Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

Pentecôte - 09 Juin 2019 - accueillir l’Esprit

Ac 2, 1-11 ; Rm 8, 8-17 ; Jn 14, 15-16. 23b-26

Au Cénacle
Comme les apôtres au Cénacle, nous voici rassemblés en ce dimanche de Pentecôte. C’est bien l’Esprit Saint qui nous rassemble aujourd’hui, connaissant la foi de chacun d’entre nous, afin de la conforter, et de nous envoyer en mission tels que nous sommes. L’Esprit saura bien faire de nous des apôtres, si nous le voulons bien !
La petite Eglise naissante au jour de la Pentecôte reçut le don de se faire entendre dans toutes les langues du monde : dès le premier jour elle est née universelle, et toute culture a pu reconnaître en elle les mots qu’elle attendait pour nommer ce qu’elle pressentait au plus profond d’elle-même. Ainsi, à travers les siècles et jusqu’à aujourd’hui, tous les peuples pourront dire : nous entendons proclamer dans nos langues les merveilles de Dieu . Ce langage universel dont la foi porte le secret par la force de l’Esprit de Pentecôte, rejoint aussi notre vie quotidienne, au cœur de chacune de nos rencontres. C’est ainsi que l’Esprit donne aux catéchistes de se faire comprendre dans le langage des enfants, s’ils sont eux-mêmes en pleine écoute de la Parole de Dieu. C’est ainsi que dans un couple qui ne se parlait plus, des mots sont enfin trouvés au cours d’une retraite commune et ils vont faire que l’on se comprenne à nouveau. C’est ainsi également que nous trouvons les mots qui vont rendre la paix à de grands malades, ou à des jeunes en dérive.

Parler un autre langage.
Ouvrir notre cœur, parler un autre langage, ce n’est pas si simple si l’Esprit ne vient pas à notre secours : nous savons que la difficulté d’entendre rend les gens muets ; c’est vrai également dans notre vie spirituelle et dans notre façon de vivre la mission. L’Esprit saint est plus intime à nous-mêmes que nous-mêmes et il saura nous offrir ses dons pour nous rendre capables à la fois d’écoute et de parole. Souvent nous manquons de liberté et de simplicité : nous vivons enchaînés à notre passé, à nos craintes, à notre agressivité. L’Esprit fera mûrir en nous ces fruits de la charité qui nous ouvrirons à l’écoute et à une parole vraie. Les fruits de l’Esprit, disait Saint Paul, sont « l’amour, la joie, la douceur, la maîtrise de soi ». Nous avons en cela à retrouver sans cesse un cœur (Ga 5,22) : voilà bien le langage universel inauguré au jour de Pentecôte, uni à ces dons de sagesse, d’intelligence et aux autres dons qui nous rendent familiers des choses de Dieu et capables de les traduire.

Si quelqu’un m’aime
Dans l’Evangile, Jésus nous dit : si quelqu’un m’aime, mon Père l’aimera et nous viendrons en lui». « Si quelqu’un m’aime » : ces paroles résonnent pour nous comme un appel et comme une question. L’appel, il s’est inscrit au fond de nous dès l’instant de notre baptême : un appel à revêtir le Christ et à en devenir les témoins ; il s’est fait entendre de façon plus grande au fur et à mesure que nous avons grandi dans la foi. La question ? Il est bon parfois de nous interroger : qu’ai-je fait Seigneur de ta présence et de la Parole que tu m’as confiée pour la transmettre ?
Pour répondre à cette question, il n’est pas nécessaire de chercher dans notre vie la mémoire de moments extraordinaires. La foi a mis un nouveau langage dans notre vie, à chaque fois que nous nous sommes situés en écoute toute simple du Seigneur présent en nous. L’Esprit Saint était toujours là pour nous aider à prendre confiance et patience, même dans les heures les plus sombres. Heureusement, Dieu n’attend pas pour venir en nous que nous ayons fini de construire en nous notre maison de prière : soyons sans crainte, c’est lui qui va nous la construire. Finalement, là aussi, il s’agit de consentir à redevenir des enfants qui se laissent aimer, et acceptent d’apprendre à suivre ses commandements, c’est-à-dire d’apprendre eux-mêmes à aimer en retour : si quelqu’un m’aime, il observera ma parole, et mon Père l’aimera ; nous viendrons en lui et nous ferons en lui notre demeure.

Orientation.
Il nous est bon alors de relire ces paroles de Paul dans la deuxième lecture : « Vous n’avez pas reçu un esprit qui fait de vous des esclaves et vous ramène à la peur ; mais vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ; et c’est en lui que nous crions : « Abba », c’est-à-dire  « Père » … et « puisque nous sommes ses enfants, nous sommes aussi ses héritiers : héritiers de Dieu, héritiers avec le Christ, si du moins nous souffrons avec lui pour être avec lui dans la gloire ». Voilà donc le grand héritage dans lequel l’Esprit Saint nous a introduits au jour de la Pentecôte : un héritage que toute l’humanité est invitée à partager : si toutefois nous acceptons de le faire connaître par le témoignage de notre vie et par notre parole.



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