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"Comme une plume légère"
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À Rome en 1840, Libermann attend le bon vouloir des autorités. Pour meubler son temps il prie et, en méditant, il rédige un Commentaire de l’Évangile de St Jean.
Dans le cadre de la visite de Nicodème à Jésus,
Libermann médite longuement la présence et l’action de
l’Esprit de Jésus en nos vies. Il a cette simple image
suggestive : « Ô très saint et très
adorable Esprit de mon Jésus, faites-moi entendre votre douce voix.
Rafraîchissez-moi par votre souffle délicieux. Ô divin
Esprit, je veux être devant vous comme une plume légère,
afin que votre souffle m’emporte où il veut, et que je n’y
apporte jamais la moindre résistance. » Dans la
Règle provisoire pour l’Œuvre des Noirs qu’il
projetait de créer, il porte déjà le souci de se laisser
guider par l’Esprit Saint : « Laisse-toi conduire
tout entier par l’Esprit : il t’enseignera les mots et
les gestes que toi seul ne saurais trouver. » Il revient
souvent dans ses Lettres spirituelles à cette douce soumission
à l’Esprit de Jésus. Pour Libermann c’est un
principe de vie. Jésus lui-même se laisse guider par
l’Esprit et il nous l’envoie pour que nous nous laissions ainsi
guider. « Tout ce que vous avez à faire, c’est
de vous rendre docile, maniable entre les mains de l’Esprit de vie, que
notre Seigneur Jésus a mis dans votre âme pour être toute
chose en vous. Il doit être le principe et la source unique de toutes
vos affections, de tous vos désirs et de tous les mouvements de votre
âme. Il doit être le mobile de votre esprit et le guide de votre
âme dans les mouvements qu’il lui imprime. C’est à
lui seul qu’il appartient de vous donner une impulsion et cette
impression. Car si vous y mêlez votre violente activité, vous ne
pourrez que gâter les choses. Jésus vous a
laissé son Esprit Saint pour vous diriger et vous conduire dans cette
voie qu’est Jésus. Soyez docile, mon très cher, car si
vous voulez aller seul, vous sortirez de cette voie. Il n’y a que
l’Esprit Saint qui la connaisse et qui puisse vous y faire marcher
» L.S. 1, 366. Dans la conduite de notre vie sous le souffle de
l’Esprit Saint il n’y a aucune raideur, bien au contraire. Nous
sommes invités par Libermann à vivre la joie dans les
rencontres que nous offre la vie : « Tâchez
d’avoir toujours l’esprit libre, gai, ouvert […] Cette
ouverture d’esprit et de cœur est indispensable pour
l’acquisition du véritable esprit intérieur ;
il faut que vous soyez ouvert, simple et doux avec tous […] Allez
gaiement, franchement, sans dissipation pourtant, mais sans contrainte, sans
recherche, sans appréhension d’être bien ou mal
jugé, de plaire ou de déplaire, sans envie de paraître
quelque chose, de vous attirer l’estime ou la bienveillance. Dieu seul,
toujours Dieu en vue, et votre esprit aura cette liberté »
L.S. 2, 341. La présence de l’Esprit de Dieu nous est
donnée par le baptême et Libermann le redit dans son commentaire
de St Jean : « Après notre baptême,
l’Esprit Saint habite en nous d’une manière vivante et
vivifiante ; il y est pour devenir en nous le principe de tous les
mouvements de nos âmes. Il devient comme l’âme de notre
âme. Il dépend de nous de nous laisser impressionner et
influencer par lui, et de suivre plus ou moins ses saintes impressions, selon
la grâce qui est en nous, et les bonnes dispositions que nous avons.
» Nous voilà invités à vivre au plus
profond la grâce de notre baptême, la présence en nous de
Jésus par son Esprit. Nous voilà aussi invités à
louer Jésus par son Esprit pour toutes les moissons que nous pouvons
engranger. Si en nous le Seigneur fait des merveilles, c’est parce que
nous laissons son Esprit agir en nous et à travers nous !
Page préparée par P. Louis Guth
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