Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

16e dimanche C. – 21 juillet 2019. Marthe et Marie


Gn 18, 1-10a ; Col 1, 24-28 ; Lc 10, 38-42

Garder le cœur libre.
Nous savons que Jésus ne ménageait pas son temps : même quand il prenait un peu de repos avec ses disciples, il était vite rattrapé par la foule et par les malades qui venaient l’implorer ; Il ne trouvait que dans la nuit le silence nécessaire à sa prière. Jésus aimait aussi venir se reposer quelques trop courts instants chez ses amis de Béthanie ; occasion de parler sans doute avec eux de ce qu’il venait de vivre et du royaume qui grandissait dans les cœurs. Jésus devait avoir des mots très simples et très forts pour dire son amour envers son Père et son désir de faire sa volonté, de mettre en œuvre son projet de salut de tous les hommes. Ensemble, ils devaient prier dans l’action de grâces et dans un profond recueillement.
Ce jour-là pourtant, dès qu’Il est entré dans la maison, Jésus a dû sentir que Marthe n’était pas vraiment disposée à écouter : elle était trop préoccupée par le repas à préparer et, voulant trop bien faire, elle ne prêtait plus attention à ce qui se disait . L’Evangile nous dit que Marthe  s’affairait à un service compliqué . Quand Jésus a dit à Marthe que Marie avait choisi la meilleure part, il ne lui a pas dit d’abandonner son travail. Il lui a simplement fait comprendre qu’elle pouvait le rendre encore plus beau, plus humain. Vivre ce qu’on fait par amour, et dans une attitude d’écoute et de confiance, c’est la meilleure façon de nous détendre et de pratiquer l’hospitalité ; d’accueillir aussi le Seigneur dans nos vies.

Inquiétudes !
C’est une chose qui nous arrive souvent à nous aussi, même pendant les vacances ! Nous nous disons : pendant ce temps de repos, nous allons enfin pouvoir nous rencontrer, parler un peu, échanger, prier un peu mieux que d’habitude. Mais à la fin des vacances il nous arrive de constater qu’on ne s’est pas dit grand-chose… et nous avons seulement meublé les occasions de silence avec des occupations et des inquiétudes nouvelles ne serait-ce que pour organiser nos loisirs. Alors le Seigneur nous dit comme à Marthe :  pourquoi t’inquiètes-tu  ? (les jeunes savent d’ailleurs parfois nous le faire remarquer, en nous disant ce mot à la mode : « t’inquiète » !). Même en faisant la cuisine, ou en étant occupés à nous distraire, apprenons ou réapprenons à accueillir les présences et les paroles qui nous sont offertes , à commencer par celle du Seigneur, d’autant plus qu’Il n’est pas dans la pièce d’à côté : Il est au fond de nous et nous attend pour un peu de repos avec nous ; et il vient aussi à notre rencontre à travers chacun de nos visiteurs.
La joie de retrouver une attention paisible, au Seigneur comme à tous, quelles que soient nos occupations, devrait donc être la meilleure part de notre vie, en particulier pendant le temps des vacances ; celles-ci nous offrent d’ailleurs de nombreuses occasions d’écouter et de regarder la vie autrement, avec un regard renouvelé, plus intérieur.

Se hâter pour accueillir
N’oublions pas cependant que Marthe, après la mort de Lazare, s’empressera d’aller attendre le Maître à l’entrée du village de Béthanie. Cette fois, Jésus appréciera cette hâte de Marthe afin d’en savoir plus sur le mystère de la mort et de la vie. Elle sera la première à entendre de Jésus son plus beau secret : je suis la résurrection et la vie .
La première lecture de cette messe nous a parlé de l’accueil fait par Abraham à ses visiteurs. A la manière de Marie à Béthanie, Abraham est également assis devant sa tente, au lever du jour ; il attend silencieusement dans la foi et la prière la réalisation de la promesse du Seigneur. Pourtant, dès qu’il voit arriver de loin les trois visiteurs, Abraham se lève rapidement pour préparer leur accueil ; il court demander à sa femme Sarah de se dépêcher de préparer la table ; et il demande aux domestiques d’aller tuer de suite le veau gras. Mais cette hâte n’est pas une précipitation inquiète : elle est simplement le signe de la disponibilité du cœur d’Abraham. Dans les affaires de Dieu, il ne faut pas confondre hâte et agitation.
Plus tard on verra Marie, la mère de Jésus, se hâter également pour aller visiter Elisabeth ; l’Evangile nous montrera aussi les disciples d’Emmaüs revenir en hâte vers Jérusalem pour annoncer à leurs amis la Résurrection de Jésus. Jésus lui-même ne dira-t-il pas un jour à ses disciples, en pensant à sa passion et à sa résurrection, sources de notre salut : « comme j’ai hâte que le feu soit allumé sur la terre ».

Orientation.
Comme le Christ, nous avons tous hâte que le royaume de Dieu vienne sur la terre. Cette hâte n’est pas une précipitation inquiète, mais le désir ardent et paisible à la fois, qui est celui de l’amour, de la grâce au travail dans notre cœur. N’oublions pas que la messe peut devenir la  meilleure part» de notre vie : en accueillant le Seigneur qui vient vers nous, puisons paix et force dans sa Parole, dans la participation à son Sacrifice et en communiant à son Corps ; alors nous repartirons, prêts à nous engager dans une vie que nous ne subirons plus !



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