Parole de vie

PRIER AVEC LIBERMANN

Pour libérer l’Esprit Saint : vivre dans l’instant présent

« Tout ce que vous avez à faire, nous révèle Libermann, c’est de vous rendre docile, maniable entre les mains de l’Esprit de vie que notre Seigneur a mis dans votre âme pour être toute chose en vous. »
Mais Libermann ne se contente pas de cette directive générale, il nous trace un chemin concret et sûr pour nous aider à vivre progressivement sous la mouvance de l’Esprit Saint afin de lui permettre d’établir la vie du Christ en nous.
« Pour que l’Esprit Saint puisse nous éclairer et nous faire vivre, nous dit encore Libermann, il est indispensable de se maintenir dans la paix intérieure. »
Et il nous donne un conseil pratique pour permettre à l’Esprit Saint d’agir librement en nous, c’est de nous habituer progressivement à vivre dans l’instant présent, ou d’être présent, avec tout notre être, en pleine conscience, à chaque instant que nous vivons.
Il écrit au début de son Petit Traité de la Vie Spirituelle : « Une âme intérieure reste sans cesse présente à elle-même et à Notre Seigneur qui demeure en elle, elle vit et agit sous l’influence et la dépendance de Notre Seigneur qui vit en elle. »
L’attention au seul instant présent nous libère tout d’abord des stériles préoccupations du passé et de l’avenir. « Faisons l’œuvre de Dieu que nous avons en main, avec paix et confiance ; ne nous occupons jamais de l’avenir, ne nous tourmentons jamais du passé ; mettons dans le présent, au moment où nous vivons, notre âme entre les mains de Dieu avec paix, humilité et suavité. »
« Ne jetez pas tant les yeux sur le passé, ni sur l’avenir : à chaque jour suffit sa peine. Il ne faut nous occuper que du moment où nous sommes. » (L. Sp. 1,469)
Seul l’instant présent, assumé consciemment, construit l’éternel. Chaque instant rempli d’un « oui Père » a valeur d’éternité.
Thérèse de Lisieux, en 1889, écrivait à sa sœur Céline (elle avait alors 16 ans et était novice) : « Ne voyons que chaque instant ; un instant est un trésor. » Et, à la fin de sa vie, elle pouvait dire : « Celui qui a l’instant présent a Dieu. Et qui a l’instant présent a tout. L’instant présent suffit. »
L’instant présent est, en fait, notre seule richesse. Trop souvent, au lieu de saisir la vie au fur et à mesure qu’elle passe devant nous, nous risquons toujours d’arriver, soit trop tard : on regarde une vie qui déjà est passée, qui s’est éclipsée… mais on n’a plus de prise sur elle, soit trop tôt : on n’attend pas que la réalité soit là, on vit dans le futur inexistant… et on saisit sans cesse du vide.
Celui qui, au contraire, essaie d’être présent dans le « maintenant » découvre avec joie et émerveillement que ce maintenant devient toujours plus plein, plus riche, plus lumineux, plus savoureux… quelle que soit l’occupation du moment. Car en m’appliquant à faire bien et en pleine connaissance ce que je fais, je suis en même temps ouvert à l’action de l’Esprit Saint en moi.
C’est le moyen de répondre à la consigne de Jésus de prier sans cesse ou de vivre, selon l’expression du Père Libermann, dans l’union pratique. Notre vie s’épanouit, se spiritualise dans la mesure où se multiplient les instants remplis de présence…
Et si nous pouvions suivre ces sages conseils.
Joseph Hirtz
extrait des multiples fiches du P. Joseph Hirtz (+), écrites pour les membres de la fraternité Esprit et Mission,
cette réflexion peut nous aider à préparer la fête de Pentecôte.
Publié dans la revue Echo de la Mission, juin 2007

QUINZE JOURS AVEC LIBERMANN


François Libermann, né en 1802, devait succéder à son père rabbin à Saverne. Mais, après avoir découvert le Christ, il est baptisé à 25 ans. Il désire devenir prêtre mais l'épilepsie l'arrête pendant douze ans. Il fonde en 1841 une société missionnaire pour l'évangélisation des esclaves et de l'Afrique. En 1848, il entre avec ses missionnaires dans la congrégation du Saint-Esprit. Il en devient le onzième supérieur général et la sauve grâce à son ardeur apostolique.
Pour lui, rien ne s'est passé comme prévu. Son secret, c'est sa disponibilité à l'Esprit Saint. Il réconforte les blessés de la vie, il gère les conflits, il accompagne les chercheurs de Dieu, il invente des voies nouvelles quand tout est perdu, et il propose une vie d'amour, de sainteté et de sacrifice à la suite du Christ.

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Arsène Aubert a travaillé neuf ans à la formation biblique des futurs missionnaires de la congrégation du Saint-Esprit (spiritains), quinze ans en Afrique (Zaïre, Cameroun, Gabon) et huit ans en Guadeloupe (synode et paroisse). Pendant six ans, il a été vicaire provincial des spiritains en France. Actuellement, il anime des réunions et des retraites avec la spiritualité de Libermann.
 

Dans cette rubrique, nous développons un aspect de la spiritualité de Libermann pour le quotidien, à l'aide d'articles parus dans notre revue Echo de la Mission.

Libermann

François Jacob Libermann, fils du rabbin de Saverne, naît en 1802.
Il se convertit en 1826. En 1839, alerté sur le sort des esclaves noirs, il forme le projet de l’Oeuvre des Noirs et fonde en 1841 la " Société du Saint-Cœur de Marie, pour l’évangélisation des Noirs. " En 1848, elle fusionne avec la congrégation du Saint-Esprit fondée en 1703 par Poullart des Places. Libermann meurt en 1852.
Un certain nombre de ses intuitions missionnaires seront développées par Vatican II: a priori de respect envers les peuples et de confiance envers chacun, pédagogie de l’accompagnement spirituel, souci de la formation d’un clergé africain, etc.
" Faites-vous Nègres avec les Nègres pour les former comme ils le doivent être, non à la façon de l’Europe, mais laissez-leur ce qui leur est propre; faitesvous à eux comme des serviteurs doivent se faire à leurs maîtres… "
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