Parole de Vie..   
Commentaires du Père Claude Tassin

Veillée pascale, année B (31 mars 2018)



Avant l’épître et l’évangile, la Nuit pascale propose sept lectures tirées de l’Ancien Testament. Si, dans la plupart des cas, on ne les prend pas toutes, il s’agit néanmoins d’une veillée où l’on prend son temps. Le Missel en précise le sens : « Voyons comment, dans les temps passés, Dieu notre créateur a sauvé son peuple, et comment, dans ces temps qui sont les derniers, il nous a envoyé son Fils comme Rédempteur. »




Genèse 1, 1 – 2, 2 (La création de la nature et de l’homme)


Le récit de la création, commencement de notre salut, nous prépare à accueillir la nouvelle création, inaugurée dans la résurrection de Jésus (évangile), dont nous bénéficions depuis le baptême (épître). Le sacrifice et la délivrance d’Isaac (lecture 2) annoncent la victoire du Christ sur la mort et, par le baptême, la multiplication des fils de la Promesse. Enfin, le récit du passage de la mer Rouge (lecture 3) prophétise le passage des baptisés de la servitude à la liberté.

Au seuil du Carême, nous méditions sur les origines de l’homme. La veillée pascale propose le grand récit de la création, un joyau de la littérature mondiale. Le texte, dépourvu de prétention scientifique, a été composé par des prêtres juifs exilés à Babylone. Les Babyloniens adoraient le soleil et la lune. Ces astres sont ici ravalés au rang de luminaires, de simples lampes liturgiques, et la lumière naît, à l’origine, d’un simple mot de Dieu : « Que la lumière soit ». Sa Parole crée en nommant les choses et en les séparant. Séparer, c’est distinguer ; distinguer, c’est comprendre. Ainsi, Dieu donne à l’homme un monde bien fait dont on peut comprendre l’ordre, *la beauté, pour s’en servir à bon escient. Les religions anciennes voient, dans les créatures de la nature, des images des dieux auxquelles l’homme se soumet avec crainte. Pour la foi d’Israël, au contraire, c’est l’homme qui est l’image de Dieu, chargé de gouverner la création avec sagesse.

Mais celui qui a dit : « Que la lumière soit » a relevé le Christ d’entre les morts. C’est « le premier jour » d’une semaine nouvelle inaugurant un monde nouveau qui va vers le Sabbat de Dieu, la fête sans fin. Par le baptême, le Souffle de Dieu nous recrée plus merveilleusement à l’image du Christ ressuscité, premier homme de la nouvelle création.


* La beauté. « Les cieux, l’air, la terre, les mers, sont revêtus de splendeur, et le cosmos tout entier doit son nom à sa magnifique harmonie. Nous apprécions cette beauté des choses d’instinct, naturellement, mais la parole qui l’exprime est toujours inférieure à ce que notre intelligence a saisi. À plus forte raison le Seigneur de la beauté est-il au-dessus de toute beauté ; et si notre intelligence ne peut concevoir sa splendeur éternelle, elle garde pourtant l’idée de splendeur… » (Saint Hilaire de Poitiers [4e siècle]).

NB. Avant l’apparition de nos « cosmo-nautes », le terme grec cosmos avait chez les anciens le sens de bel ordre et de beauté (ce sens a perduré dans notre mot « cosmétique »).




Genèse 22, 1-13.15-18 (Sacrifice et délivrance d’Isaac, le fils bien-aimé)


« Dieu mit Abraham à l’épreuve. » Épreuve barbare ! Sacrifier un fils unique ! Le Créateur de la vie se contredirait-il ?

L’auteur compose ce récit bien des siècles après la mort d’Abraham. Il sait que son humour tragique interpellera ses lecteurs. Il sait que Dieu interdit tout sacrifice humain. Il suppose même qu’Abraham le sait. D’ailleurs, dans ce récit, Dieu empêche Abraham d’aller au bout de son obéissance. Alors, que veut dire notre conteur ?

