à La Paz. Elle travaille avec 7 coopératives régionales et regroupe 1200 producteurs.
Le quinoa est une céréale connue depuis 5000 ans, cultivée en Bolivie, au Pérou et en Equateur. Sa graine est très riche en protéines, en acides aminés essentiels et en sels minéraux, notamment calcium, phosphore et fer. Sa valeur nutritive est comparable à celle du lait. La production a évolué en faveur d’un produit biologique devenu largement dominant. En 2004, le quinoa biologique d’Anapqui se vendait entre 1350 et 1550 US $ la tonne, via le Commerce équitable. Sur le marché international conventionnel, le prix était de 900 US $ pour le quinoa classique et de 1100 pour le biologique. Un des principes du Commerce équitable est d’acheter les matières premières au prix le plus juste possible pour les producteurs, qui fixent d’ailleurs eux-mêmes ce prix.
Anapqui joue un rôle important dans le maintien de la population indigène sur l’Altiplano bolivien où les alternatives sont très limitées. La culture du quinoa freine l’exode rural vers les villes. Elle concerne 50% des habitants de cette région vivant à 3700 m. d’altitude. Au sein d’Anapqui, les producteurs sont mieux rémunérés que dans d’autres organisations boliviennes : ils reçoivent environ 13% du prix final équitable au lieu des 7% du commerce conventionnel. Les petits agriculteurs touchent aussi une prime du Commerce équitable et, à la fin de l’année, la moitié des bénéfices d’Anapqui est distribuée aux producteurs.
Infos

La boutique de Saverne (35 route de Paris, près du canal) est ouverte les mardis et mercredis de 14h30 à 18h30, jeudis et vendredis de 10h00 à 12h00 et de 14h30 à 18h30, et samedi de 10h00 à 12h00 et de 14h00 à 17h00.
Tél. 03 88 03 18 92 / Site : www.artisansdu monde.org
Des groupes existent en Alsace : Strasbourg, Colmar, Mulhouse et un membre associé à Haguenau (la Boutique du Monde). ADM est présent en Lorraine avec 6 groupes (Dieuze, Epinal, Gérardmer, Metz, Nancy, Saint-Dié) et en Franche-Comté avec 8 groupes.
Les groupes ADM se retrouvent au sein d’une fédération disposant de plus de 160 points de vente en France. Animée par 5000 bénévoles et 85 salariés, la fédération ADM est le premier réseau spécialisé de commerce équitable. Ses produits ne sont pas commercialisés en grande et moyenne distribution : il est hors de question de cautionner des pratiques souvent contraires aux règles de base du commerce équitable (exploitation des producteurs et de la main d’œuvre).
