PIRÉ
La nouvelle survint comme une bourrasque dans un ciel serein : " Les Pères vont quitter le Château ! " L’émoi de la population des environs est grand. Il révèle l’attachement qu’elle portait à la communauté depuis 80 ans.
La fermeture de la communauté était prévisible. Elle était le sujet de nos conversations. Nous savions que, dans un bref délai, une seule maison suffirait pour accueillir tous les Spiritains originaires de l’Ouest. On discutait des avantages des deux maisons en compétition, Langonnet et Piré. Nous faisions valoir les avantages qu’offrait cette dernière : le site du Château avec son cadre agréable et reposant, à proximité de Rennes, etc.. 
En mars 2007, lors de sa visite, le Père Provincial nous fait part de la décision de la Province : Langonnet a été choisie comme communauté d’accueil pour nos anciens, la communauté de Piré sera fermée et le Château et ses dépendances vendus. En attendant que la vente du Château soit effective, nos supérieurs nous demandent de ne rien changer à nos habitudes et de continuer à vivre comme dans le passé. Tous, nous avons " bon pied, bon œil ", ou quelque chose d’approchant.
En janvier 2007, nous avons reçu Christian Thuet qui nous a rendus plus sensibles aux situations d’injustice qui accablent les plus pauvres. Le 2 février, n’ayant personne pour assurer la traditionnelle conférence, nous avons fait communautairement un partage sur un texte de Libermann. Quelques jours plus tard, le père Jean Savoie nous a rappelé le parcours spirituel de Claude Poullart des Places. En octobre, pour notre retraite annuelle, le père Arsène Aubert nous a découvert un Libermann très proche de sa famille. Et tout au long de l’année, nous avons accueilli de nombreux groupes et nous continuerons à le faire jusqu’à notre départ…
En octobre, le Père Louis Verchère nous a quittés pour rejoindre sa nouvelle affectation à l’île de la Réunion. Pendant les trois années qu’il nous a consacrées, il a maintenu le tonus de la maison et nous a préparés à vivre l’incertitude de l’avenir. À l’extérieur, il s’est beaucoup investi dans le ministère paroissial, les Fraternités et surtout les Équipes Notre-Dame.
En attendant que le Père Jean-Claude Jaquard, son successeur, soit libéré de ses obligations à Madagascar, le Père Victor Blanchet a assuré généreusement l’intérim. jusqu’en janvier, date où notre supérieur a pu nous rejoindre. C’est avec lui que nous terminerons notre séjour à Piré, paisiblement, avec l’aide de l’Esprit-Saint.
Emile Jacquot