1) La naissance d’Isaac était le moyen par lequel Abraham put se survivre dans l’histoire. Or, cette naissance miraculeuse était le don de Dieu. Si Abraham refusait de sacrifier l’enfant, il se constituait en propriétaire (il est à moi !) et oubliait que c’est Dieu qui donne tout. En même temps, il ne pouvait pas penser que Dieu annulait ce qu’il avait juré. Il ne lui restait qu’à « craindre Dieu », à s’en remettre à lui dans cette situation insensée.

2) Nous devons tout à Dieu ; nous vivons par lui. C’est cela qu’exprimait le sacrifice juif de l’holocauste. Dieu nous demande de nous offrir nous-mêmes, non pas en nous tuant, mais en cherchant à chaque instant quelle est sa volonté (voir Romains 12, 1-2).

Mais la tradition juive légendaire ancienne faisait d’Isaac un adulte de trente-sept ans s’offrant librement à Dieu. Les auteurs du Nouveau Testament le savaient. Ils ont vu ainsi un parallèle entre le sacrifice d’Isaac et celui de Jésus, le « Fils bien-aimé » que le Père a tiré de la mort, lui « qui n’a pas épargné son propre Fils » (Romains 8, 32).


Exode 14, 15 – 15, 1a (La libération d’Israël par le passage de la mer Rouge)


Pharaon s’est repenti d’avoir renvoyé les Israélites, et les voici coincés entre la mer Rouge et l’armée égyptienne. Certains reprochent à Moïse de ne pas les avoir laissés à leur esclavage, préférable à la mort qui les attend (cf. Exode 14, 11-12). Difficile apprentissage de la liberté ! Alors Dieu intervient.

Ce récit de naissance de la communauté des sauvés ne s’est pas écrit en un jour : on l’a remanié d’âge en âge, tant l’événement semblait important, et les traditions ne s’y harmonisent pas toujours. Pour l’une, Dieu fait souffler un vent qui assèche la mer ; pour une autre, Dieu fend la mer en deux murailles, et cette dernière tradition domine l’état actuel du récit. Par là, Dieu agit en Créateur : il sépare la mer, symbole du Mal et du néant, comme il avait séparé les eaux d’en haut et les eaux d’en bas (cf. Genèse 1, 7), et dans cette fente créatrice, le peuple s’engouffre vers la vie. Quand Dieu nous sauve, c’est en nous recréant et en nous délivrant des forces de mort ; c’est pourquoi ce passage de la Mer est pour nous le symbole du baptême.

Le Cantique qui suit la lecture est d’époque postérieure : il prolonge l’événement jusqu’à l’entrée en Terre promise, à l’ombre du Temple.




Isaïe 54, 5-14 (L’amour de Dieu pour Jérusalem son épouse)


Dans ce chant d’amour de Dieu, l’épouse est Jérusalem, c’est-à-dire, à la fois, les habitants de la ville exilés à Babylone, et la cité elle-même, vidée par cette déportation.

« Ton époux, c’est ton Créateur… » Le Créateur peut agir partout, jusqu’en Babylonie. Il est aussi « rédempteur ». Ainsi appelait-on celui qui avait la charge de venger l’honneur familial bafoué. Ce Dieu-là prend fait et cause pour l’épouse momentanément répudiée (le prophète caractérise l’exil comme une répudiation) et il ouvre l’ère d’une pleine réconciliation.

Quand l’homme s’égare, il pense facilement que c’est Dieu qui s’écarte et lui cache sa face – qu’il est en « colère », selon nos mots humains. Mais, selon le Psaume 29 [30], 6, « sa colère ne dure qu’un instant, sa bonté, toute la vie. » C’est un amour éternel, inébranlable, une grande tendresse.

Le poète se tourne vers la ville elle-même, « Jérusalem, malheureuse ». Elle va devenir une cité rutilante de pierres précieuses. Elle vivra dans une paix totale, ses enfants se laissant instruire par Dieu en personne, selon la prophétie de l’Alliance nouvelle* (Jérémie 31, 31-34). Dans cette épouse et cette cité renouvelée, l’Apocalypse verra l’Église, l’épouse de cet Agneau dont le sang versé a permis le mystère de paix et de réconciliation (cf. Apocalypse 21).


