2ème
Dimanche ordinaire : 15 Janvier 2012
La
Foi, initiative du salut, vient de Dieu :
lui, le premier, nous a aimés. Dieu est l’Amour qui se
donne. Par le souffle de son Esprit, il sollicite les consciences et
suscite les libertés, « créées
à son image et pour sa ressemblance »
(Gn. 1, 26). C’est ainsi qu’après le long
« incognito »
de l’Esprit – le Souffle de Dieu
– la Révélation fait ouvertement irruption dans
notre histoire depuis Abraham.
La
Parole de Dieu était avant même
la création du monde. Au terme d’un long processus des
civilisations, cette présence créatrice s’est
révélée de plus en plus précise et
pressante au cœur des témoins, choisis dans la
préscience de l’amour. Cette parole libératrice
n’a-t-elle pas engagé le
Peuple d’Israël dans un incroyable Exode
qui l’a conduit d’Egypte au pays de Canaan ?
Pourtant,
dans cette Terre Promise, le cœur de l’homme oublie vite
les promesses de l’Alliance et abandonne trop facilement ce
Dieu de tendresse qui
a rompu les chaînes de son esclavage. Ce « Dieu
caché » reste toujours le
« Dieu présent »
dont l’amour vient susciter le petit Samuel pour en faire un
« Serviteur »
qui lancera Israël dans une histoire où rois et prophètes
forgeront le destin du Peuple dont Dieu
seul est le Roi.
Non, Israël
ne ressemble à aucun autre peuple sur la terre : il reste
marqué par le « feu
dévorant » (Jr. 20) du
Buisson Ardent (Ex. 3) où Moïse fait le don total de
lui-même pour qu’Israël
devienne, par excellence, le Peuple du Dieu
vivant et vrai. Samuel comprend que les
Rois d’Israël sont les « messies
de Dieu ». Auprès de
ceux-ci, les prophètes deviennent les « fous
de Dieu », passionnés de
l’Alliance, comme le sera lui-même au risque de
l’histoire l’infatigable Samuel.
Aujourd’hui,
l’évangile de St-Jean présente deux disciples du
Baptiste qui, sur les bords du Jourdain, leur désigne Jésus,
l’Agneau de Dieu. Il s’agit
d’André et de Jean qui se mettent à le suivre. Le
baptême de pénitence leur a ouvert le cœur et ils
aspirent à une nouvelle recherche. Instinctivement, ils sont
attirés par celui qu’on leur a désigné :
« Qui cherchez-vous ? »
(Jn. 1, 18).
Le
savent-ils eux-mêmes ? En tout cas, ils sont séduits
à ce premier contact. Comment pourraient-ils garder pour eux
cette découverte ? On comprend le zèle d’André
qui attire vers Jésus son frère Simon, le pêcheur
du lac. L’enthousiasme de son frère peut étonner
celui qui recevra le nom de Pierre : « Nous
avons trouvé le Messie ».
Il s’agit là du souffle de la grâce qui se
transmet de façon inexplicable. D’ailleurs, la même
nouvelle transmise par Philippe à Nathanaël provoque le
doute et l’étonnement à l’évocation
du nom de « Jésus » : « Que
peut-il sortir de bon de Nazareth ? » - « Viens
et vois ! » (Jn. 1, 46).
Dans notre
monde où l’attente est beaucoup plus forte qu’il
ne paraît, c’est l’annonce
de cette présence vivante du Christ
que nous avons à transmettre. Beaucoup ne se doutent pas que
par Jésus, « médiateur
entre Dieu et les hommes » (1 Tm.
2, 5), Dieu leur est accessible. Il faut avoir goûté le
Christ pour pouvoir le rayonner comme le montrent beaucoup de jeunes
au retour des J.M.J de Madrid.
Une
amitié profonde et personnelle avec Jésus
ne peut pas ne pas rayonner, si elle est vécue intimement et
en communauté fraternelle. Tout part de la confiance même
que Jésus nous fait : « Venez
et voyez ». Alors vous n’aurez
cesse que d’autres partagent votre joie et prennent le flambeau
pour la crier au monde. St-Paul, qui en a la conviction, nous le
rappelle : « Vous êtes
le Temple de l’Esprit. Le Seigneur vous a rachetés à
grand prix. Glorifiez Dieu dans votre corps » (1
Co 6, 18).
« qui
cherchez-vous ? … Venez et voyez. »