Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

3e dimanche Avent B - 17 décembre 2017

L’enjeu de l’écoute

Dimanche dernier l’évangéliste St Marc nous décrivait la mission de Jean-Baptiste : annoncer la venue de Jésus. Aujourd’hui c’est au tour de Saint Jean l’évangéliste de nous en parler. Pour les deux, il s’est agi de nous décrire avec enthousiasme la Bonne Nouvelle qui va bouleverser le monde ! St Jean cependant apporte dans ce contexte joyeux une note de déception : dès les premières phrases de son évangile il avait déjà remarqué que la lumière du Christ avait du mal à percer nos ténèbres, même auprès de ceux qui auraient dû l’accueillir et la répandre : « il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu ». Les responsables de la foi n’ont pas été à même de « voir » ce qui arrivait.

Aujourd’hui Jean décrit l’incompréhension à laquelle le Précurseur a dû faire face dès qu’il s’est mis à parler : une délégation l’a soumis à un véritable interrogatoire, et lui a demandé en quelque sorte ses papiers ! «  Es-tu le Christ ? Ou bien Elie ou même Moïse » ? Il est vrai que le prophète Malachie, avait annoncé : « voici que je vais vous envoyer Elie, le prophète, avant que ne vienne le Jour du Seigneur… Pour leur excuse nous pourrions dire que c’était ainsi que tout le monde voyait les choses à l’époque, et des gens ont pensé plus tard que Jésus était lui-même Elie qui revenait. Le problème est que tout un peuple, sous la conduite de ses guides, s’était enfermé dans une lecture étroite, littérale de la Bible : un manque d’ouverture qui plus tard posera quelques problèmes à l’Eglise elle-même. Seuls les vrais priants peuvent percevoir que la Parole de Dieu ne peut se lire et se comprendre qu’avec l’aide de l’Esprit Saint. C’est ainsi  que Jésus fera une bonne leçon de lecture de l’Ecriture en disant qu’Elie était venu à travers Jean-Baptiste ; celui que nous appelons le précurseur était en fait l’aboutissement de cette longue préparation par laquelle Dieu avait mis son peuple en attente : Jean-Baptiste rendait présents en quelque sorte tous les témoins qui avaient préparé sa venue. Le Précurseur a lui-même su habilement citer Isaïe : « Je suis la voix qui crie dans le désert, redressez le chemin du Seigneur » ; c’était bien ce qu’il était en train de faire.

Rencontrer le Christ

Jean-Baptiste a une petite phrase qui a intrigué ses auditeurs et les a invités à s’interroger : « au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ». 

Rencontrer le Christ, nous laisser rencontrer par lui, n’est-ce pas le plus beau cadeau que nous pouvons attendre pour Noël ?  Il serait dommage qu’il trouve en nous la froideur d’une porte close, comme ce fut le cas chez certains en son temps et déjà à Bethlehem. Et si notre cœur se risquait vraiment à accueillir le Christ venant frapper à notre porte ? Et si Noël devenait ainsi, plus que jamais, le grand événement de notre vie ? Ecoutons en cela le pape François nous disant qu’à l’origine de notre foi il y a toujours la rencontre avec un événement, avec la Personne du Christ donnant à notre vie un nouvel horizon, une orientation décisive . En ce dimanche qui nous invite à goûter déjà à la joie de Noël (la « joie de l’Evangile » !), le pape François nous a rappelé qu’elle  remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus. Et ceux qui se laissent sauver par lui sont libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement.

La rencontre avec le visage de l’autre.

N’oublions pas aussi que le Christ s’approche de nous et se fait reconnaitre, lorsque nous courons le risque de la rencontre avec le visage de l’autre, en particulier celui des plus souffrants ; ils nous font alors découvrir la joie contagieuse de l’évangile. Ouvrons nos yeux : le Seigneur frappe à notre porte : dans notre vie familiale, dans nos paroisses, nos communautés ; il est présent au milieu de nous, comme aujourd’hui dans l’Eucharistie. Comme Jean-Baptiste, soyons dans l’émerveillement et le respect devant cette présence du Christ.

Orientations : A quelques jours de Noël demandons à l’Esprit Saint la double grâce de l’humilité et du discernement : D’un cœur battant Jean s’inclinait et disait : « je ne suis pas digne de délier la courroie de ses sandales ». Marie, dans la même humble attitude, avait dit à l’Ange : « je suis la servante du Seigneur ». Contentons-nous d’être d’humbles cantonniers qui aplanissent les chemins de la venue du Sauveur, sans jamais nous installer dans la médiocrité ou l’indifférence : ayons comme Jean-Baptiste un «  cœur qui écoute » le Seigneur venir, et une voix qui ose annoncer qu’Il et déjà là !



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