* L’Alliance nouvelle. Paul prolongera cette prophétie de Jérémie. Il dira aux nouveaux baptisés de Thessalonique : « Vous avez appris vous-mêmes de Dieu à [littéralement : vous êtes des “théo-didactes” pour] vous aimer les uns les autres » (1 Thessaloniciens 4, 9).




Isaïe 55, 1-11 (Le mystère de l’eau et de la parole)


Voici l’épilogue du Livre de la Consolation (Isaïe 40 – 55). Le prophète a longuement annoncé la libération des Juifs déportés à Babylone. Il suffit maintenant d’y croire :

1. « Vous tous qui avez soif... » C’est le cri du porteur d’eau. Sans argent, les assoiffés se fatiguent pour ne rien gagner. Tels sont les Exilés (cf. Isaïe 41, 17). Qu’ils aient simplement soif de Dieu, de sa parole, source de vie, et le bonheur viendra : vin, lait et viandes savoureuses. Qu’ils aient soif de sa Sagesse (comparer Proverbes 9, 1-5) qui s’exprime dans l’histoire des hommes.

2. Dieu promet « une alliance éternelle ». Le peuple entier rayonnera de la grandeur qu’avait le roi David. il convoquera les nations à son gré car Jérusalem deviendra le centre de l’univers, résidence du « Saint d’Israël ».

3. Ce Dieu si grand est proche, il se laisse trouver. Ceux qui, dans leur exil, s’étaient laissé aller à l’infidélité, par découragement, doivent se convertir. Nulle rancune possible en Dieu, tant ses pensées sont nobles et élevées.

4. C’est par sa Parole que le Créateur agit, lorsqu’il fait pleuvoir et neiger pour donner à l’homme sa subsistance. C’est la même Parole qui annonce la délivrance : elle dit ce que Dieu veut, elle fera ce que Dieu dit.

Exode et Exil sont les symboles de l’événement pascal. Par l’eau et l’eau vive du baptême, nous sommes recréés, selon les promesses annoncées par les prophètes.



Baruc 3, 9-15.32 – 4, 4 (Dieu offre aux hommes la vraie sagesse)


Baruc, secrétaire du prophète Jérémie, est censé dans ce texte s’adresser aux Juifs déportés à Babylone au 6e siècle. En réalité, sous ce pseudonyme, un sage juif du 2e siècle avant notre ère s’adresse à ses frères dispersés dans les royaumes d’Orient, et qui s’interrogent : Pourquoi Dieu nous laisse-t-il vivre dans un environnement païen qui nous opprime et nous pervertit ? Comment survivre de manière intelligente dans ce milieu ?

Une longue méditation répond à ces problèmes. Si vous en êtes arrivés là, dit-elle, c’est que vous aviez oublié Dieu, « la Source de la Sagesse » ; vous la cherchez là où elle n’est pas. La véritable sagesse s’exprime dans la création d’un monde bien fait, bien rythmé par le mécanisme de la nature dont vous ne percez pas le mystère, mais qui vous révèle une pensée supérieure.

La Sagesse, art de Dieu pour faire vivre, est aussi un art de vivre, puisque, depuis la manifestation du Seigneur au Sinaï (Exode 19 – 24), « la Sagesse est apparue sur la terre », elle se condense dans « le livre des commandements de Dieu ». Suivre ceux-ci, voilà la seule manière intelligente de vivre, le privilège des croyants.

Pour nous, « la Sagesse apparue sur la terre » est le Christ qui nous invite à suivre ses commandements. Par le baptême, il nous tire « du séjour des morts », de tout ce qui, en ce monde, menace notre foi.




Ézékiel 36, 16-17a.18-28 (Le cœur nouveau et l’esprit nouveau)


Le prophète révèle trois choses aux « gens d’Israël » : pourquoi ils sont déportés à Babylone, pourquoi Dieu les ramènera sur leur terre, et comment il opérera.

