Parole de Vie..   
homélies

4ème Dimanche ordinaire : 29 Janvier 2012


Après une brève présentation de Jean-Baptiste, l’évangile de Marc fait entrer Jésus en scène, signalant son baptême au Jourdain et ses tentations au désert. Apprenant l’arrestation du Baptiste, Jésus gagne la Galilée pour y proclamer la Bonne Nouvelle du Royaume. D’emblée, ce que souligne l’évangile, c’est la force intérieure de la parole de Jésus qui fait montre d’une convaincante persuasion : « Il enseignait en homme qui a autorité et non pas comme les scribes » (Mc. 1, 22).

Joignant le geste à la parole, Jésus délivre un possédé en pleine synagogue : « sors de cet homme », dit-il à l’esprit mauvais. Marc nous fait vivre l’affrontement de Jésus avec les forces du mal. Au cri de l’homme : « Jésus de Nazareth, tu es le Saint de Dieu », Jésus l’interpelle : « Silence ! » Cette libération est bien la preuve de son autorité : « Dès lors, sa renommée se répandit dans toute la Galilée » (Mc. 1, 28).

La liturgie de ce dimanche met cet évangile en lien avec le livre du Deutéronome. Il s’agit de la mission de Moïse au Sinaï qui a du mal à se situer comme médiateur de l’Alliance. Ce grand homme annonce aux Israélites, effrayés par la manifestation de Dieu, une surprenante prophétie : « Le Seigneur votre Dieu fera se lever un prophète comme moi et vous l’écouterez » (Dt. 18, 15).

« Dans le désert c’est par Moïse que la Parole de Dieu s’est fait entendre aux Hébreux. Une fois installé en Terre Promise, le Peuple découvrira la volonté de Dieu dans le message des prophètes. Et un jour, le Royaume des derniers temps sera inauguré par un nouveau Moïse : Jésus ». (Brépols)

La prophétie se fonde sur la Parole de Dieu elle-même. L’autorité de Jésus vient de ce qu’il est lui-même : le Verbe de Dieu. Son action reste d’autant plus surprenante que la Parole éternelle s’est incarnée en ce « Jésus de Nazareth », celui en qui le possédé a deviné « le Saint de Dieu » : c’est bien ce qu’il est. La révélation de cette identité divine fonde l’autorité de Jésus, mais ne se dévoilera qu’à son heure.

D’ailleurs, tout au long de l’évangile de Marc, il y a comme la consigne du « secret messianique ». Jésus demandera instamment la discrétion et imposera le silence à ceux qui bénéficieront de son enseignement ou de ses bienfaits. Jésus se présentera comme « le Fils de l’homme » et ce n’est qu’en finale de l’évangile de Marc que les disciples discerneront en lui « le Seigneur », aux Rameaux (11,3) et après la résurrection (16, 19-20).

Aujourd’hui, nous avons à être les témoins de Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme. Pour beaucoup de nos contemporains, il y a un hiatus entre le Jésus de l’histoire et le Christ de la foi. Depuis bientôt deux siècles, les philosophies du soupçon – avec Marx, Nietzsche, Freud – ont propagé le doute sur le Christ de la révélation.

Beaucoup d’occidentaux, sans nier la réalité historique de Jésus, rejettent résolument la divinité du Christ-Sauveur. La tentation de certains catholiques est de présenter un Jésus si profondément humain que la « folie de la croix du Christ » est déniée pour satisfaire au goût d’un rationalisme, réducteur de la foi revendiquée par St-Paul (1 Co. 1-2).

La Révélation a opéré dans l’histoire la mutation du fait religieux. Le « Sanctus » d’Isaïe a ouvert la liberté de l’homme à la transcendance du Dieu d’Amour. Les prophètes d’Israël et les apôtres de l’Eglise sont les témoins de cette révélation dont le caractère est irréversible. La création est l’acte d’amour de la liberté divine : la personne « créée à l’image de Dieu » acquiert la conviction d’être faite pour le face à face avec Dieu.

Le Christ Jésus, envoyé du Père, donne à la révélation tout son sens. Les chrétiens proclament Jésus, Verbe incarné, vrai Dieu et vrai homme. Sur la foi de l’apôtre St-Jean nous affirmons que, de toute éternité « le Verbe était Dieu » et que, « pour nous, les hommes, et pour notre salut » « le Verbe s’est fait chair ». Il n’y a pas de séparation entre le Jésus de l’histoire et le Christ de la foi. La Foi est un Don de Dieu : l’amour ne se brade pas à la manière d’une mode qui passe.


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