Parole de Vie..   
homélies

3ème Dimanche ordinaire : 22 Janvier 2012



« L’envoi de Jonas à une ville païenne – Ninive – pour prêcher la conversion exprime bien l’universalité du salut de Dieu… La conversion des Ninivites montre que la grâce divine ne connait pas de frontières. » (Brépols) Le livre de Jonas fait ainsi éclater la catholicité de la foi au Dieu unique, créateur et Père de tous les hommes.

La capacité d’ouverture qu’entraîne la foi révélée opère une mutation du fait religieux. En effet, le défaut des religions est facilement de se replier sur la région ou la nation. En revanche, chez Jonas, il y a le danger de se draper orgueilleusement dans le privilège du Peuple élu, fût-il juif, chrétien ou musulman.

« Quand judaïsme, christianisme ou islamisme se regardent comme des systèmes supérieurs, ils avilissent le Nom de Dieu et se détournent de l’Etre sans lequel ils ne sont rien par eux-mêmes » (R. Brague – Du Dieu des chrétiens – Flammarion pp. 186-200).

La Foi en Un Seul Dieu, Père de tous les hommes, amène les rédacteurs du livre de Jonas à une leçon d’universalisme. C’est pourquoi l’anthropologie biblique met l’accent sur la valeur que tout homme représente aux yeux de Dieu. Cet accent du salut universel résonne jusque dans l’Apocalypse de St-Jean : « Je vis une foule immense que nul ne pouvait dénombrer, de toutes nations, races, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le trône de l’Agneau » (Ap. 7, 9).

Ainsi le livre de Jonas nous met en écho avec l’évangile de Marc, alors que Jésus commence son ministère en Galilée et proclame : « Les temps sont accomplis, le Règne de Dieu est proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle » (Mc. 1, 15). C’est en Jésus, Fils de Dieu, sauveur, que cette Bonne Nouvelle rendue présente : en Lui, l’événement de la foi est irréversible pour l’humanité entière.

St-Paul rappelle aux Corinthiens que « le temps est limité… car ce monde, tel que nous le voyons, est en train de passer » (1 Co 7, 29-31). La conversion à laquelle nous invite l’évangile concerne le trésor spirituel de notre destinée. Jésus nous conduit au meilleur de nous-mêmes, à l’essentiel : « Que sert à l’homme de gagner l’univers s’il vient à perdre son âme ? »(Mt. 16, 26). Certes, il faut organiser le monde dans lequel nous vivons. D’ailleurs l’esprit de l’évangile ne donne-t-il pas un sens à notre réalité de citoyens de la terre ? Ne sommes-nous pas invités à des engagements de justice et de paix qui visent, dès ici-bas, la promotion humaine ?

La Bonne Nouvelle du Salut n’est pas une évasion de nos responsabilités terrestres, mais une invitation à une promotion spirituelle au service même de la personne. Celle-ci n’est-elle pas la clé de voûte de toutes les valeurs matérielles, sociales, intellectuelles et religieuses ? Toutes les valeurs sont à mettre au service de la promotion essentielle de la personne : « Le sabbat (loi) est fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat » (Mc. 2, 27).

La Bonne Nouvelle vise au développement intégral de l’homme. A ce titre, Jésus précise : « Le ciel et la terre passeront : mes paroles ne passeront pas » (Lc. 21,33). C’est sur cette parole d’amour qu’est le Christ que le monde trouve le Roc sur lequel ses projets pour-ront trouver un sens : « Quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu » (1 Co. 10, 31).

Comme au bord du Lac de Tibériade, Jésus continue d’appeler des hommes et des femmes au service de cette Bonne Nouvelle. Alors que l’histoire connaît un prodigieux développement et que les problèmes sont de plus en plus délicats, l’humanité est travaillée par le souci de son avenir et par le sens de son existence. En Jésus, Dieu se fait présent : que la Charité touche, par delà toutes frontières, des ouvriers pour la promotion spirituelle de l’humanité.


« Consacre-les dans la vérité : ta parole est vérité. »



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