1. Le pays donné par Dieu, Israël, le Peuple l’a souillé par ses injustices (le sang versé) et sa perversion religieuse (ils installaient chez eux des cultes d’idoles). En conséquence, Dieu a nettoyé la Terre Sainte en la débarrassant de ces pécheurs, en les dispersant dans les nations païennes.

2. Mais Dieu ne peut pas laisser durer la situation. La présence des Israélites chez les païens signifie la victoire de ces derniers et la défaite de Dieu. C’est l’honneur de Dieu qui est en jeu, sa sainteté : « *Je montrerai la sainteté de mon grand nom, qui a été profané dans les nations. » En rassemblant de nouveau son Peuple sur sa terre, Dieu montrera qu’il est bien le plus grand.

3. Mais Dieu doit aussi rendre son peuple digne de lui. Pour cela, il va le purifier, avec une eau pure, mais de l’intérieur. Il va mettre en l’homme « un cœur nouveau », une nouvelle intelligence, « un esprit nouveau », un nouveau souffle, et ce souffle sera l’Esprit de Dieu lui-même. Alors, l’homme sera comme un amoureux complice du vouloir de Dieu, de ses commandements. Tel est le mystère de notre baptême qui, du péché, nous conduit vers la Terre promise de la Pâque de Jésus, pour l’honneur de Dieu.


* « Je montrerai la sainteté de mon grand nom ». Littéralement : « Je sanctifierai mon grand nom ». C’est ce que redit le Notre Père : « Que ton Nom soit sanctifié ». C’est-à-dire, fais-toi reconnaître, manifeste-toi comme le Dieu Saint qui accomplit ce qu’il dit. Dans la prière des baptisés, c’est avant tout l’honneur du Père qui nous tient à cœur.




Romains 6, 3b-11 (Le baptême nous donne la vie nouvelle du Christ mort et ressuscité)


En Romains 5, Paul disait que le Christ nous a introduits dans l’amour gratuit de Dieu. Alors comment nous situer vis-à-vis du péché ? Pour répondre à cette question, on partira de la fin du texte : « Pensez que vous êtes morts au péché. »

C’est l’occasion pour l’Apôtre de redéfinir le baptême : l’eau ne donne pas le pardon ; elle y conduit, en nous plongeant dans la mort du Christ. De quelque manière, « notre mort ressemble à la sienne » : il est mort à cause du péché des hommes qui l’ont condamné. Nous, nous avons à faire mourir en nous « l’homme ancien », « notre être de péché ». De fait, dans le baptême qui nous unit à la mort du Christ, nous tuons cet être ancien dominé par la puissance du mal.

Ainsi « affranchis », rendus libres, nous nous tournons vers l’avenir : nous ressusciterons, nous vivrons avec lui. « Le Christ ne meurt plus » et il ne veut pas non plus que meure notre être nouveau, né au baptême et orienté vers Dieu. Pour Paul, le baptême est un point de départ, une libération pour que nous accédions à l’essentiel : nous laisser guider par l’Esprit Saint qui met dans nos cœurs l’amour de Dieu (cf. Romains 8) et qui nous libère de ces tendances égoïstes que Paul appelle « la chair ».



Marc 16, 1-8 (Le jeune homme annonce aux femmes que le Christ est vivant)


Les femmes ont assisté à la mort de Jésus et repéré le lieu de sa sépulture. Elles ont respectéé le repos du sabbat. Le lendemain, elles se mettent en route pour honorer le défunt, « le corps de Jésus ». À partir de ces circonstances toutes simples, le récit bascule dans un jeu de symboles étonnants et s’achève sur une note déroutante.


La pierre a été roulée


C’est « le premier jour de la semaine » d’une nouvelle création (cf. Genèse 1, 3-5). Mais sous le soleil, trompeur, tout n’est qu’hésitation et peur. La lumière se fera dans l’obscurité du tombeau. Il est bien tard pour que les femmes se demandent qui dégagera l’entrée du sépulcre. En son humour de subtil conteur, Marc veut simplement souligner l’impossibilité de desceller la pierre. Celle-ci symbolise la puissance décisive de la mort qui garde sa proie. Or « la pierre a été roulée ». Par qui ? Le croyant pressent déjà la victoire de Dieu sur la mort.


