Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

Homélie nuit de Noël . 24 décembre 2017

Réaliser ce qui se passe

Est-ce qu’en cette nuit nous réalisons bien ce qui se passe sous nos yeux ? En cet enfant qui vient de naître le Dieu de majesté est devenu notre frère. Le plus grand s’est fait le plus petit ; Dieu notre père s’est approché de nous sous le signe de la tendresse en nous montrant son Fils : Il nous a révélé le fond de son être. Celui qui par nature est invisible s’est rendu visible à nos yeux, et il est entré dans le cours de notre histoire. Prenant conscience de cela, nous pouvons lui chanter avec la liturgie : « Lorsque ton fils prend la condition de l’homme, la nature humaine en reçoit une incomparable noblesse. Il devient tellement l’un de nous que nous devenons éternels ». Voilà ce que nous célébrons en cette nuit de Noël. Les hommes de tous temps, et nous avec eux, ont bien du mal à savoir combien Dieu est Père, notre Père ! Ils ont bien du mal à accepter l’humanité de Dieu, qui nous parait être un reproche, nous qui sommes si peu humains, qui avons le cœur si dur et qui voyons toutes choses sous l’angle de la domination ! Aujourd’hui, il nous est donné de découvrir que la seule vraie grandeur est d’aimer vraiment, comme le Père nous a aimés en nous donnant son Fils.

Menaces

Depuis que la grandeur de Dieu s’est manifestée à nous sous les traits d’un petit enfant elle s’est trouvée menacée dans son humanité. L’empereur Auguste avait voulu manifester sa grandeur en ordonnant de recenser toute la terre, il a fait déplacer pour cela des pauvres comme Marie et Joseph sans grands résultats pour lui… Auguste ne s’est pas rendu compte qu’avec eux ce sont tous les hommes, ceux qui sont venus avant nous, ceux qui viendront après nous, qui ont été mis en route vers Celui que l’on appelle l’Emmanuel, « Dieu avec nous ». Déjà, en cette nuit de Noël, les valets d’Hérode commencent à s’agiter, comme tous ceux qui comptent uniquement sur leur puissance et en oublient d’aimer. Aujourd’hui encore, combien de disciples de Jésus se sentent menacés jusque dans leur vie parce qu’ils veulent rester témoins d’un monde nouveau où Dieu, sous le visage d’un enfant veut nous réapprendre à aimer !

Témoins de la joie

Que nous dit en cette nuit de Noël l’ange du Seigneur ? « Ne craignez pas, n’ayez pas peur ». En effet, frères et sœurs, nous sommes sauvés ; nous ne serons plus jamais seuls, abandonnés, même au cœur de nos propres fautes, de nos hontes et de nos désespoirs ! Plus rien ne peut nous séparer de la tendresse du Père.

Les bergers sont les premiers à recevoir joyeusement la nouvelle de la naissance de Jésus. L’ange du Seigneur s’approche d’eux :  Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple. La joie de Noël est la même que celle qui plus tard va transfigurer Jean-Baptiste quand il reconnaîtra Jésus et dira  telle est ma joie, elle est profonde. (Jn 3, 29) C’est la même qui emplira le cœur de Zachée quand Jésus lui proposera de venir chez lui, et il l’accueillera tout joyeux. C’est aussi la joie du ciel quand un pécheur se convertit. Jésus promettra cette joie à ses disciples en leur annonçant : votre cœur se réjouira et cette joie, nul ne vous la ravira  (Jn 16, 22). Aussi, nous pouvons bien aujourd’hui nous joindre à la troupe céleste, louer Dieu en disant :  Gloire à Dieu au plus haut des Cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. (Lc 2, 14). La joie, c’est aussi la paix qui est promise aux hommes que Dieu aime, ceux qui accueillent son amour et offrent leur vie, leurs moindres gestes pour que cette paix s’instaure dans un monde si fasciné par la violence. Il n’y a aucune limite à cet amour, aucune exception. Personne n’est exclu de cet amour.

Richesse des pauvres

En cette nuit de Noël, pensons plus que jamais à tous ceux qui vivent dans la précarité et la solitude, à tous ceux aussi qui ont dû quitter leur pays. Faisons-nous proches d’eux avec le même amour que celui avec lequel le Seigneur est venu au milieu de nous : ils sont au milieu de nous les témoins de Bethlehem, ils le sont par leur soif de fraternité, de réconciliation et de paix. Saint François d’Assise, rappelant l’itinéraire de sa vie au milieu des pauvres et des exclus de son temps, a pu dire : le Seigneur me conduisit parmi eux  … Jésus est né à Bethlehem pour vivre cela de la part de son Père : allons aussi nous-mêmes sur le chemin ouvert à Bethlehem.

Orientations : Prenons quelques instants d’adoration devant la crèche et apprenons à imiter Dieu. En regardant l’Enfant, puis en ouvrant l’Evangile jour après jour et en contemplant la vie de Jésus, essayons de comprendre ce qu’Il a voulu nous dire : « Qui me voit, voit le Père » Tout l’amour de Dieu repose en Jésus. En Jésus, Dieu est devenu imitable, il a travaillé avec des mains d’homme, il a pensé avec une intelligence d’homme, il a agi avec une volonté d’homme, il a aimé avec un cœur d’homme.  Nous pouvons donc apprendre à aimer désormais « comme » Dieu aime.



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