Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

Homélie 2 e dimanche B – 14 janvier 2018
Voici l’Agneau de Dieu



Savoir témoigner
Les textes de la liturgie de ce dimanche nous montrent combien le Seigneur compte sur le relai de vrais témoins pour discerner sa présence au milieu de nous et faire entendre sa parole. Le petit Samuel avait confiance en Elie, qui était en quelque sorte son éducateur ; l’enfant est donc allé naturellement auprès de lui pour lui faire part des appels qu’il croyait entendre. Elie, qui était pourtant prêtre et prophète, s’y est repris à trois fois pour comprendre ce qui arrivait à Samuel ! Peut-être qu’Elie avait d’abord sommeil et n’avait pas trop envie d’être réveillé (il est si facile d’envoyer se coucher un enfant qui vient vous questionner à une heure tardive !). Mais finalement le prophète a joué son rôle d’éducateur, car il était lui-même à l’écoute de Dieu. Il a su discerner ce qui se passait et a renvoyé délicatement Samuel se recoucher avec au cœur cette belle question à poser :  parle Seigneur, ton serviteur écoute.
Dans l’Evangile, nous voyons Jean-Baptiste accompagné de deux de ses disciples ; il est le premier à voir Jésus qui s’approche et le prophète joue pleinement son rôle qui est de faire reconnaître le Messie : voici l’Agneau de Dieu leur dit-il. Puis, à la manière d’Elie avec Samuel, Jean-Baptiste s’efface et laisse ceux qu’il guide le quitter pour rejoindre le Seigneur : c’est la mission de tout accompagnateur. Jésus alors se retourne vers ceux qui ont commencé à le suivre : Il ne demande d’abord pas plus que leur bonne volonté et leur confiance et laisse son Esprit travailler leur propre liberté. Le Christ ne s’impose pas plus à nous : Il se contente de nous dire comme à André et « l’autre disciple » : venez et vous verrez  ; il ne leur faudra pas longtemps pour qu’après être demeurés un peu avec Lui, ils n’aient plus qu’une hâte : aller dire à leurs amis « nous avons trouvé le Messie.
Peut-être est-ce aussi notre cas ?

Venir et voir
En venant vers Jésus et en se mettant à sa suite, les disciples de Jésus ont commencé à entendre son enseignement et à voir comment Il le vivait : ce sont ces deux choses qui les ont amenés à demeurer auprès du Maître puis à trouver Simon et devenir ainsi les missionnaires de la Bonne Nouvelle. Le « voir » dont parle Saint Jean s’adresse à la fois au cœur et à l’intelligence. Jésus s’est présenté à eux comme la « Parole » vivante comblant leur désir de Vérité et non une parole comme tant d’autres. Jésus dira un jour : qui me voit, voit le Père ; à travers lui ces croyants ont commencé à voir Dieu autrement, d’une façon qui correspondait pleinement aux attentes que l’Esprit avait fait déjà fait naître dans leur foi juive, et qu’Il met aussi dans le cœur de tout homme de bonne volonté.

L’Eglise se répand par « attraction »
Le chemin est toujours le même : celui qui a fait l’expérience d’avoir rencontré le Seigneur est prêt à guider vers Lui ceux qui le cherchent, sans jamais s’imposer ; le pape François nous disait en ce sens : l’Eglise ne grandit pas par prosélytisme mais par attraction . Je crois que beaucoup de gens dans le monde ont un cœur vraiment disponible ; l’Esprit Saint les attire depuis les profondeurs de leur conscience, leur cœur est en veille, comme celui de Samuel, de Jean, André et tant d’autres. L’important est qu’ils puissent trouver sur leur chemin un envoyé de Dieu, des « témoins » pouvant les aider à reconnaître que le Seigneur est tout proche. Nous sommes tous appelés à être de ces témoins, mais comment faire, direz-vous ?

La force de la Parole
Peu importe si nous avons du mal souvent à exprimer ce que nous croyons et vivons ; peu importe aussi si nous rencontrons comme Jésus de l’opposition (Nathanaël sera le premier à objecter : que peut-il venir de bon de Nazareth ? avant de découvrir lui-même Jésus). Laissons l’Esprit Saint travailler notre propre intelligence pour qu’elle entende la parole de Jésus, et rectifier l’élan de notre désir pour la mettre en pratique et la partager.
La Parole a un potentiel que nous ne pouvons pas prévoir dit le pape François. Et il ajoute :  annoncer le Christ signifie montrer que croire en Lui n’est pas seulement quelque chose de vrai et de juste, mais aussi quelque chose de beau, capable de combler la vie d’une splendeur nouvelle et d’une joie profonde, même dans les épreuves.
Aujourd’hui  le Christ vient toujours nous attirer de la même façon : l’intérêt pour Dieu et pour Jésus est toujours là, sous-jacent, dans notre temps : l’Esprit ne cesse pour cela de travailler les cœurs. Le problème est sans doute aujourd’hui de savoir qui, à la manière et à la suite de Jean-Baptiste, aidera les jeunes ou les moins jeunes à reconnaître que le Christ passe auprès d’eux et est « au milieu de nous ».

Orientations : Puissions-nous les uns et les autres devenir vraiment « demeure » de Dieu et l’annoncer à nos frères. Puissions-nous montrer aux hommes que notre Eglise est la demeure où ils peuvent venir « voir » le Seigneur et se mettre à sa suite.


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