Le jeune homme


Dans les autres évangiles, les femmes ont pour messager un ou deux anges. Marc va plus loin. « Le jeune homme enveloppé d’un vêtement blanc » rappelle symboliquement le jeune homme de Gethsémani « enveloppé d’un linceul » (cf. Marc 14, 51-52) et s’enfuit nu – dans la nudité symbolique de la mort (comparer 2 Corinthiens 5, 1-4) En outre, il est « assis à droite », tel le Ressuscité « assis à la droite de Dieu », selon la prédication des apôtres.

En fait, l’évangéliste joue sur trois registres : 1) le messager est un être céleste ; 2) il est même une présence mystérieuse de Celui qui est à présent « assis à droite » de Dieu ; 3) mais il est aussi la figure du baptisé qui est passé de la mort à la vie, qui a été mis au tombeau avec le Christ, qui a revêtu le Christ et qui a mission d’annoncer la résurrection de Jésus.


Le message pascal


Jésus de Nazareth, « le Crucifié », a été ressuscité (par Dieu). C’est le message que proclament les apôtres (ainsi en Actes 2, 22-36). Selon la forme du participe en grec, Jésus reste à jamais « crucifié ». Annoncer le Ressuscité en tirant un trait sur la Croix, c’est s’évader vers un Christ mythique étranger au monde de nos souffrances. Annoncer le Crucifié en ignorant sa Résurrection, c’est nous condamner sans espoir au tragique de la condition humaine. La foi chrétienne est le difficile équilibre entre ces deux termes.

Cette foi, selon le triple symbole de Marc est à la fois une révélation du Ciel, une présence cachée du Ressuscité et la mission des baptisés.

Le tombeau vide n’est pas la preuve de la résurrection ; il en est, dans la logique de l’évangéliste, la conséquence. Puis les femmes reçoivent l’ordre d’avertir les disciples dispersés, à commencer par Pierre, qui avait renié Jésus. Le Ressuscité les précède en Galilée, comme il l’avait prophétisé (cf. Marc 14, 27-28). Là où ils avaient suivi Jésus, leur mission prendra un nouveau départ, à l’écoute de ses enseignements passés. En d’autres termes, l’évangile de Marc se lit « en boucle » : il faut repartir au début de l’évangile, relire ce qui nous aurait échappé et qui annonçait la crucifixion et la résurrection de Jésus.


Le silence et la peur


*« Car elles avaient peur ». Ce sont les derniers mots de Marc. L’appendice (Marc 16, 9-20) vient d’un évangéliste anonyme du 2e siècle qui, certes inspiré pazr l’Esprit Saint, mais sans humour, n’a pas accepté cette finale abrupte et énigmatique.

Les disciples avaient fui la passion. Voici que les dernières fidèles fuient le message pascal. Marc sait bien que les femmes ont parlé (cf. Matthieu 28, 8). Mais c’est à nous qu’il destine cette fin abrupte : le message de la résurrection est inouï et il est difficile de le proclamer. N’espérons pas d’apparitions ! La Pâque de Jésus se reçoit dans une foi dépouillée. Devant le silence des femmes, le lecteur naïf et spontané s’écriera : « Oh ! les idiotes. » ; à quoi Marc répliquerait : « Les idiotes ? Eh, bien ! Surmontez vous-mêmes vos peurs et prenez vous-mêmes leur relève ! »


* « Car elles avaient peur ». Marc a souvent souligné l’incompréhension des disciples. Ils se demandent ce que veut dire « ressusciter d’entre les morts (9, 10). Ils ont peur d’interroger Jésus quand il annonce sa Passion et sa résurrection (9, 32). La montée vers Jérusalem suscite en eux la crainte et l’effroi (10, 32). La peur ultime des femmes, qui nous interpelle, n’est que l’aboutissement de ce motif significatif.



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