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UNIVERSITE D'ETE DES JEUNES SPIRITAINS
juillet 2005 |
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10 juillet; retrouvaillesEst-ce encore le temps de faire des projets...Il arpente de long en large le grand couloir de l’accueil de Chevilly : Gilles Pagès nous attendait en cette fin d’après-midi de dimanche. Marie-Thé et Cécile avaient préparé les chambres. Accueil simple et fraternel, qui s’est poursuivi quand nous nous sommes retrouvés, après parfois plusieurs années et pas mal de distance. ‘Ben mon vieux, t’as pris un coup…’ On se donne d’abord des nouvelles de nos familles : les proches, la santé : la vie.
Après les vêpres conduites par Loïc dans la chapelle de la communauté des Anciens, nous nous retrouvons pour le premier repas et les premiers échanges de nouvelles : ‘t’es où, maintenant ? qu’est-ce que tu fais ?’ Non, ce n’est pas l’AVCC (amicale des vétérans de la communauté de Clamart) : c’est l’Université d’été des jeunes spiritains français ou en France, qui commence. Nous sommes 28 autour de la grande table dans la salle agréablement décorée par l’équipe de préparation qui est là depuis ce matin : Gilles Pagès, Michel Huck, Rigobert Ogbabo et Marc Pons. Mario Silva, formateur au Portugal est aussi avec nous. Pierre Sornay, et, bientôt Daniel Fasquelle, associés, font partie de notre groupe. Nous attendons l’arrivée imminente de Gaby Sheyin. Tous, nous représentons l’ ‘universalité’ d’où tient son nom notre ‘Université’ d’été. Vous trouverez ci-dessous les noms et les pays pour preuve de cette universalité. L’ouverture par Gilles de la brève session du soir nous provoque déjà : ‘aujourd’hui, il est encore temps de faire des projets pour l’avenir, bientôt ce ne sera plus possible’. Nous voilà dans le bain : l’eau est chaude ! Après d’autres circonscriptions (Amérique du Nord, Irlande) et d’autres Congrégations (Spiritaines), nous voilà invités à faire le point ensemble sur ce que nous voulons accomplir, comment nous voulons le faire, et avec quels moyens. ‘Quel projet pour la Province de France ?’ Ca ressemble à un chapître ? Non, nous voulons seulement faire des propositions, nous ne prendrons pas de décisions. Nos réflexions seront synthétisées dans un document qui sera remis à Gaby Myotte-Duquet dimanche prochain. La méthode nous est présentée en trois temps, diverses étapes et quelques moments. Le but du jeu est de faire un projet pour le Futur de la Province, en essayant de le laisser ouvert à l’Avenir que Dieu nous prépare, et dans lequel nous serons invités à entrer, par l’Esprit Saint. Si tout cela vous semble encore assez vague, alors vous êtes déjà ‘dans le bain’, car pour nous aussi, participants, tout est loin d’être bien clair. Normal : on plonge dans du nouveau, et on espère qu’il en sortira du nouveau. Au menu de demain, Lundi 11 juillet : le matin, présentations : ‘cite et décris le lieu de la communauté où tu vis’ ; ‘nomme les priorités du projet communautaire’ ; ‘précise l’un ou l’autre défi du pays, du continent dans lequel tu vis’. L’après-midi, début des choses sérieuses : ‘Et si je rêvais’. Première étape : créer une ‘œuvre d’art’ qui exprime qui je suis. Demain, on passera du ‘je’ au ‘nous’. texte de Jean-Pascal Lombart & Philippe Sidot le 11 juillet 2005le 12 juillet 2005le 13 juillet 2005le 14 juillet 2005le 15 juillet 2005le 16 juillet 2005le 17 juillet 2005conclusionsANNEXE :Après avoir rêvé, il faut mener la vie religieuse et missionnaire que nous avons choisie par profession. Nous devons faire des renoncements pour être féconds. (Intervention de Gilles Pagès, vicaire provincial , le 14 juillet : et débats).
