Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

19e dimanche C – 11 août 2019- Croire, c’est posséder ce qu’on espère

Sg 18, 6-9 ; He 11, 1-2. 8-19 ; Lc 12, 32-48

La joie d’attendre
Dimanche dernier, la Parole de Dieu nous a invités à ne pas nous laisser dominer par l’inquiétude des richesses de la terre. Aujourd’hui, elle nous rejoint dans cette invitation à voir dans les moments d’attente les plus beaux moments de notre vie. Il y a bien sûr la joie de nous préparer à la venue d’amis ou de parents, ou celle des parents qui se disposent dans leur cœur à la naissance de leur enfant. Mais notre foi elle-même est sans cesse tissée de grandes et belles attentes. Ainsi, pour les principales étapes de la vie chrétienne, le baptême, le mariage, l’Eglise nous fait parcourir des chemins de préparation d’un véritable accueil du Seigneur. La liturgie de son côté nous aide par exemple avec l’Avent à nous réjouir à l’avance de la venue du Sauveur parmi nous ; et avec le Carême, elle dispose notre cœur à faire le passage de la Pâque avec le Christ.
La première lecture nous a montré que le peuple de Dieu avait connu, même dans la nuit de l’épreuve, l’attente de la réalisation des promesses du Seigneur auxquelles il avait cru : il était le Peuple qui vivait de l’attente et continuait d’exister grâce à elle. Pour les chrétiens, vivre en « croyants » c’est percevoir en toutes choses les signes de l’arrivée prochaine du Seigneur : l’attente du Royaume donne sens à notre vie. Bientôt, en la fête du 15 août, nous nous rappellerons que Marie a été la première à ouvrir la nouvelle marche de l’attente du Royaume. Avec Marie, avec les premiers chrétiens, mettons-nous en veille et disons   Marana tha ! Seigneur viens.

Une époque inquiète ?
Malgré cette espérance pourtant si proche de nous, beaucoup de gens se disent aujourd’hui : qu’est-ce que demain va nous apporter ? Ils ont peur - non sans raison - de ce qui pourrait leur arriver à la rentrée prochaine ou plus tard ; ils ont peur de ne plus rien pouvoir contrôler et ils ont peut-être aussi peur d’eux-mêmes. Certains, n’ayant plus la foi, semblent chercher comme à tâtons des espérances de remplacement, et se demandent comment sortir de leurs angoisses. Un jeune en recherche de repères et donc en perte d’espérance, posait la question : pourquoi sommes-nous sur la terre  ? « sois sans crainte » pourrions-nous lui répondre au nom de Jésus, même si notre foi est elle-même par moments hésitante. St Paul rassurait ses auditeurs Hébreux en leur disant que la foi est une façon de posséder déjà ce qu’on espère   ; il leur rappelait qu’Abraham avait construit sa vie sur cette espérance de la foi qui ne l’avait jamais déçu, même si les apparences avaient bien souvent semblé lui prouver le contraire. Tous les hommes de foi ont vérifié que Dieu est le seul qui puisse tenir pleinement ses promesses, combler leurs attentes, et faire d’eux une source d’espérance pour les autres, les rassurer sur le sens de leur vie. La première lecture nous a montré comment les Hébreux avaient été délivrés de l’esclavage au cours de la nuit de la Pâque.
Nous-mêmes, nous savons que le retour du Seigneur est proche ; et même au cœur des nuits les plus obscures qui peuvent entourer notre vie, Il s’approche déjà en nous disant comme à ses disciples : n’ayez pas peur, ne craignez pas . Le Christ ressuscité est le commencement et la fin de tout, il est l’accomplissement de toute vie humaine, sans exception.

Gardez vos lampes allumées
Dans l’Evangile, Jésus nous dit que mettre tous nos espoirs dans les biens de la terre fera toujours de nous des gens inquiets. Et la tristesse rongeant notre vie, nous finirons même par ne plus avoir le cœur à ce que nous faisons ; au travail, à la maison et même dans notre vie de foi, nous mènerons alors une sorte de vie d’esclaves, parce que tout nous est obligation (à commencer par celle du « rendement » qui fait de nous de vrais esclaves !). Dans nos relations ordinaires, comme au travail, nous savons que la confiance mutuelle et l’amitié changent tout ! Jésus rappelle à ses disciples que seuls des serviteurs habités par la confiance sont de vrais intendants sur lesquels le Maître puisse compter ; aussi un jour Il pourra même leur dire : je ne vous appelle plus serviteurs mais mes amis.

Orientation.
Laissons-nous finalement réveiller par les paroles de l’Evangile où le Seigneur nous dit : « il sera beaucoup demandé à ceux qui ont beaucoup reçu ». Si nous vivons notre foi comme une passion d’exister devant le Seigneur, celui-ci ne craindra pas de nous demander les services que l’on attend d’un ami, ces gestes qui comblent de bonheur autant celui qui les demande que celui qui les rend.


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