Les mouvements de laïcs suscités par les
spiritains
Compte-rendu de Ngoya
Du 8 au 15 juillet 2007, s’est
tenue à Yaounde la deuxième rencontre des mouvements de laïcs suscités par les spiritains et spiritaines. Déjà l’an
dernier à la Pentecôte, une première rencontre avait eu lieu à Abidjan avec 150
participants. Cette année, une cinquantaine de délégués de six pays se sont
retrouvés, avec leurs responsables religieux et laïcs,.pour une semaine à
Ngoya, au Séminaire de Théologie des spiritains d’Afrique centrale
L’originalité
de ce congrès des Fraternités était la rencontre des deux mouvements de laïcs
spiritains, deux Fraternités de laïcs bien différents et pourtant proches dans
leurs objectifs spirituels.
La Fraternité du Saint Esprit
fêtait ses 140 ans d’existence puisqu’elle est née en 1847 de l’initiative
d’une laïc Emma Boulengey, accompagnée par un spiritain, le P. Le Vavasseur, avec
l’approbation de l’archevêque de Paris dans le but d’honorer l’Esprit Saint et
de favoriser son action dans l’Eglise et dans les cœurs. Maintenant elle
comporte environ 4000 membres notamment au Canada, à la Martinique, en Cote
d’ivoire, au Congo et même récemment en Ukraine. Le projet, clair et profond,
est d’honorer l’Esprit Saint en accueillant son action, par la prière et par
l’action missionnaire. On comprend qu’il reste toujours d’actualité malgré les
changements de situations matérielles et spirituelles à travers le monde. On
comprend aussi que les évêques reconnaissent volontiers une Fraternité dont ils
peuvent adapter les Statuts et disposer de groupes de prières qui veulent
participer à la pastorale diocésaine et paroissiale.
Les Fraternités spiritaines sont des
groupes nouveaux, de prière et d’action, suscités depuis les années 1990 autour
des communautés spiritaines pour réunir les laïcs qui veulent participer à la
spiritualité et à la mission spiritaine. Ce mouvement, né d’abord en Europe,
s’est répandu maintenant dans les nouvelles Provinces de la Congrégation et
tend à se généraliser autour des communautés spiritaines de divers pays sous
diverses formes, encore en cours d’organisation. On y rencontre une vitalité et
un dynamisme propre aux mouvements spirituels récents, prometteur de
développements importants, lorsqu’ils auront trouvé leur vitesse de croisière,
dans un rapport fructueux entre religieux et laïcs. Déjà en certains pays comme
au Cameroun, ils donnent une image, nouvelle et prometteuse, de la vie
spiritaine.
Par les échanges de ces deux rencontres,
2006 et 2007, par les exposés et les partages d’expérience, se sont dégagées
des lignes de forces communes de nos mouvements de laïcs. Comme les groupes de
femmes qui accompagnaient Jésus dans son ministère, et les chrétiens qui
suivaient les Apôtres et les aidaient dans leur ministère, il y a toujours eu
dans les paroisses et dans les monastères, des chrétiens désireux de participer
à la prière et à l’action des prêtres et des religieux. Chacune à leur manière
sont bien des fruits de la Congrégation qui permettent de concrétiser et de
décupler sont action.
S’il est une image à retenir c’est
bien la participation des membres du Congrès à l’ordination sacerdotale de
quatre jeunes spiritains camerounais, en costume marqué aux couleurs du
Congrès, occupant un quart de l’immense
basilique de Yaounde. Il était
clair que ces jeunes avaient été accompagnés dans leur formation par ces laïcs
engagés et qu’ils seraient aussi soutenue dans leur ministère. C’est une image
inoubliable.
Mgr le nonce apostolique de
Yaounde, qui est venu participer à une partie de travaux sur le rôle et la
mission des Fraternités dans la mission de l’Eglise, s’est montré intéressé par
cette forme d’action de la Congrégation. A la fin de la messe de clôture, il
nous a partagé sa satisfaction d’avoir découvert cette vitalité des laïcs
spiritains. Il connaissait l’action séculaire spirituelle et évangélisatrice de
la Congrégation. Il en a apprécié les fruits moins connus mais si prometteurs
de ces laïcs qui entrent dans la spiritualité spiritaine et participent de
façon concrète à l’action pastorale et missionnaire.
Comme les
jeunes Eglises rendent visible la jeunesse de l’Eglise du Christ, ainsi les
nouvelles Fraternités rendent visible la façon nouvelle de se situer en
congrégation missionnaire. Ce Congrès l’a bien montré.