Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

Treizième dimanche ordinaire C – 30 juin 2019. « je te suivrai partout »

1R 19, 16b,19-21 ; Ga 5, 1. 13-18 ; Luc 9, 51-62

Portes closes en Samarie
Peu avant sa Passion, Jésus avait quitté  « résolument » sa Galilée natale pour aller à Jérusalem ; saint Luc nous dit que le temps approchait où il allait être   enlevé   de ce monde. La route de Jérusalem traversant la Samarie, les disciples étaient partis dans un village pour trouver un gîte. Les Samaritains refusèrent d’accueillir la petite équipe moins par hostilité envers Jésus que par opposition à tous les pèlerins se rendant à Jérusalem. Cette réaction de rejet était courante, car les gens de Samarie voulaient défendre leur autonomie religieuse et les juifs le leur rendaient bien. Jacques et Jean sont alors piqués au vif et ne réclament rien moins à Jésus que de faire descendre le feu du ciel sur le village ; pour venger l’affront fait à Jésus ils se comportent à la manière ancienne du prophète Elie qui avait ainsi réagi envers 50 soldats d’un roi impie ! En cela Jacques et Jean mériteront bien leur surnom de   fils du tonnerre   : (quelle conversion lorsque après la résurrection on verra Jean mettre toute sa passion au service de l’Evangile et de l’amour fraternel !). On n’était plus au temps d’Elie : Jésus, qui va mettre jusqu’à la croix toute sa puissance au service de la miséricorde, réprimande fortement les deux frères : il va demander l’hospitalité dans un autre village. La leçon est bonne pour nous qui réagissons parfois de façon démesurée devant les personnes qui nous contrarient. Plus encore, on parle aujourd’hui de gens qui sortent une arme pour se venger d’un regard mal interprété !
Mais l’Evangile de ce jour ne s’attarde pas sur ces réactions trop humaines : ce qui va se jouer à Jérusalem est bien plus important que nos petites susceptibilités : notre salut va se jouer dans quelques jours. Avec les disciples, un homme qui veut suivre Jésus découvrira bientôt que les problèmes d’hébergement ne sont rien par rapport à l’instabilité de la vie qui les attend avec Jésus : les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête . Dire au Seigneur :   je suis prêt à aller où tu iras  serait bien présomptueux si nous ne mettions pas davantage notre confiance en Lui et dans la force de l’Esprit qu’en nous-mêmes.

Des phrases pour faire réfléchir.
Les phrases qui suivent dans l’Evangile nous paraissent bien dures : Jésus demande à un homme qui veut le suivre de renoncer à aller dire adieu aux gens de sa maison et même d’aller aux obsèques de sa mère. Ces phrases rudes, prononcées à la manière des prophètes, ont pour but avant tout de faire réfléchir. Ce qui est demandé à toute personne qui veut suivre Jésus, c’est de ne pas regarder en arrière et de ne pas se réserver un petit espace : on ne peut pas prétendre suivre Jésus avec un cœur partagé. Peut-être trouvera-t-on en cela une explication de la prise de distance de beaucoup de gens d’aujourd’hui vis-à-vis de la pratique religieuse : trop de biens et de richesses à consommer nous demandent de les préférer au Christ. Le prophète Osée avait jadis observé cette dérive en Israël : Plus son pays devenait riche, plus riches il a fait ses idoles .

La joie de tout donner
Souvent, nous sommes devenus des chrétiens velléitaires et nous manquons à nos promesses et engagements. Faut-il alors pour suivre le Christ brider notre joie de vivre et nous priver de toute tendresse ? La réponse à cette interrogation se trouve dans la joie qui a rempli le cœur de tous ceux qui ont donné toute leur vie à Dieu même au prix de bien des épreuves et renoncements ; et dans la joie aussi qu’ils ont eue d’être des foyers de tendresse pour tous ceux à qui ils ont permis de rester debout dans la vie. La vraie tendresse est celle que nous donnons et partageons au nom du Christ, non celle que nous gardons pour nous. Le chrétien ne cherche pas à enterrer le passé ou à se le garder au réfrigérateur : il sait que la vie ne peut pas attendre et que la charité du Christ nous presse. (2 Co 5,14).
Combien de fois ne disons-nous pas au Christ, quand il s’agit de prendre un temps de prière ou de renoncer à tel désir qui nous entraîne  : Je te suivrai, Seigneur, plus tard ..., mais pas aujourd'hui, ... permets-moi d'abord ...

Orientation : Laissons notre passé à la miséricorde du Seigneur et, si nous avons mis la main à la charrue, si nous voulons être "qualifiés pour le Royaume", ne regardons plus en arrière ou vers ce qui nous détourne du sillon que nous avons commencé à tracer avec le Seigneur. Lui, Il est déjà là derrière nous pour semer. Dans cette optique, les fardeaux de la vie deviendront de plus en plus légers et nous entrerons dans un vrai chemin de liberté et de bonheur ; petit à petit l'Esprit de Dieu refera en nous l'unité de notre être : « Unifie mon cœur, Seigneur, pour qu'il révère ton Nom! » (Ps 86,11)



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