La réalité ? ‘ Seuls les faits sont réels.’ Le réel : dureté des faits qui résistent à nos projets. Le réel, c’est aussi le roc sur lequel on peut construire, si on en tient compte. Les faits : on fait une description, sans jugement moral à ce niveau-là. Crise d’identité. Nous avons un problème d’identité. Comment essayer – dans un monde où les identités moins évidentes sont plus exacerbées – de nous donner à connaître ? L’identité est toujours donnée par les autres : ce sont les autres qui disent qui nous sommes. Écoutons ce que les autres disent de nous. Est-il nécessaire d’être identifiés dans notre société ? Oui ! celui qui ne sait pas qui il est, il déprime et va vers la folie. La vie religieuse et spiritaine n’est plus identifiée par nos contemporains. Auxquels de nos contemporains cela dit-il quelque chose d’être spiritain ? Devons-nous davantage aller les retrouver pour qu’ils ‘nous disent’ ? Questions dans le débat que pouvons-nous faire comme spiritains actifs pour notre image ? Sur le témoignage : que donnons-nous à voir, en fonction des évolutions de société? Il y a toujours plusieurs facettes. Comment vivre l’identité spiritaine sans donner l’impression de ramer à contre-courant ? La carte d’identité est-elle périssable ou renouvelable ? Nos implantations Aujourd’hui, il n'y a plus de familles nombreuses, plus de martyr, plus nécessaire de s’engager chez les missionnaires pour traverser les frontières … ne reste plus que l’humanitaire. Comment évangéliser la mode humanitaire ? Comment nous donner à voir ? Nous n’avions pas de présence pastorale. Nous avons réorienté certaines de nos maisons pour ce type de présence. Nous avons ouvert des communautés apostoliques de type paroissial : Rennes, Blanc-Mesnil, Fontenay Blagis, La Meynault. Nous voulons assurer une visibilité dans l’Eglise de France. Les évêques de France sont ravis de bénéficier de nos services. Mais faisons-nous des propositions ? Sans simplement répondre à des appels. Sommes-nous accueillis comme missionnaires ‘génériques’ ou reconnus et voulus comme ‘spiritains’, aussi religieux ? L’organisation nouvelle de nos implantations en France à sauvé certaines de nos maisons de la fermeture. Mais avons-nous réussi à fédérer les confrères autour d’une activité ? Dans nos paroisses: y-a-t’il une manière spiritaine de travailler dans une paroisse en France ? Est-il bon de demander à un confrère ‘angolais’ de s’occuper des angolais en France ? Est-il venu pour cela ? Ces chrétiens ne relèvent-ils pas du clergé diocésain tout autant que les autres ? Mais le témoignage de nos communautés inter-raciales n’est-il pas une chance ? L’effort de la Province de France, c’est d’essayer de donner l’inter-racialité de nos communautés comme une possibilité et une richesse dans le paysage français. Le déploiement paroissial risque aussi de faire absorber la vie religieuse par la vie sacerdotale. Comment réfléchir cette tension entre la vie missionnaire et vie religieuse ? Libermann nous a voulu religieux, parce que nous étions missionnaires. Sommes nous fidèles au Père Libermann en allant en paroisse ? Comment remplir notre fonction critique, innovante, marginale, excessive ? N’y a-t-il pas une paroissialisation de notre congrégation ? Est-ce bon ou risqué ?[/color] Notre témoignage. Faire le point sur l’état de nos convictions religieuses, quelle est la qualité de notre témoignage : nous faisons-nous l’écho des incohérences de la société, ou bien avons-nous une autre contribution à proposer ? Nous sommes dans l’ambiguïté entre l’identité de Français et de Spiritains en France. Les questions de la société et de l’Église se trouvent aussi chez nous. Individualisme, profit, nous guettent-ils ? Ne sommes-nous pas trop alignés sur la société ? ‘Malheureux êtes-vous si l’on dit du bien de vous sur la terre.’ Ne sommes-nous pas trop éclatés ? ainsi que notre formation ? Que reste-t-il de la missiologie ? Deux formes de témoignage en Province de France : certains ont conscience d’appartenir à un corps. Ils s’inscrivent dans les œuvres qui font notre identité. Certains ont conscience d’appartenir à une chair : le témoignage s’inscrit dans les tissus, plus émotionnel, plus souple. Nous prenons de moins en moins le temps de partager en communauté. Peur ? Respect humain ? Est-ce une chasse gardée ? La vie communautaire a fait de gros progrès, nous sommes davantage dans nos communautés. Mais encore trop de confrères se donnent leur mission. Normalement, on la reçoit, et elle est confirmée. Débat. Projets communautaires : Yves. Il faut de la passion pour porter un projet, mais avec la rotation des personnes et leur essoufflement, il est parfois difficile de continuer. Christian T.: Le projet communautaire : Qu’est-ce qui nous réunit, et fait que nous sommes religieux ? On doit le retravailler ensemble, pour continuer