Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

15 e dimanche ordinaire C - 14 juillet 2019 - Quels choix de vie ?

Dt 30, 10-1 ; Col 1, 15-20 ; Lc 10, 25-37

Questions ambiguës.
Il est arrivé souvent à Jésus d’avoir à répondre à des questions-pièges : ainsi quand on lui a demandé si l’on devait payer l’impôt à César, ou s’il fallait condamner la femme adultère. Jésus mettait alors chacun devant sa conscience en posant une question qui élevait le débat et lui enlevait toute agressivité. Au scribe demandant : Que dois-je faire pour avoir la vie éternelle  ?  Jésus répond: Dans la loi, qu’y a-t-il écrit » ? Le scribe est en principe un défenseur de la loi, et il aimerait sans doute que Jésus se mette en difficulté sur un point de celle-ci. Jésus conduit son interlocuteur à l’essentiel, à la vérité profonde de la loi. La réponse est juste : tu aimeras Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ton intelligence, et ton prochain comme toi-même  . Comment ne pas être d’accord avec cette phrase qui était au coeur de la démarche spirituelle du peuple d’Israel ? À ce niveau théorique, tout est dit; il n'y a rien à ajouter: Tu as bien répondu, dit Jésus, fais cela et tu auras la vie.

Qui est mon prochain ?
L’interprétation de la seconde partie de la phrase : aimer on prochain comme soi-même pouvait se faire de bien des façons : c’est bien sur l’amour du prochain que nous sommes le plus souvent pris en défaut ; c’est pour cela d’ailleurs que st Jean dira plus tard que celui-ci est un test qui nous permet de vérifier si nous aimons vraiment Dieu.
La nouvelle question du légiste : qui est mon prochain ? est en effet délicate à répondre ! Peut-on par exemple considérer comme prochain ceux qui ne pensent pas comme nous, et même des ennemis ? L a parabole de Jésus va être d’autant plus déstabilisante qu’elle prend un ennemi des juifs comme exemple : un Samaritain ! Jésus nous fait comprendre qu’un homme considéré comme hérétique pouvait mieux vivre l’amour du prochain qu’un bon Israélite se croyant en règle avec Dieu ; Il nous montre que cet homme a su se rendre de plus en plus proche de l’homme blessé :
Tout d’abord le Samaritain a su voir la détresse de la victime dont tous détournaient le regard : il en a été profondément touché (comme Dieu,   ému jusqu’aux entrailles   devant nos propres souffrances). Puis il a eu le courage de s’approcher et de donner les premiers soins, sans se laisser arrêter par le sang ou les plaies, puis de hisser tant bien que mal cet homme inerte sur sa propre monture. Enfin, le Samaritain a prévu lui-même le relais et le suivi du blessé ; il ne s’en est pas débarrassé sur l'aubergiste : il reviendra, et d'un bout à l'autre ayant ainsi payé de sa personne, de son temps et de ses de­niers.

Et nous ?
Prenons des exemples dans notre vie : nous serions si souvent tentés de nous dérober, de détourner les yeux et de passer outre, de perdre patience devant l'inertie d’une personne blessée ou en difficulté, d’oublier qu'elle ne peut rien peut-être sans nous.
La route qui descend de Jérusalem à Jéricho passe devant chez nous, et nous l'empruntons tous les jours : c'est la route de notre travail, de nos responsabilités, de nos préoccupations Ouvrons les yeux, demandons à Jésus de les garder ouverts, et laissons-nous arrêter, comme lui, par les blessés de la vie. Pensons aussi que sur sa route, le Seigneur nous a trouvés, en foule innombrable cette fois, à demi-morts, et il nous aimés jusqu'à l'extrême : Il nous aimés et s'est livré pour nous  !
Il est vrai que si nous nous arrêtons tout au long de la route chaque fois qu'un frère ou une sœur ont besoin de nous, nous arriverons sans doute en retard pour beaucoup de choses, et nous aurons l’impression d’avoir perdu un temps précieux et souvent très utile ! C’est vrai mais ce temps « perdu » aura été échangé contre un temps plus essentiel : celui qui a le prix de l’amour et par qui nous nous serons approchés tout près du cœur de Dieu.

Les choix de la charité.
La charité commence toujours ainsi : elle est une guérison du regard qui nous rend vulnérable au malheur de l’autre, sensible à ses besoins et à ses appels. Certes, on ne sait jamais où la charité finira : après le moment de la pitié vient le moment du courage devant le geste à poser ; puis des autres gestes à poser dans la fidélité au premier élan de générosité. Tout cela coûte du temps et souvent de l’argent, et nous oblige parfois à faire des choix difficiles.

Orientation .
Au bord de notre route, celui qui souffre, c’est le Seigneur. Et plus encore, en nous approchant de notre frère souffrant, c’est aussi le Seigneur qui se rapproche de nous, en nous faisant découvrir nos propres faiblesses et nos propres blessures, et surtout sa miséricorde : Il vient nous la faire partager.


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