Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

21 e dimanche année C - 25 août 2019 - Le défi du Salut

Is 86, 18-21 ; HE 12, 5-7. 12-13 ; Lc 13, 22-30

Un Dieu pour tous
Au retour de l’exil Dieu s’adressait par le prophète Isaïe aux rescapés d’Israël en leur confiant ce message d’une nouveauté incroyable : Dites au monde que je suis u n   Dieu pour tous   ! Je vous enverrai pour annoncer ma gloire parmi les nations et un jour tous seront rassemblés  ». En réalité ce sont tous les hommes qui sont appelés à être libérés de l’exil et devenir des rescapés dans un monde qui va mal, ou tout simplement déjà des rescapés d’eux-mêmes. Dieu ne s’est jamais résigné à la situation d’un monde divisé et terrifiée par tant d’affrontements et de divisions, parfois même sous le faux prétexte de croyances religieuses : Il veut donc être un Dieu pour tous . Pour cela, Dieu compte beaucoup sur notre humble témoignage, car il nous appartient d’être les pierres vivantes de son royaume, de la «  civilisation de l’amour » dont le Christ est la pierre angulaire. Le danger est que nous manquons de foi et restons repliés sur nous-mêmes : St Paul nous rappelle que le Seigneur, qui a un amour passionné pour nous, souffre de nous voir emprunter chacun de son côté des sentiers tortueux, et nous détruire dans l’égoïsme, l’injustice ou la haine. Le Seigneur permet que parfois les événements nous renvoient les fruits de nos erreurs ; mais sans cesse Il cherche à nous relever, à nous réconcilier : c’est la bonne nouvelle à annoncer au monde entier... Il est un fils venu apprendre ou réapprendre à l’humanité à se réconcilier avec son Père.

Combien seront sauvés ?
Lorsque les disciples ont accompagné Jésus sur les chemins ou quand il montait à Jérusalem, ils ont constaté combien étaient nombreux ceux qui s’opposaient à son message. D’où la question qui a été posée à Jésus : Y aura-t-il beaucoup de gens à être sauvés ? C’est une question angoissée que nous nous posons parfois à nous-mêmes ou au sujet d’être chers que nous voyons s’éloigner de la foi. Jésus répond en nous invitant à nous détourner des réactions trop faciles et démobilisatrices du genre : « nous irons tous au paradis ».
D’une part, Jésus nous dit que la porte du Royaume de Dieu est une porte étroite par laquelle il faut s’efforcer d’entrer. Non pas comme ces entrées de magasins aux jours de soldes où il faut jouer des coudes pour passer, mais plutôt comme une porte d’humilité, la porte de service que connaissent les serviteurs. Jésus dira un jour : je suis la porte , voulant nous dire par là qu’Il est l’unique porte qui conduit vers le Père ; mais avec Lui tout devient facile.
Certains croient avoir un laisser-passer facile car ils ont déjà mangé et bu ensemble  à la table du Maître, or voici que celui-ci leur répond : éloignez-vous car je ne vous connais pas. Dans la vie quotidienne il peut arriver que certains s’invitent à une table par intérêt et sans avoir aucune attention pour l’hôte qui les accueille, et d’une manière générale nous savons qu’il ne suffit pas d’avoir bu et mangé ensemble pour être des amis. La remarque de Jésus nous interpelle fortement : nous avons pu bien souvent nous asseoir à la table de la Parole et de l’Eucharistie mai sans être véritablement présents au Seigneur qui nous y accueille. Le danger de toute démarche religieuse est de s’arrêter à l’assurance que nous en tirons et de nous contenter d’une pratique superficielle ; soyons vigilants : notre foi nous engage tout entiers : non seulement à l’heure de la messe mais tout au long de notre vie quotidienne. Le Christ compte que nous soyons ses témoins, en particulier auprès des plus pauvres. Pourra-t-il nous reconnaître non seulement comme ses serviteurs mais aussi pour ses amis si notre cœur ne s’est pas fait semblable au sien ? La porte étroite est en fait bien souvent celle de notre cœur, qui est souvent sclérosé et laisse passer difficilement la circulation de l’amour : cela par nos raideurs, nos désirs de nous imposer, nos mépris des autres, nos injustices, nos refus d’écoute et de pardon. 

La porte de la miséricorde
Dieu lui-même cherche à franchir la porte étroite de notre cœur : Il ne veut pas la forcer, mais il frappe sans cesse à cette porte ! Jésus a ouvert pour nous la porte de nos cœurs en mourant sur la Croix, il nous demande de le suivre sur ce chemin : Je suis la porte des brebis, dit-il, le salut est offert à tous. Notre entrée dans le Royaume dépend simplement de la place que nous donnons au Christ dans notre vie : avec lui tout est possible.

Orientation
Par-delà ses paroles sévères mais stimulantes, Jésus s’émerveille devant la foule immense de ceux qui auront reçu et vécu son message d’amour : ils seront reçus à la table du Royaume, venant de tous les peuples et de toutes les cultures. Quelle joie alors de nous savoir reconnus et de nous entendre dire : entre dans la joie de ton Maître.


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