Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

4e dimanche de l’Avent B – 24 décembre 2017 : l‘attente avec Marie

L’espérance d’un peuple et de Marie.
Nous arrivons aujourd’hui au terme de l’Avent : l’Eglise nous invite à vivre ce jour en entrant avec Marie dans ces instants de silence qui étaient les siens aux moments où l’histoire du monde allait basculer. Marie partageait avec son peuple, et surtout avec les plus pauvres, l’Espérance entretenue par les prophètes.
Nazareth, le petit village où vit Marie, est un bourg de frontière, de « périphérie », où se mêlent des gens de partout, juifs et païens, à l’image de nos quartiers d’aujourd’hui : ici, dans la   Galilée des nations,  c’est un peu toute l’humanité qui est en attente. Nous pouvons nous dire qu’au même moment, c’est Dieu lui-même qui se met en attente : Il va rentrer plus que jamais dans le temps des hommes. Il s’apprête à nous dire bientôt sur la croix  : j’ai soif  .
L’instant qui a changé le monde.
Cet  instant présent est aussi le moment éternel où le Fils a proposé au Père :   tu ne voulais ni sacrifice, ni holocauste, alors j’ai dit : « Oh Dieu, me voici, je viens faire ta volonté  ».Voici que l’attente de Dieu vient rejoindre la nôtre. Jésus, le Fils de Dieu, est d’ailleurs déjà né dans le cœur de cette jeune fille appelée Marie, avant de se former dans son corps et de naître dans une crèche.
Dès la visite de l’Ange à l’Annonciation, Marie avait été la première d’une longue série de ces   vrais adorateurs en esprit et en vérité   que Jésus conduira avec Lui vers son Père : soyons de ceux-là ! L’évangile d’aujourd’hui nous décrit cet événement si souvent évoqué par les mots de notre foi, avec les paroles de l’ange scellées dans le « je vous salue Marie » : à l’angélus, en plein midi, ces paroles faisaient que les paysans arrêtaient leur travail pour s’incliner et dire leur reconnaissance.

Au sein de la vie quotidienne.
La visite de l’ange fut un événement bouleversant qui nous étonne toujours par sa simplicité. Dieu alors ne s’est manifesté ni dans la tempête ni dans les grandeurs humaines. Les anciens avaient imaginé que l’arrivée du Messie se ferait dans le Temple toutes portes ouvertes : le seul lieu qui semblait adapté à la solennité du moment. Or voici que Dieu vient s’insérer au sein de notre vie quotidienne, et désormais le véritable Temple sera le cœur de l’homme. Peut-être avait-on oublié que les grandes visites de Dieu à son peuple, au cours de l’histoire, s’étaient faites au seuil d’une tente, comme avec les hôtes d’Abraham. Jésus, bientôt, nous rencontrera au bord d’un lac, d’un puits ou dans un repas. Il nous visite toujours aux moments les plus imprévisibles de notre vie quotidienne. Ne craignons pas d’en appeler souvent aux discrètes visites de l’Esprit : Marie nous y encourage, puisqu’elle a constaté que Dieu vient de préférence chez les pauvres ; avec elle nous pouvons oser dire : Viens Esprit Créateur, Viens nous visiter. .


La joie de l’évangile est arrivée.
Qu’est-ce en effet que l’Esprit peut nous apporter en priorité, sinon la Joie, celle d’un accueil et d’une rencontre, celle de la Bonne Nouvelle annoncée bientôt à tous ? Déjà les anciens avaient connu la joie d’une libération venant de Dieu : ils avaient chantée à la sortie de l’exil  Réjouis-toi fille de Sion, le Seigneur est avec toi. Hier comme aujourd’hui l’Esprit Saint vient nous libérer et nous donner la lumière qui soudain réchauffe en nous donnant l’abondance de la grâce :  Remplis de ta grâce ceux que tu as créés.

Le Seigneur est avec nous.
L’ange prononce la plus belle phrase qui puisse donner la paix et la joie : Le Seigneur est avec toi» (nous oublions peut-être un peu vite le poids libérateur de ces paroles que le prêtre nous transmet si souvent au cœur de l’Eucharistie. Quand il s’agit d’une annonce venant de Dieu une certaine crainte, il est vrai, est normale : tous les grands prophètes l’ont éprouvée quand le Tout Autre s’est approché d’eux, et tous les saints ont connu ce tremblement étonné devant l’irruption de la grâce. Il est normal en effet de se sentir alors si petit : qui suis-j ?  se dit-on pour être ainsi choisis, et surtout pour être ainsi aimés à ce point.
L’ange dit : tu vas enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus ; il sera appelé fils du Très Haut. Comme Abraham, mais de façon si particulière, Marie est donc invitée à accueillir le mystère d’un Dieu à découvrir en son Fils prenant notre humanité. Le « oui » de Marie est le oui de sa liberté et de la nôtre ; celui à la fois de l’amour et de l’obéissance… un oui qui nous sauve de tous nos refus. Grâce à ce « oui » la proximité de Dieu avec notre humanité est restaurée et réinventée. Jésus va grandir en silence dans le corps de Marie comme en son cœur, dans le corps de notre humanité comme en notre cœur.

Réflexion :
Marie nous guide sur ce chemin nouveau qu’elle a été la première à explorer ; avec elle déjà nous sommes dans une autre « attente » celle du retour du Seigneur, dont le royaume est en gestation dans notre monde.



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