Un constat : les inégalités s’accroissent dans le Sud
mais aussi dans le Nord. Concernant l’espérance de vie, le Sud
accuse un retard de 20 ans par rapport au Nord ; mais ce dernier connaît aussi des
inégalités : ainsi
l’espérance de vie reste inférieure pour les hommes.
La mortalité infantile était de 250‰ au Nicaragua en
1978-1979, de 150‰ en Somalie en 2005, et de 7‰ en France.
Grâce aux programmes de vaccination, la mortalité
infantilo-juvénile est en baisse dans le Sud. La mortalité
périnatale est 100 fois supérieure en Gambie à celle
d’un pays du Nord. 1/3 des enfants sont en insuffisance pondérale
dans les pays du Sud. Mais la Chine connaît un accroissement de

l’obésité et, à Cuba, elle est aussi forte
qu’en Floride.
Les maladies tropicales se développent : la dingue, la fièvre jaune,
l’hépatite B qui aboutit au cancer. Progression de la tuberculose
également, phénomène relevé aussi pour le Nord dans
les milieux les plus pauvres, à cause de la précarité des
logements, de la promiscuité, de la difficulté de
l’accès à l’eau et aux soins.
Les infections
sexuellement transmissibles sont en augmentation dans le Sud et dans le Nord.
Le diabète explose chez nous, mais aussi dans le Sud ; de même les cardiopathologies, à cause
de l’abus de l’alcool et du tabac, et aussi du fait du
vieillissement de la population. L’accroissement du cancer lié
à l’environnement est pire dans le Sud.
Dans le Nord et dans
le Sud, les pathologies mentales, comme la maladie d’Alzheimer, posent un
problème important d’accompagnement des personnes atteintes. La
Chine prévoit de devoir faire face à 500 millions de malades
Alzheimer en 2020
Le gros
problème dans les pays du Sud reste l’accès aux soins < : il n’y a pas d’assurance maladie. Chez
nous, en raison de l’absence de dépistage précoce et des
addictions, on note un accroissement du cancer et des pathologies mentales
parmi les personnes à faible revenu et les populations
précarisées.
Mais il y a des signes d’espoir au Sud.
Dans un pays d’Afrique la pression de la société civile a
permis la commercialisation de lait liquide produit sur place et
jusqu’alors vendu seulement en poudre, d’où une meilleure
alimentation pour les enfants. Au Nicaragua, après la mort de 356
enfants du fait d’une épidémie de rougeole,
l’approvisionnement correct en pénicilline a réduit la
mortalité de façon notoire lors d’une autre
épidémie. Si la recherche contre le paludisme
n’intéresse guère le Nord, à cause de la faible
retombée financière, elle a beaucoup augmenté dans le Sud
: 70 pays sont concernés aujourd’hui,
contre 30 il y a 10 ans. L’Inde a fortement développé la
production de médicaments.
Remarquons que dans le Nord le
coût de la recherche est sans doute énormément
gonflé par les industries pharmaceutiques. Il est nécessaire que
les pouvoirs publics imposent la transparence pour assurer le contrôle
par la société civile.
Propos recueillis par Marie-Hélène Zwiller