à le vivre ensemble. Christian C. : Le projet communautaire n’est pas au même niveau que les ministères. Si les ministères ne s’intègrent pas facilement dans le PC, il faut les remettre en question. Gilles : faut-il parler de ‘charte’, pour éviter de penser aux ‘activités’ en entendant ‘projet communautaire’ ? ou ‘vision’. Marc B. ‘Projet communautaire’ : écrire ‘ce que nous voulons vivre ensemble’. Voir RVS 44.3 Christophe H. J’ai vu deux approches du PC dans deux communautés. Au Mozambique, les activités faisaient partie du projet communautaire : mon nom y était inscrit, avec mes activités. Vie de prière, réunions. La mission de la communauté était de prendre en charge deux paroisses. Les réunions de communauté mensuelles et annuelle servaient à remplir ensemble l’agenda. Et à Lille. Questions dans le débat Comment intégrer les générations ? Deux ou 3 jeunes intégrés avec les anciens, ou 2-3 anciens avec les jeunes ? A quand les communautés mixtes Crise d’autorité Notre expérience nous a donné l’habitude de prendre des responsabilités et nous a forgés des personnalités fortes. Le conseil provincial a du mal à se prononcer sur la qualité ‘province de France’ de certains projets. Avec charité et objectivité. La crise d’autorité est surtout forte avec les confrères entre 50 et 40 ans : ils ont été formés dans un contexte de recherches tous azimuts. Certains continuent sur la lancée de l’invention perpétuelle. Celui qui autorise vit aussi une crise. Il faut assumer ce qui a été ‘permis’ dans le passé. Nous sommes moins nombreux, mais avons le même nombre de communautés et d’œuvres. Les confrères aux multiples casquettes s’épuisent et deviennent ingérables pour eux-mêmes et pour les autres. Questions dans le débat Quelles réalisations actuelles pour l’organisation de la Province après l’audit de 2003 ? Gaby M-D :- les réactions des confrères à l’audit ont été la partie la plus intéressante de l’opération. Les chiffres En 1984, nous avions 32 communautés, 379 confrères, dt 120 à la retraite, 130 en min divers, et 496 à l’extérieur, dont 343 Afr, 194 dans les iles, 10 en AmSud, O Asie, 31 en formation initiale, 12 affectés en prov de Fr. total 1018 pers. En 2005 , nous avons 25 communautés (bientôt 26 avec Meudon St Philippe), 271 confrères, 50 en min divers, et 168 à l’extérieur. dont 88 Afr (-255), 46 dans les îles (-6Cool, 10 en AmSud, 3 Asie, 3 en formation initiale. Nos effectifs ont baissé de moitié, mais le nombre des confrères agés a doublé. Cette baisse accroît l’idée de repli. Même les nouveaux déploiements sont vus comme un repli ! Dans une communauté âgée, le plus jeune a du mal à innover. On risque aussi de donner trop de responsabilités au plus jeune. Les traditions ont remplacé l’initiative. Risque : les confrères affectés. Ils rentrent dans un projet de Province : ils reçoivent leur mission. Ils doivent cependant suivre ce qui a été pensé sans eux et continuera sans eux. Sont-ils assez sollicités comme une force de proposition ? Sentiment que les confrères en premières affectations ne sont pas chez eux en Province de France, qu’ils sont prêtés, et que l’avenir de la Province ne leur appartient pas. Comment permettre aux confrères en première affectation qu’ils ont leur part à la décision et à la responsabilité ? Sur 518 confrères de France, 245 confrères spiritains français sont au travail en 2005. C’est une chance et une force à ne pas gaspiller. Débat. Les premières affectations. Rigobert. Comment je me sens perçu en France : Africain travaillant en Province de France. Beaucoup de confrères m’ont demandé combien de temps je dois rester en France. Les Pères en retraite disent ‘chez nous au Gabon…’. Pourrais-je le dire un jour par rapport à la France ? Gilles. La part de ceux qui travaillent à l’extérieur, nos réseaux, les premières affectations doivent entrer dans l’invention de notre identité spiritaine en France. Mbumba. Toute la société française demande 'quand je rentre chez moi', pas seulement les spiritains. Ma présence en France rappelle-t-elle quelque chose de blessant aux Français : manque de prêtre, baisse de la foi, sursaut de fierté dans une France qui a du mal à recevoir, plus habituée à donner ? Tristan. Certains d’ici, en France, témoignent de ce qu’ils reçoivent de nouveau de la part des confrères en première affectation en France. Gaby Sh. Comment sommes-nous perçus ? On devrait partager sur cela, entre nous. Je reste un confrère accueilli en France – je suis partenaire, mais je ne me sens pas partie prenante de ce qui se met en place en France. Cette place ne m’est pas accordée. Un critère fort est celui de la pauvreté diversement vécue entre les confrères. On ne me demande pas comment les difficultés et la pauvreté de ma famille là-bas pèsent sur mon cœur ici. Mais je ressens des regards de jugement sur moi. Marc B. Dans