Parole de Vie..   
Commentaires du Père Claude Tassin

3e dimanche de Pâques A (30 avril 2017)




Actes 2, 14.22b-33 (Pierre annonce le Christ ressuscité)


Le discours de la Pentecôte attribué à Pierre veut présenter un modèle de la proclamation du mystère pascal. La dernière partie sera entendue dimanche prochain.

Puisque les habitants de la Judée et de Jérusalem connaissent les faits, l’auteur résume en un verset la vie et l’œuvre de « Jésus le Nazaréen ». Il s’attarde sur la crucifixion : « Vous l’avez fait mourir », dit-il, en refusant son message. Mais ce drame correspondait « au plan et à la volonté de Dieu », c’est-à-dire aux prophéties de l’Ancien Testament sur les souffrances du Juste. Or, que les auditeurs le sachent, Dieu a ressuscité Jésus, les apôtres en sont témoins, et le phénomène de la Pentecôte montre ceci : le Crucifié a rejoint Dieu et obtenu de lui de répandre l’Esprit Saint sur les croyants.

Comment fonder la vérité de ce triomphe du Christ ? En relisant l’Ancien Testament avec les yeux de la foi chrétienne, notamment le Psaume 15[16] : David, l’auteur présumé, dit « je » dans ce poème, mais il s’exprimait au nom du Messie son descendant à qui, ainsi, il fait dire à Dieu la certitude de sa propre résurrection.

En recomposant cette homélie, Luc développe les points énumérés par le Credo de l’Église d’Antioche que citait Paul en 1 Corinthiens 15, 3b-5. En résumé, la vérité de la Résurrection se découvre à nous dans la relecture des Écritures, la confiance envers les premiers témoins et par la lumière de l’Esprit Saint accordé à la communauté des croyants.




1 Pierre 1, 17-21 (Le Christ resssuscité donne à notre vie son vrai sens)


La persécution peut nous conduire à nous prendre pour des martyrs déjà canonisés ou, au contraire, à céder aux compromissions pour échapper aux tracas. L’auteur invite ses lecteurs à se situer correctement. Le baptême les a introduits dans l’intimité de Dieu qu’ils invoquent comme leur Père. Mais, juste, le Père « juge chacun d’après ses actes ». Qu’ils cultivent alors « la crainte de Dieu », c’est-à-dire l’amour empreint d’un respect attentif. Qu’ils considèrent leur existence comme un « séjour en étranger », car l’Évangile va à contre-courant des idées du monde et fait parfois du croyant un étranger parmi les siens.

L’auteur motive son exhortation. Contre « la vie sans but » qu’ils menaient dans le paganisme, la foi donne aux convertis une raison de vivre. Or, à la différence de l’affranchissement d’un esclave, leur libération ne doit rien à « l’or et l’argent », ces biens dont les persécuteurs les dépouillent peut-être. Ils ont été délivrés par Dieu de l’errance passée (cf. Isaïe 52, 3). Ils expérimentent symboliquement l’antique Exode des Hébreux sauvés par le sang de l’Agneau pascal (Exode 12, 13). Mais c’est maintenant le sang du Christ, nouvel Agneau pascal, prévu par le plan divin « avant la création du monde ».

À présent « manifesté » par le mystère de sa Pâque, *l’Agneau nous ouvre le nouvel Exode de la foi et de l’espérance. « Exilés et dispersés » (1 Pierre 1, 1) nous marchons vers la patrie des Ressuscités.


* L’Agneau. Outre l’allusion à l’agneau pascal, l’auteur peut songer aussi à l’agneau/bélier qui remplaça Isaac dans la scène du sacrifice (Genèse 22, 13). Les légendes juives situent ce sacrifice le jour de la Pâque et prétendent que cet agneau avait été créé et « choisi dès avant la création du monde ». Si Pierre songe à cette tradition, alors il voit dans le Christ un nouvel Isaac.




Luc 24, 13-35 (Apparition aux disciples d’Emmaüs) :
voir ci-dessus, l’évangile du soir du dimanche de Pâques.




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