Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

Fête du Saint Sacrement –23 juin 2019

Gn 14, 18-20 ; 1 Co 11, 23-26 ; Lc 9, 11b-17

La présence : une nécessité de la vie 
Les parents savent combien un petit enfant tient à être pris dans les bras. S’il a l’impression que l’on est loin de lui, l’enfant se sent en désarroi ; il est perdu et, à sa manière, il réclame cette présence en pleurant. En réalité ce besoin de proximité nous habite tout au long de notre vie. Nous cherchons sans cesse de nouvelles façons de supprimer les distances et de garder le contact. Et ce n’est pas pour rien que les portables et les « textos » sont très appréciés. Cette loi tout humaine, cette nécessité vitale de contact et d’amour, Dieu la vit en lui-même, car Il est amour, et il nous a créés pour la partager avec lui et entre nous. Le Seigneur est venu nous offrir la proximité de sa propre vie : nous le découvrons avec émerveillement à travers les mystères de la foi et en particulier celui de l'Eucharistie ; ce dernier en effet est celui de sa présence toujours vivante parmi nous.

Il s’est fait proche.
Pour se rapprocher de nous, le Seigneur s'est fait homme, se rapprochant aussi des pauvretés de notre existence: il est né sur la paille, aux hasards du voyage, et toute sa vie il partagera nos insécurités : le fils de l’homme n’a même pas une pierre où reposer la tête , disait-il. Il a surtout partagé notre condition mortelle sur la croix ; et en cela il s’est fait proche plus encore de tous ceux dont tout le monde détourne le regard. Au jour de l’Ascension, le Seigneur nous a dit qu’il resterait proche de nous, présent d’une façon nouvelle : une proximité beaucoup plus grande encore que celle qu’il avait avec ses disciples. Sur la terre : il fallait qu’il fût tout proche de tous les êtres qui l'aimeraient au cours des temps.

Il vient en nous et nous en Lui.
Par l’Eucharistie, le Christ est près de nous, il vient en nous. Non pas seulement en symbole ou en image, mais " en réalité ". La nourriture, qui est assimilée par notre organisme, est déjà une forme d’union étonnante entre une réalité matérielle et nous : elle nous permet de vivre. Le Christ a fait de l’Eucharistie la nourriture qui nous assimilait à lui. Il a dit : Celui qui mange ma chair, celui qui boit mon sang, demeure en Moi et Moi en lui.  (St Jean, ch.6, v.57).  Nous avons donc à rendre grâce pour ce don de l’Eucharistie par lequel nous devenons de plus en plus membres du Corps du Christ, qui nous assimile à sa propre vie. Par l’Eucharistie nous faisons grandir en nous toutes les grâces de notre baptême. Notre corps de fils de Dieu va passer de l’enfance à sa maturité dans la foi.

Reconnaître dans la foi
Il est important que nous ayons un grand respect pour l’Eucharistie, où le Très Haut se fait en même temps le Tout Proche, se laissant recevoir dans nos mains et par notre corps. Cette proximité, plus encore qu’une proximité affective, est la proximité qui nous sauve : par Lui, avec Lui et en Lui nous allons vers le Père et lui rendons gloire. En même temps, en recevant le Corps du Christ, nous nous rapprochons les uns des autres, car nous devenons ensemble le Corps du Christ. Sans nous laisser envahir par des scrupules qui trahiraient un manque de confiance, gardons en mémoire ces paroles de Saint Paul aux premiers chrétiens : Avant de communier à ce Corps et à ce Sang, que chacun fasse un examen et que ce soit seulement après, qu'il ose en approcher, parce que celui qui s'en approchera indignement encourt la condamnation car il a oublié que c'était le Corps et le Sang du Christ ! ( 1 ère aux Corinthiens, ch.11, v.27-29). Ces phrases ne sont pas faites pour nous culpabiliser, mais elles nous rappellent que nous ne pouvons pas aller communier sans reconnaître profondément dans la foi que c’est le Corps du Christ que nous recevons. En même temps, il ne faut pas oublier que l’Eucharistie est avant tout le sacrement de la miséricorde : la miséricorde est ce qui caractérise la « justice » divine. St Thomas disait qu’elle est une expression de la souveraineté et de la liberté de Dieu ; Celui-ci ne se contente pas d’appliquer la loi. Il agit selon sa bonté. Ainsi, en étant nourris de son eucharistie, le Seigneur vient nous guérir de nos faiblesses et nous faire vivre ; Il nous apporte la paix. Il faut donc nous préparer de notre mieux à cette rencontre, en pensant d’abord à l’amour et à la miséricorde que le Seigneur veut nous offrir.

Rendez-vous attendu.
Pouvons-nous croire que nous avons une vraie foi dans le Christ, si pour des prétextes trop faciles nous manquons au rendez-vous de son eucharistie ? Des gens disent souvent : «  je suis croyant, mais non pratiquant  ». Il est vrai qu’en pratiquant la charité dans nos vies quotidiennes, nous sommes déjà proches du cœur du Christ. Mais pouvons-nous vivre longtemps une vraie charité si nous négligeons de nous nourrir du Christ, dans son corps qui est l’eucharistie, dans sa communauté réunie pour partager sa parole et son pain de vie ? La difficulté, c’est que la messe peut devenir pour nous une routine, comme bien des gestes qui au départ étaient faits pour signifier la relation de proximité et dont nous perdons parfois le sens en ne les habitant plus.

Orientation.
L’Eucharistie est un geste toujours nouveau de notre relation avec le Seigneur et c’est pourquoi elle doit être toujours pour nous une fête. C’est d’ailleurs le but de cette fête d’aujourd’hui : la fête du Saint-Sacrement, la fête de notre proximité avec le Seigneur, dans l’Eucharistie !  



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