Congrégation du Saint-Esprit en France
spiritains














Homélie prononcée par P. Marc Botzung - provincial

Sainte Trinité, Journées d'amitié 2019

Paris, la chapelle de la Maison-Mère, le 16 juin 2019


La promesse de Dieu est une promesse de vie !


Chers frères et chers amis,

Une semaine après la fête de la Pentecôte, fête du don de l’Esprit Saint, la liturgie de l’Église nous invite aujourd’hui à entrer davantage dans l’expérience de l’amour de Dieu. Cet amour personnel, vivifiant, pardonneur, il nous arrive d’en faire l’expérience plus fortement à certains moments de notre vie. Parfois il se révèle avec une intensité ignorée jusque-là, d’autres fois, il peut même nous retourner complètement et parvenir à nous orienter tout autrement sur nos chemins de vies. En ces occasions où l’amour de Dieu se fait comme plus explicite, comme peut-être dans les jours plus ordinaires aussi d’ailleurs, l’Esprit Saint lui-même se manifeste en nos existences, comme nous le signifie la deuxième lecture.

Habib et Emmanuel, vous avez fait cette expérience déjà d’accueillir l’amour de Dieu pour vous, d’où votre engagement à la suite du Christ en notre Congrégation, un engagement que vous demandez à renouveler aujourd’hui. La promesse de Dieu, qui est une promesse de vie, doit cependant vous orienter vers ce qui vient et est devant vous, encore plus que sur les grâces déjà accueillies. Soyez ouvert à Dieu qui vient !

Le don de l’Esprit Saint nous fait connaître le Christ, l’aimer, vivre de lui, pour avec lui se laisser orienter vers Dieu le Père.

Or de manière surprenante cette orientation vers le Père ne nous sépare pas de notre monde, mais nous demande au contraire de nous y intéresser, de chercher à le comprendre et d’apprendre à l’aimer. Parce que le mouvement vers le Père qui est premier, ne nous épargne pas un envoi à nos frères et sœurs aujourd’hui. Que serait en effet un destin chrétien solitaire ? Touchés par l’amour de Dieu révélé en Jésus, nous sommes envoyés à tous les affamés de vie, spécialement à ceux qui en sont le plus privés. Or comment accepter d’être envoyés, si ce n’est en acceptant d’aimer profondément ceux à qui nous sommes envoyés ? Il s’agit donc d’aimer nos contemporains, dans leur diversité, parce que Dieu les aime. Dans la tradition de notre Institut cela signifie aussi accepter de partir vers d’autres horizons, apprendre de nouveaux codes et de nouvelles langues, pour se faire proche, pour se faire admettre, pour se laisser adopter par nos hôtes. Où que vous viviez, n’oubliez pas cependant que vous êtes d’abord envoyés aux plus pauvres, aux oubliés, aux exclus. Ton intérêt, Emmanuel, pour les enfants de la rue me réjouit. Ton expérience auprès des malades de l’hôpital Cochin et des personnes de la rue de notre quartier, Habib, me réconforte tout autant.

Serviteurs de vos frères, vous pourrez être soumis à la détresse comme nous l’indique avec justesse Saint Paul. Comment voudriez-vous être aux prises avec les malheurs du monde et avec les souffrances des personnes, sans en être impactés vous-mêmes, sans en être ébranlés parfois vous-mêmes ? L’apôtre voit là une épreuve pour notre foi et vous la ressentirez, mais il y voit aussi comme une étape de purification d’où peut émerger la force de l’espérance. L’espérance que l’amour de Dieu est capable de faire renaître de la mort, de rendre vie aux exclus, l’espérance qu’au bout de la nuit brille la lumière. Une lumière pas seulement pour quelques-uns, mais – pourquoi pas ?- pour tous. Notre monde a besoin aujourd’hui de cette lumière, de cette espérance.

Entretenez votre relation d’intimité avec le Christ pour qu’il puisse diffuser en vous cette persévérance et cette patience qui sont des signes de sa présence, par l’action de son Esprit.

La fête de la Sainte Trinité que nous célébrons est la fête de l’amour de Dieu qui nous associe à sa vie aujourd’hui. De la même manière qu’un bon vin ne peut pas se boire seul, partagez cette expérience et ce goût à vos frères.
Amen.