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Ma vocation a germé sur une terre fertile. Marchant sur les traces
du Père Alphonse Guhmann, six jeunes de Herrlisheim (67) sont
entrés dans la congrégation du Saint-Esprit ; je suis le dernier
d’entre eux à avoir répondu à l’appel du
Seigneur. J’entre à Neufgrange en 1946, à
l’âge de 11 ans. Après quatre années à
l’école apostolique et deux années d’apprentissage de
la menuiserie au postulat des Frères, je fais le noviciat à
Piré-sur-Seiche (Ille-et-Vilaine) sous la conduite du Père Arthur
Bohn, puis, jeune profès, je continue ma formation à
Chevilly-Larue (Val de Marne) de 1953 à 1956. Suivent deux années
de service militaire en Algérie. Au retour du service, en
prévision de mon départ en mission, je m’inscris à
un stage accéléré de maçonnerie : « Avant
de mettre en place portes et fenêtres, il faut monter les murs
» : tel était l’argument déterminant pour que
j’accepte cette nouvelle formation. Mais comme le Seigneur ne manque pas
d’humour, voilà qu’à la sortie du stage je suis
affecté, pour cinq ans, à l’équipe d’entretien
placée sous l’autorité de l’économe
provincial. Cela me vaut de faire un petit tour de France : Bletterans (Jura),
Saint-Ilan (Côtes d’Armor), Maulévrier (Maine et Loire) et,
pour finir, Neufgrange. En 1964, enfin, me voici dans l’océan
Indien. Je passe deux ans à Rodrigue, île de 75 km² relevant
de Maurice. Pour vous donner une idée de l’étendue de mon
« caillou », dites-vous qu’on pourrait en caser huit de sa
taille dans le lac Léman ! 28 000 habitants : moins que dans la seule
ville de Haguenau… À Rodrigue, je construis une école
d’agriculture. En 1966, je passe sur la « Grande Île
», Madagascar, dont la superficie dépasse celle de la France !
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Le
diocèse de Majunga (l’actuelle Mahajanga) me confie les
constructions et les réparations. Ma vie missionnaire au loin aura
duré dix ans. En 1974, je retrouve l’Hexagone : je travaille
à la diffusion de l’Écho et du calendrier sur la
Moselle-Est, activité que je reprendrai après une interruption de
sept ans durant laquelle j’assure le service de l’accueil dans
notre maison provinciale, rue Lhomond à Paris. Depuis septembre dernier,
en raison de la fermeture de la maison de Neufgrange, je continue mon travail
de diffuseur à partir de la maison Saint-Florent de Saverne.
Diffuser l’Écho et le calendrier, cela veut dire visiter les
zélateurs, les familles des confrères spiritains et les amis de
la congrégation. Cela veut dire régler au mieux les questions
touchant aux abonnements et réabonnements. Il faut de la
persévérance, du doigté… Trouver des successeurs
aux zélateurs âgés ou malades n’est pas une
entreprise très aisée. Il y a quelque temps, une abonnée a
demandé à me rencontrer. Après trois entrevues, elle me
dit qu’elle ne reprend pas l’abonnement. J’ai fini par
comprendre que les épreuves (maladie et décès de ses
proches) l’avaient tellement meurtrie qu’elle ne voyait plus de
sens à rien… Mais je tiens à souligner le très
bon accueil que je rencontre généralement. Et ce bon accueil
reste pour moi un sujet d’émerveillement. Bien des
zélateurs et abonnés sont devenus des amis qui attendent mon
passage. Bien sûr, je passe beaucoup de temps sur la route. Temps perdu ?
Non, certainement pas. J’ai tout loisir de porter dans la prière
les familles que je viens de visiter comme celles que je m’apprête
à rencontrer. C’est ma manière de religieux de mettre en
pratique la parole de saint Paul : « Portez les fardeaux les uns des
autres et accomplissez ainsi la loi du Christ » (lettre aux Galates
6,2). Et je tiens encore à dire un vibrant merci à toutes les
personnes qui partagent avec moi le souci de la Mission à travers la
diffusion et la promotion de l’Écho et du calendrier. Je les
assure de ma prière. Propos recueillis par
Charles Distel
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