Si on nous demandait à brûle-pourpoint de parler du Mozambique,
que dirions-nous ?
Peut-être qu’un vague souvenir des cours de géographie nous
ferait parler du «
canal »
séparant l’Afrique et Madagascar… Les mordus
d’histoire rappelleraient qu’il s’agit d’un pays
lié à l’aventure maritime des Portugais à la fin du
XVe siècle et au début de la colonisation…
Serions-nous nombreux à penser aux événements de la
deuxième moitié du siècle dernier, les guerres qui ont
meurtri ce pays d’Afrique du Sud-Est ? De 1964 à 1975, le FRELIMO (Front de
libération du Mozambique) se bat pour l’indépendance. De
1979 à 1992, c’est la lutte fratricide entre ce même FRELIMO
et la RENAMO (Résistance nationale du Mozambique). Les
séquelles des guerres, de la deuxième surtout, demeurent dans les
esprits et c’est dans ce contexte que l’Église situe sa
mission.
En 1998, elle a célébré 5 siècles
d’évangélisation. Dans ce pays de 785 000 km², comptant un peu plus
de 18 millions
d’habitants, sont à l’œuvre aujourd’hui une
communauté de 4 sœurs spiritaines et un groupe de 12 spiritains de
8 nationalités différentes, répartis en 3
communautés. Les unes et les autres ont répondu à la
demande de plusieurs évêques.
Sur la paroisse d’Itoculo, dans le Nord-Est, 15 % de catholiques cohabitent
pacifiquement avec les musulmans. Au travail d’animation spirituelle
s’ajoute celui du développement, avec une attention
particulière aux problèmes des femmes, souvent mises à
l’écart par leur illettrisme (p. 13). Les confrères soulignent l’importance
de l’œcuménisme et du dialogue interreligieux : les gens doivent pouvoir se
rencontrer et se parler pour arriver à la réconciliation
nationale (pp. 13-14). La mission d’Inhazonia,
s’étendant sur 40
000 km² (soit
la superficie de la Suisse), connaît des conditions climatiques
difficiles – sécheresse ici, inondations là –. En
dépit des distances et de l’existence de plusieurs langues, les
spiritains n’hésitent pas à visiter les diverses
communautés. J’ai plaisir à souligner le
témoignage du seul jeune Mozambicain actuellement en formation : « J’ai admiré
la manière dont ils (les spiritains) entrent en contact avec la
population. Ils sont généreux avec tous ceux dont ils se
rendent proches, sans distinction de culture, d’origine ou de religion
[…] Les spiritains ont réussi à établir un climat
favorable pour un vivre ensemble. » (p.
15)
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Les spiritains ont réussi à établir un climat
favorable pour un vivre ensemble. » (p.
15)
À la mission d’Inhazonia, on vise à assurer la
sécurité alimentaire et à promouvoir une agriculture
renouvelable (p. 16).
Sœur Joyce Abi s’investit dans la promotion de la femme (p. 17). Malgré le manque
de considération dont elles souffrent, ce sont bien les femmes qui
permettent à l’Afrique de tenir : c’est la conviction très forte de
tous les confrères ayant œuvré sur le terrain ! Soit dit en passant,
nos vieilles démocraties sont loin de respecter
l’égalité homme-femme dans tous les domaines ! Il n’y a pas
lieu de pavoiser !
On retrouve au Mozambique les problèmes de bien des pays africains : le poids des
multinationales, la présence grandissante des promoteurs immobiliers
étrangers, la Chine tout particulièrement (pp. 18 et 21). Et il
faut relever les défis de la santé : éduquer à la prévention des
maladies, faire fonctionner les dispensaires et les centres nutritionnels
(p. 19).
Écoles maternelles ou primaires, foyer d’étudiants : avec des moyens
souvent limités, spiritaines et spiritains agissent inlassablement en
faveur de l’éducation de la jeunesse. Et leur sollicitude va
aussi aux centres pénitentiaires (p. 20).
Construire la cité, c’est aussi le thème de plusieurs
pages-Écho : Témoin, Jeunes, Évangile en Afrique,
Paroles d’hommes, Libermann.
La diversité dans les actions de construction n’est pas un
obstacle mais une richesse, pourvu que chacun y mette tout son cœur et
reste ouvert au dialogue, sous le souffle de l’Esprit.
Charles Distel
charlesgerard67@gmail.com
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