DIMANCHE 16 DÉCEMBRE 2007
3° DIMANCHE DE L’AVENT

 
1° Livre d'Isaïe (Is 35, 1-10) :
Le désert et la terre de la soif, qu'ils se réjouissent ! Le pays aride, qu'il exulte et fleurisse, qu'il se couvre de fleurs des champs, qu'il exulte et crie de joie !
La gloire du Liban lui est donnée, la splendeur du Carmel et de Sarône. On verra la gloire du Seigneur, la splendeur de notre Dieu. Fortifiez les mains défaillantes, affermissez les genoux qui fléchissent, dites aux gens qui s'affolent :" Prenez courage, ne craignez pas. Voici votre Dieu :c'est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. Il vient lui-même et va vous sauver. "
Alors s'ouvriront les yeux des aveugles et les oreilles des sourds. Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie. Ils reviendront, les captifs rachetés par le Seigneur, ils arriveront à Jérusalem dans une clameur de joie, un bonheur sans fin illuminera leur visage ; allégresse et joie les rejoindront, douleur et plainte s'enfuiront.
 
PSAUME 145 :
Il fait justice aux opprimés ;
Aux affamés, il donne le pain ;
Le Seigneur délie les enchaînés.

Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles,
Le Seigneur redresse les accablés,
Le Seigneur aime les justes,

Le Seigneur protège l’étranger.
Il soutient la veuve et l’orphelin,
D’âge en âge, le Seigneur régnera :

 
2°Lettre de saint Jacques Apôtre (Jc 5, 7-10) :

Frères, en attendant la venue du Seigneur, ayez de la patience. Voyez le cultivateur : il attend les produits précieux de la terre avec patience, jusqu'à ce qu'il ait fait la première et la dernière récolte. Ayez de la patience vous aussi, et soyez fermes, car la venue du Seigneur est proche.
Frères, ne gémissez pas les uns contre les autres, ainsi vous ne serez pas jugés. Voyez : le Juge est à notre porte. Frères, prenez pour modèles d'endurance et de patience les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur.

3° Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 11, 2-11) :
Jean le Baptiste, dans sa prison, avait appris ce que faisait le Christ. Il lui envoya demander par ses disciples :" Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? "
Jésus leur répondit : " Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. Heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi ! "
Tandis que les envoyés de Jean se retiraient, Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean : " Qu'êtes-vous allés voir au désert ? un roseau agité par le vent ?... Alors, qu'êtes-vous donc allés voir ? un homme aux vêtements luxueux ? Mais ceux qui portent de tels vêtements vivent dans les palais des rois. Qu'êtes-vous donc allés voir ? un prophète ? Oui, je vous le dis, et bien plus qu'un prophète. C'est de lui qu'il est écrit : Voici que j'envoie mon messager en avant de toi, pour qu'il prépare le chemin devant toi. Amen, je vous le dis : Parmi les hommes, il n'en a pas existé de plus grand que Jean Baptiste ; et cependant le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui. "

COMMENTAIRE DE ZENITH :

Réjouissez-vous, le Seigneur est proche
    Nous entamons nore réflexion par la phrase avec laquelle Jésus, dans l'Evangile, rassure les disciples de Jean - Baptiste en affirmant qu'il est bien le Messie : " La Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ". L'évangile est un message de joie : c'est ce que proclame la liturgie du troisième dimanche de l'Avent qui, s'inspirant des paroles de Paul dans l'antienne d'ouverture, a pris le nom de dimanche Gaudete, réjouissez-vous, c'est-à-dire le dimanche de la joie. La première lecture, tirée du prophète Isaïe est entièrement un hymne à la joie : " Le désert et la terre de la soif, qu'ils se réjouissent ! Le pays aride, qu'il exulte et fleurisse... qu'il exulte et crie de joie... un bonheur sans fin illuminera leur visage ; allégresse et joie les rejoindront, douleur et plainte s'enfuiront ".

