Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas


18 e dimanche B, 5 août 2018 . La nourriture qui rend libre


Prendre la route
Alors que beaucoup de gens en ce mois d’août sont sur les routes, les textes d’aujourd’hui nous invitent à faire déjà une relecture de ce qui nous fait aller au loin. Nous voyons d’abord l’exemple du peuple de Dieu qui avait pris la route dans l’allégresse : fini l’esclavage du quotidien : le désert avec ses horizons lointains offrait déjà un avant-goût de Terre Promise, presque de vacances. Mais au bout d’un moment le rêve de lendemains trop faciles a commencé à s’estomper : les oignons d’Egypte étaient si bons ! à la maison, on était si bien devant la télé ! Même si nos vacances n’ont rien à voir avec un séjour de quarante ans dans le désert, chacun découvre qu’il va falloir plus que jamais se prendre en main : En tout cas, dans le désert de jadis, l’inévitable s’est produit : l’un avait faim, l’autre avait soif, et les kilomètres jusqu’à la terre promise devenaient trop longs. Donc le peuple était sur le point de porter plainte ! Les murmures, nous connaissons ; ils n’ont pas été seulement une spécialité du peuple de Dieu d’autrefois : nous oublions si vite les avantages reçus, et nous avons toujours soif d’autre chose.

Etre plus libres
Mais pourquoi donc le Seigneur avait-il entraîné son peuple dans l’aventure du désert ? Pour lui apprendre à sortir de ses esclavages, intérieurs surtout. Apprendre aussi de nouveaux et vrais repères : les dix commandements aidaient à sortir des réactions instinctives, toujours prêtes à reprendre le dessus. Au lieu de vivre dans la peur ou le repli sur soi, chacun était invité à choisir, choisir d’aimer Dieu et ce prochain avec lequel on marchait dans le désert : c’était simple…, mais il fallait prendre sur soi ! Toute liberté a donc un prix et le peuple commençait à en en prendre conscience, se demandant s’il n’allait pas succomber à la secrète tentation de refuser la liberté : ainsi font ceux qui s’offrent au mirage de quelque rêve populiste.
Heureusement le Seigneur était là et il est venu dialoguer avec son peuple. En donnant la manne pour le nourrir, ce n’était pas un geste banal d’assistance, mais un signe de présence, de visibilité de sa tendresse. Lorsque le Seigneur a envoyé la manne à son peuple celui-ci n’a pas compris de quoi il s’agissait et il a dit   qu’est-ce que c’est ?  Quand le Seigneur nous envoie un signe, il nous faut aussi du temps pour le comprendre. L’important est d’essayer de voir ce que le Seigneur veut nous dire. C’est ainsi que Jésus, parlant à la foule qui le suivait dans le désert après le signe de la multiplication des pains, a voulu lui en faire découvrir le sens.

Un autre pain
L’Evangile en effet nous a montré la foule qui s’était mis à la recherche de Jésus…, comme les hébreux avec la manne, ils n’ont pas compris le signe : ils attendaient de Jésus, s’il acceptait de devenir roi, une nourriture terrestre à profusion. Jésus, lui, veut les nourrir beaucoup mieux : leur donner une nourriture de survie pour traverser les déserts de la vie et atteindre en pleine santé la vie éternelle ! Les gens demandent ce qu’il faut faire pour obtenir une telle nourriture et Jésus répond qu’elle a la même origine que la manne : « c’est un pain qui vient du ciel » pour autant qu’on se laisse attirer par le Père à le recevoir.
Il y a dans nos cœurs toutes sortes de faims : celle de connaître, de contempler des choses belles, d’aimer vraiment, d’avoir un travail intéressant. Mais il y a aussi des faims plus profondes, que le Seigneur éveille et comble tout spécialement quand nous participons à l’eucharistie.
Saint Paul nous rappelle que la marche du peuple de l’ancienne alliance se faisait avec Dieu dans le désert ; elle est devenue notre marche avec le Christ ; pour cela il ne cesse de multiplier pour nous la nourriture de sa Parole et le pain de son Eucharistie.

Hommes nouveaux
Pendant les vacances, chacun cherche à renouveler ses forces, et même en quelque façon à rajeunir. St Paul nous dit que le Seigneur nous offre de devenir vraiment des  hommes nouveaux . Je pense que beaucoup de gens trouvent dans les vacances le temps de laisser le Seigneur les renouveler par une participation plus assidue à la messe du dimanche et même en semaine. D’autres s’accordent de vrais moments de prière et de méditation, voire un temps de retraite. D’autres renouvellent leur propre foi en acceptant d’en devenir les témoins dans leurs différentes rencontres. Oui, durant les vacances, les chrétiens veulent être un peuple qui ne marche pas dans le vide au gré des désirs du moment et finalement sans espoir solide du futur.

Orientations  Une des joies des vacances, c’est de vivre dans l’instant, en mettant un peu notre agenda de côté. Mais cette attitude peut paraître finalement assez futile. Un mot qui revient souvent dans le vocabulaire chrétien est celui de  « vivre dans l’instant présent». Cela signifie que le Seigneur est là, sans cesse présent, aujourd’hui à nos côtés : il est là dans chaque personne ou événement rencontrés ; Il est là, pendant ces vacances, comme toute au long de l’année, frappant à notre porte ; rappelons-nous cette phrase de l’Ecriture : « si quelqu’un ouvre, nous entrerons et nous mangerons avec lui ».



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