Parole de Vie..   
Les homélies du Père François Nicolas

Fête de la "sainte famille" - Année B - 31 décembre 2017.


Le pourquoi des rites
Vus de loin, les rites nous apparaissent parfois sans importance : pourquoi devoir s’encombrer de gestes extérieurs, conventionnels ? Toute famille cependant et toute communauté humaine, sait que l’on ne peut se construire sans traduire visiblement ce que nous vivons au fond de nous-mêmes : nous ne sommes pas de purs esprits, et sans aucun rite, même les liens les plus forts de l’amour ou de la foi disparaîtront.
Marie et Joseph auraient pu, (« en principe », comme on dit !), se dispenser de « pratiquer » les rites de la loi. Pourtant s’ils l’avaient fait, auraient-ils donné à Siméon et Anne les encouragements qu’ils attendaient ? Plus encore, il aurait manqué à Marie et Joseph d’entendre le message de Siméon, leur annonçant les joies et les périls de la route. Siméon, Anne, mais aussi Marie, Joseph avec Jésus dans leurs bras, étaient des petits : leur échange de paroles a eu tout le poids de la « Parole » de Dieu se partageant à travers eux. L’Eglise, chacune de nos communautés, est aussi une « sainte famille » où la parole de chacun est importante, surtout celle du plus petit.

Rendre grâces.
Avec l’évangile nous avons donc parlé d’un rite, celui de la Présentation de Jésus au temple. Ce geste traditionnel avait de profondes racines : les croyants pensaient à juste titre que toute irruption de la vie dans notre monde était un don, une surprise de Dieu. C’est ainsi qu’on offrait à Dieu, pour le remercier, les premiers fruits, les prémisses de la récolte. Comment ne pas rendre grâces pour cet étonnement que représente pour une famille la naissance de l’enfant, surtout le premier. Abraham avait heureusement pris conscience que rendre gloire à Dieu ne consistait pas à sacrifier l’enfant ! Bien au contraire, offrir à Dieu son enfant, c’est permettre que se prolonge dans toute sa vie, le miracle créateur. L’offrande des colombes par Marie et Joseph était un beau symbole d’une vie libre prête à s’envoler, toute donnée à l’amour du Père et pour nous. Le rite comprenait aussi le geste de la « purification » de la maman. En fait, c’est l’image elle-même qui est à purifier : prenons plutôt le beau mot de « relevailles ». C’est un beau geste que d’aller au temple ou à l’église pour remercier Dieu de ce que l’accouchement s’est bien passé. Aujourd’hui accoucher est un risque bien moins grand que jadis : c’est une raison supplémentaire de remercier le Seigneur de ces progrès par lesquels la vie est plus facilement sauvée.

L’entrée dans le Temple
Dans sa foi au Ressuscité, Jean se souvient de l’entrée du Messie dans le Temple, telle qu’ annoncée par les prophètes. Tout le monde s’attendait à ce que, « à la fin des temps », le Seigneur vienne lui-même dans son temple. Chacun imaginait alors une entrée triomphale avec les grandes portes du sanctuaire qui se lèveraient solennellement. L’humour de Dieu est que le Seigneur est entré par la petite porte, sans autre symphonie que celle de ces cœurs de pauvres, s’exprimant de concert pour s’émerveiller devant le Mystère offert à leur surprise. En réalité la grande porte qui s’ouvrait à l’arrivée du Seigneur, était celle du cœur de l’homme appelé à devenir lui-même, dans le Christ, le Temple de Dieu.

Quel avenir pour l’enfant ?
Dès la naissance de leur enfant les parents s’interrogent toujours sur son avenir. Siméon, inspiré par l’Esprit, révèle à Marie et Joseph en les bénissant que Jésus, leur nouveau-né, sera la gloire de son peuple, lumière pour les nations, mais aussi un grand signe de division : imaginons le cœur de Marie déjà transpercé en entendant cela. Ce que vivent alors Marie et Joseph est un encouragement pour tous les parents : lorsque, après avoir entrevu le plus bel avenir pour leur enfant, ils doivent pressentir qu’un jour que tout ne se passera pas comme prévu et humainement espéré. C’est alors que leur espérance humaine, avec l’aide de l’Esprit Saint, devient espérance dans la foi. Cette espérance permettra à Marie de suivre les pas de Jésus aussi bien dans la joie des noces de Cana qu’à l’heure de la détresse de la Croix. Mais grâce à l’obéissance de sa foi, Marie sera la première à recevoir la « joyeuse consolation de la résurrection de son Fils ».

Orientations. En toute famille, les parents sont appelés avec leur enfant, à vivre le mystère de la vocation de chacun ; l’épreuve, à bien des moments, vient nous surprendre, mais purifiées dans la prière et l’écoute de l’Esprit, nos attentes parfois trop humaines deviennent alors une entrée dans le Mystère du Christ lui-même. Comme Marie et Joseph, accueillons dans la confiance les inattendus de Dieu. http://www.prixpilat.com/participez



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