Nous voulons tous être heureux. Si nous pouvions représenter visuellement l'humanité tout entière, dans son mouvement le plus profond, nous verrions une foule immense autour d'un arbre fruitier se lever sur la pointe des pieds et tendre désespérément la main dans l'effort de cueillir un fruit qui échappe cependant à toute prise. Le bonheur, disait Dante, est " ce doux fruit que sur tant de rameaux va cherchant le souci des mortels " [Dante Alighieri, Divine Comédie, Purgatoire, 27, ndlr] : ce doux fruit que l'homme cherche parmi les branches de la vie.
    Mais si nous cherchons tous le bonheur, pourquoi ceux qui sont heureux sont-ils si peu nombreux et pourquoi ceux qui sont heureux le sont-ils pendant si peu de temps ? Je crois que la principale raison est que dans l'ascension de la montagne du bonheur, nous nous trompons de versant, nous choisissons un versant qui ne porte pas au sommet. La révélation dit : " Dieu est amour " ; l'homme a cru pouvoir renverser la phrase et dire : " L'amour est Dieu ! " (cette affirmation est de Feuerbach). La révélation dit : " Dieu est bonheur " ; l'homme inverse l'ordre une nouvelle fois et dit : " Le bonheur est Dieu ! ". Mais qu'est ce que cela signifie ? Sur terre, nous ne connaissons pas le bonheur à l'état pur, de même que nous ne connaissons pas l'amour absolu ; nous ne connaissons que des fragments de bonheur, qui se réduisent souvent à un enivrement passager des sens. Lorsque nous disons donc : " Le bonheur est Dieu ! ", nous divinisons nos petites expériences, nous appelons " Dieu " l'oeuvre de nos mains ou de notre esprit. Nous faisons du bonheur, une idole. Ceci explique pourquoi celui qui cherche Dieu trouve toujours le bonheur alors que celui qui cherche le bonheur ne trouve pas toujours Dieu. L'homme en est réduit à chercher le bonheur sur le plan quantitatif : en poursuivant des plaisirs et des émotions de plus en plus intenses ou en ajoutant un plaisir à un autre, comme la personne droguée qui a besoin de doses toujours plus grandes pour obtenir le même degré de plaisir.
Seul Dieu est heureux et rend heureux. Pour cette raison, un psaume exhorte : " Mets en Yahvé ta réjouissance : il t'accordera plus que les désirs de ton coeur " (Ps 37 (36), 4). Avec lui, même les joies de la vie présente conservent leur douce saveur et ne se transforment pas en angoisse. Pas seulement les joies spirituelles, mais toute joie humaine honnête : la joie de voir grandir ses enfants, du travail porté à terme, de l'amitié, de la santé retrouvée, de la créativité, de l'art, du repos en contact avec la nature. Seul Dieu a pu arracher des lèvres d'un saint le cri : " Cela suffit, Seigneur, avec la joie ; mon coeur ne peut en contenir davantage ! ". En Dieu se trouve tout ce que l'homme a l'habitude d'associer avec le mot bonheur et infiniment davantage car " il n'a pas vu, l'oreille n'a pas entendu, il n'est pas monté au cur de l'homme, tout ce que Dieu a préparé pour ceux qui l'aiment " (cf. 1 Co 2, 9).
L'heure est venue de proclamer avec plus de courage la " bonne nouvelle " que Dieu est bonheur, que le bonheur - non la souffrance, la privation, la croix - aura le dernier mot. Que la souffrance ne sert qu'à ôter l'obstacle à la joie, à dilater l'âme pour qu'un jour elle puisse en accueillir la mesure la plus grande possible.

TOUT DE MÊME

Les gens sont déraisonnables, illogiques et égocentriques.
Aimez – les tout de même
Si vous faites le bien, les gens vous prêtent des motifs égoïstes et calculateurs. Faites le bien tout de même ;
Si vous réussissez, vous gagnerez de faux amis et de vrais ennemis.
Réussissez tout de même.
Le bien que vous faîtes sera oublié demain.
Faites le bien tout de même
L’honnêteté et la franchise vous rendent vulnérables.
Soyez honnêtes et francs tout de même.
Ce que vous avez mis des années à construire peut être détruit du jour au lendemain. ;Construisez tout de même
Les pauvres ont vraiment besoin de secours,
Mais certains peuvent vous attaquer si vous les aidez
Aidez – les tout de même
Si vous donnez au monde le meilleur de vous – même,
Vous risquez d’y laissez des plumes.
Donnez ce que vous avez de mieux tout de même.
Texte affiché au foyer de Calcutta par Mère Térésa

JE CROIS… JE NE CROIS PAS !
Je crois en Dieu le Père, créateur de la vie,
Construisant le monde pour l’homme qu’il aime !
Je ne crois pas un Dieu lointain, sidéral, indifférent…

Je crois en Dieu, le Fils, qui a pris cœur et corps de la Vierge Marie et
Qui habite au monde, parole et pain au cœur de l’homme !
Je ne crois pas un Dieu resté mort ou réfugié dans les nuées…

Je crois
en Dieu l’Esprit, amour répandu dans nos cœurs !
Je ne crois pas en l’esprit du monde, qui est vide et insuffisance, égoïsme, violence, mépris…

Je crois en l’Église, signe de Dieu parmi les hommes !
Je ne crois pas en l’Église telle que nous la faisons souvent…
Je crois en l’Église riche de nos diversités !
Je ne crois pas aux Églises des clans et des anathèmes…

Je crois à la vérité qui libère !
Je ne crois pas aux mots seulement…

Je crois au mal, hélas trop présent en moi et partout !
Je ne crois pas qu’il soit invincible :
Le vainqueur, même en moi, c’est Jésus - Christ !

Je crois à l’amour, et aux foyers où le Christ épouse l’Église !
Je crois à la fécondité de l’amour, signe de celle de Dieu !
Je ne crois pas que le célibat soit infécond…

Je crois à la mission de tous, cette confiance
Que Dieu nous a fait pour être dit dans notre vie !
Je ne crois pas pouvoir me passer des autres…

Je crois que " l’amour seul demeurera " quand sera passé
Le temps de la foi, devenu l’éternité de la joie  
André TOSTAIN, MSC


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