la FANO, Ceux qui prendront les nouveaux postes devront assumer des projets qui ont été pensés avant qu’ils arrivent. C’est aussi le cas pour les confrères en première affectation qui prennent des responsabilités dans le fonctionnement de la Province de France. Je suis heureux qu’en France vous preniez votre place et deveniez créateurs dans ce cadre là. Michel P. Etre au Pakistan, c’est contre-culturel. On fait des projets pour moi en France. Mais ma province ‘d’origine’ est maintenant le Pakistan auquel j’appartiens. La durée significative de mon insertion au Pakistan devrait se compter en dizaines d’années (40 ou 50). Les réseaux Les fraternités vieillissent et stagnent. Le nombre des associés ne décolle pas. Les fraternités se sont développées dans le voisinage de nos communautés et sont accompagnées par nos confrères, qui vieillissent. Les confrères plus jeunes accompagnent peu les fraternités. Les associés sont 5. Dont 3 à la retraite. Pourtant les associés réclament à la congrégation des choses précises. Une réflexion est à mener. Il faut aussi réfléchir au renouvellement des réseaux de nos amis, des abonnés à nos revues - qui ne se portent pas si mal. Débat.Les associés. Voulons-nous des associés ? Michel H. Nous sommes en état de fondation avec des laïcs à nos côtés. Sommes-nous capables de le vivre ? Nous devons revenir à la spiritualité qui nous habite, mais nous sommes souvent réticents ! Daniel : c’est l’expérience de la vie communautaire, en Afrique, qui est à l’origine de ma demande d’association avec les spiritains. C’est la conversion de mon idéal ‘humanitaire’ qui m’a aidé à structurer ma demande de devenir associé. Faut-il ouvrir davantage nos communautés aux personnes qui ont une recherche similaire ? Beaucoup de gens sont intéressés par la vie communautaire. Gaby M-D. Ceux qui se soucient des associés sèment et trouvent des gens intéressés par la vie spiritaine, la spiritualité, la mission et la communauté spiritaine. C’est nouveau d’intégrer des laïcs dans nos communautés. Toutes ne sont pas équipées pour relever le défi. Si le nombre des associés augmente, nous aurons à trouver un modèle de communauté nouveau. Par exemple, parmi les choses à inventer : l’associé peut aussi appeler des gens autour de lui pour former une communauté, qui sera visitée par un profès spiritain. L’Europe Les faits ; encourageant : les provinces d’Europe échangent naturellement leurs étudiants pour l’apprentissage des langues. Les provinces de Suisse et l’Allemagne confient leurs éventuels futurs candidats à la Province de France. Le noviciat Européen existe. Les responsables de secteurs d’activité se retrouvent tous les ans au niveau européen. L’aide à apporter au Sud est centralisée à Bruxelles. Mais où va la région Europe : quels avantages ? quels inconvénients ? On ne peut pas ignorer la réalité européenne – ce serait passer à côté de l’histoire. Comment aller vers plus d’Europe ? Débat. L’Europe. Il n’est pas question d’une 'province d'Europe', mais d’une région ou circonscription. Michel H. Une requête vient des provinces qui faiblissent et diminuent, et n’ont plus le staff pour fonctionner comme province. Une question de décence, c’est d’aider à garder la dignité. Comment vivre une solidarité à ce niveau là ? Gilles : ‘faut-il un référendum ?’ : il y a sûrement un travail à faire pour expliquer le projet de la circonscription Europe. Xavier : si notre profession religieuse fait notre identité, ne devons-nous pas quitter certains apostolats pour rendre témoignage à notre fraternité avec les confrères d’ailleurs ? Mario. Un projet à été proposé par le Conseil Général, qui répondra aux besoins des provinces qui baissent. Gabriel M-D. Nous avons reçu une proposition du CG en vue de la mise en place d’une entité spiritaine européenne. En Janvier 2005, 8 des 10 provinciaux d’Europe ont donné une réponse favorable à la création d’une entité européenne. Conclusion de la présentation de Gilles : ce qui est primordial pour l’avenir, c’est que dans nos communautés, par rapport à l’activité, nous soyons capables de substituer le devoir à l’envie. Faire ce que nous devons. Éviter de mettre la communauté au service de nos projets, mais au contraire mettre nos projets au service de la communauté. Ce qui est terrible, c’est que le mal n’est pas dans les structures, mais dans la manière dont les spiritains se situent par rapport aux structures. Ils sont souvent indifférents à l’ensemble, et cela signifie la mort de l’ensemble. Or c’est le témoignage communautaire et religieux qui nous permettrait d’avancer. Après avoir rêvé, il faut mener la vie religieuse et missionnaire que nous avons choisie par profession. Nous devons faire des renoncements pour être féconds. La réalité à laquelle nous nous confrontons est une épreuve : théologiquement, c’est l’Incarnation. |