Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

15 août 2019 - Assomption de la Vierge Marie

Ap 11, 19a, 12 . 1-6a. 10ab ; 1 Co 15, 20-27a ; Lc 1, 39-56

Une longue tradition
Nous célébrons cette fête de Marie en union de prière avec tous les pèlerins des sanctuaires mariaux à travers le monde. En France : à Lourdes, Pontmain, La Salette, à la Rue du Bac… ; mais aussi à Fatima, à Notre Dame de Guadalupe au Mexique, à Czestochowa en Pologne, et finalement sur tous les continents et dans toutes les paroisses. Cette fête repose sur une très ancienne tradition recueillie depuis les premiers temps de l’Eglise où l’on a très vite célébré la « Dormition » de Marie ou son passage au ciel. Après sa mort, Marie a été enlevée à sa vie terrestre pour entrer d’emblée dans la vie en Dieu ; mais elle n’en était pas moins une femme d’Israël qui a vécu pleinement sa condition humaine, sans échapper à la mort. C’est pourquoi son humanité est un modèle pour nous.

Marie : mère de Jésus et de l’Eglise 
Marie a ouvert le chemin de notre foi en Jésus dans la joie et la douleur : elle nous a été donnée par Jésus pour mère sur la Croix et elle continue à accomplir sa mission en veillant sur nous. Le Concile Vatican II a rappelé cette mission de Marie en réaffirmant qu’elle était à la fois mère et symbole de l’Eglise et donc aussi notre mère, avec cette belle image : Marie brille déjà comme un signe d’espérance pour le peuple de Dieu en pèlerinage . Nous pouvons dire aussi qu’elle et en quelque sorte l’icône de ce que nous sommes appelés à devenir. Pour contempler cette icône, le chapelet nous est très précieux : il nous permet de contempler en toute sérénité dans une prière paisible les différents mystères de Marie : ils sont aussi les mystères de notre vie. Les textes de la liturgie d’aujourd’hui nous disent bien ce qui fait le cœur de ces mystères.

Marie, affrontée au Mal
Nous avons entendu le grand texte de l’apocalypse qui nous parle de la lutte sans merci entre la femme et le dragon. Nous pouvons dire que cette femme représente à la fois Marie et l’Eglise. Jésus avait annoncé que tous ses proches vivraient les mêmes épreuves que Lui car le Malin ferait tout pour faire mourir en nous cette vie de Dieu que le Christ a méritée pour nous sur la Croix et par sa Résurrection. L’image de l’Apocalypse est très belle : elle parle de l’accouchement de l’enfant ou du nouvel homme que le dragon, symbole du mal, veut empêcher à tout prix. Rappelons-nous que Jésus avait dit à Nicodème que nous sommes tous appelés à renaître, à redevenir de petits enfants avec cette vie nouvelle qui est celle du baptême. L’évocation des douleurs et même de tortures de cet enfantement nous rappelle combien l’Eglise a dû affronter de persécutions et de combats contre le mal depuis son origine jusqu’à maintenant. Mais finalement cet enfant, qui est devenu le berger des nations, est sauvé et il va régner dans le cœur de l’Eglise et celui de chacun d’entre nous.

La victoire de la Résurrection
Aux débuts de l’Eglise, Saint Paul rappelait aux chrétiens de Corinthe, au cœur des persécutions,
>Que l a résurrection du Christ était bien l’événement décisif qui était en train de faire basculer l’histoire de l’humanité. Si Jésus est le premier des ressuscités, il nous est donc facile d’en déduire que Marie est la première des rachetés de ceux qui appartiennent au Christ. Un jour, nous dit Saint Paul, le Christ remettra la royauté à Dieu le Père, après avoir détruit toute domination. Nous pouvons penser à cette belle image de l’Apocalypse où nous voyons la femme qui après avoir enfanté dans la douleur, se trouve libérée et nimbée de soleil et d’une couronne de douze étoiles, symboles des tribus d’Israël et des apôtres. Alors le serpent, symbole du mal, aura été définitivement vaincu.

Magnificat !
L’Evangile nous a fait ainsi entrer dans la joie paisible de sa Visitation et celle aussi de la présence qui est désormais la sienne auprès de son fils ressuscité. Nous voyons Marie sortir en hâte de chez elle pour partager avec Elisabeth la « Bonne Nouvelle » qu’elle a été la première à recevoir. Le Magnificat déborde de ce don précieux de l’espérance qui à partir de Marie a été chanté par tant de peuples à travers les temps. C’est le chant de notre libération.

Orientation.
Le Pape François rappelait aux chrétiens qu’ils doivent avant tout ne pas se laisser voler cette espérance pour l’échanger avec des bonheurs sans lendemains. Et pour ne pas nous laisser voler cette espérance, regardons Marie.


Page précédente           Accueil site           Sommaire Paroles pour prier   



Page précédente           Accueil site           Sommaire Paroles pour prier