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homélies

Ste-Marie, Mère de Dieu : 1er Janvier 2012

(Journée de la Paix)


Sainte Marie, Mère de Dieu, apporte avec son fils premier-né la paix au monde. Comment ne pas entrer dans le silence de cette incarnation du Verbe pour la rejoindre dans son propre étonnement et celui de Joseph, son époux ? Au moment de la nativité de Jésus, le Fils de David, pas un mot ne sort de sa bouche ni de celle de Joseph. Celui-ci n’a-t-il pas reçu, de la bouche même de l’ange, cet ordre : « Tu lui donneras le nom de Jésus » ? Et le jour de la circoncision, l’enfant nommé Jésus est fait fils d’Israël.

Jésus, Premier-né d’une multitude de frères, porte à sa plénitude la vocation du Peuple de l’Alliance. « Le boeuf et l’âne reconnaissent l’étable de leur maître. Mon Peuple ne me connaît pas », annonce Isaïe. Or voilà que Dieu prend un visage humain pour achever la longue révélation faite aux Patriarches et aux Prophètes. Dans cette mangeoire, les bergers étonnés l’ont vu et ont même partagé leur étonnement avec des gens de Bethléem.

Quoi qu’il en soit des réactions ou de l’indifférence des gens du voisinage, « Marie conservait tous ces événements et les méditait dans son cœur » (Lc. 2, 19). Le silence est le fondement de cette Paix de Noël et constitue l’expression la plus forte de la présence et de l’action de Dieu au cœur du monde. La paix annoncée aux bergers illumine la nuit où l’homme est rejoint par le Verbe fait chair dans la profondeur la plus intime de son être.

Dans le bruit et le fracas du monde, il peut sembler difficile d’entendre Dieu. Parler de sa présence et de la sollicitude de son amour paraît, pour le moins, étrange voire contradictoire. Comment la Parole de Dieu vient-elle nécessiter le silence pour prendre racine dans le cœur humain, sinon parce qu’elle nous donne « rendez-vous » au centre le plus intime de nous-mêmes, là où sa propre présence imprime son image ?

Tant que la personne vit hors d’elle-même, en surface, étrangère à sa propre intimité, elle ne peut goûter que les futilités et poursuivre, dans une course infernale, les caprices du désir. Il n’y a qu’une relation vraie et exigeante aux autres qui peut nous sauver de la stérilité, nous délivrer d’une sensibilité anarchique et égoïste. Dans les velléités de l’esprit libertaire, la personne ruine les ressorts de sa responsabilité et dissipe les ressources de sa volonté morale.

A Bethléem, Joseph et Marie entrent à plein dans le mystère de l’obéissance. Que ce mot a mauvaise presse aujourd’hui ! Ceux qui le contestent ne sont que des « velléitaires » : ils ignorent que l’obéissance est la vertu des hommes libres et qu’elle est la route de l’authentique autorité, cette responsabilité qui honore tout être humain digne de ce nom. Le Verbe de Dieu s’incarne pour que la personne jouisse de la paix intérieure, de « la liberté des enfants de Dieu » (Rm. 8, 21).

« Marie a joué un rôle irremplaçable dans la révélation de la paternité divine et de notre condition de fils du Père. C’est elle, la Mère de Dieu, qui a conçu de l’Esprit celui que Dieu a envoyé d’auprès de lui pour nous révéler notre filiation divine » (Brépols). Il faut entendre le témoignage de St-Paul, rabbin juif et fils de pharisiens, gagné à la cause du Christ sauveur : « Dieu a envoyé son Fils, né de la femme, sujet de la Loi pour faire de nous ses fils…Ainsi, tu n’es plus esclave, mais fils …et héritier avec le Christ » (Gal. 4, 4-7).

Face à l’esprit contestataire ou à la crispation intégriste, nous sommes appelés par le Verbe de Dieu à devenir pleinement responsables de l’amour que nous portons inlassablement au Christ et à son Eglise. Que cette responsabilité filiale nous situe, en toute liberté, dans l’humilité et la disponibilité, par la grâce de Jésus-Christ, Notre Seigneur.

Marie, Servante du Seigneur, reste notre étoile pour que la présence du Seigneur nous fasse rayonner le mystère de sa venue parmi les hommes à travers les vertus les plus simples, « joyeux de s’effacer devant le Christ dans un autre cœur ». Ainsi notre joie sera parfaite et la bienveillance du Père nous comblera.


Jésus, notre paix et notre réconciliation.


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