PIRÉ
Nos nouvelles de Piré, voici un an, s’achevaient sur ces mots : " C’est avec le Père Jean-Claude Jaquard que nous terminerons notre séjour à Piré, paisiblement, avec l’aide de l’Esprit Saint ". Eh bien, ce n’est pas encore terminé, Piré doit jouer les prolongations ! Certes le processus de départ a continué et se déroule plus calme mais dans un travail constant et prenant.
D’abord, il y eut la journée d’amitié le lundi de la Pentecôte 2008. L’équipe d’animation s’activa encore plus fort que les années précédentes. Les gens étaient motivés par cette évidence : " Ce sera la dernière fois ! " Le P.Émile Jacquot s’attela à l’histoire du château depuis les origines, racontée en une conférence mais aussi par 15 panneaux récapitulatifs présentés à notre " salle spiritaine " jouxtant le Musée " Art et Culture d’Afrique ". Jean Amouroux produisit une fresque panoramique quasi-géante du Château. Jean-Claude Jaquard rassembla dans une de nos salles de quoi présenter Madagascar avec pédagogie et esthétique. Par ailleurs les attractions classiques de restauration, de jeux, de découvertes dans le parc, dans les pièces historiques du château, au musée étaient très bien gérées par le comité responsable.
L’ambiance fut chaleureuse, l’assistance très nombreuse. Après un temps de prière, Émile Jacquot présenta son travail et Jean-Claude Jaquard fit le point sur les démarches de vente en cours. Dans les conversations de petits groupes, les gens évoquaient nominalement nombre de Frères Spiritains appréciés pour leur savoir-faire et leurs relations dépassant les sujets commerciaux. Ils posaient tous les mêmes questions : Quel sera l’acquéreur ? Que ferez-vous du cimetière ? Où le musée partira-t-il ? Nous laissera-t-on visiter le parc, pourrons-nous être reçus pour des réunions comme de votre temps ?
Ces derniers mois le service d’accueil a fonctionné plus que par le passé. Il y eut tant et tant de journées catéchétiques pour les enfants et les jeunes, des réunions de pastorale avec prêtres et laïcs, des assemblées profanes familiales, ou civiles : le " Pti’festival " cultivant un folklore de chants, de danses, de théâtres… des sessions de " Détente minute ", des visiteurs pour les expos " Madagascar ", " Afrique et culture " ou pour le parc et le château ! Groupes entiers de scolaires, mais aussi des clubs d’aînés, des " universités du temps libre ", des réunions familiales étendues… Signalons la visite, où des séjours de confrères désireux de revoir ou de voir, avant que ce ne soit plus possible, ces lieux chargés de souvenirs ; et parmi eux, Patrick Cascaro qui poursuit parmi nous un séjour prolongé de repos.
La Province nous avait demandé de réduire la communauté à une équipe de moins de 10, concentrés dans les 12 chambres les plus confortables et les mieux chauffées. On peut dire que l’émigration du premier contingent vers Langonnet se fit en douceur au fil de l’année. Les premiers partis furent les Pères Louis Sénéchal et Léon Neck. Le Père Turpaud quant à lui put choisir Nogent sur Marne. Les Pères
Paul Uzel et Clément Angibaud suivirent ainsi que Gérard Perrigault. Enfin le Père Mathieu Lamour, après son opération de double cataracte en octobre ferma la série. Michaël Clausset après trois mois, fort utiles pour nos activités à Piré, a gagné Dakar pour approfondir son projet missionnaire en un stage plus long.
Qui donc reste ? Jean-Claude Jaquard comme manager du spirituel et de la vie commune ; Gabriel Borner pour le temporel avec Jean Amouroux ; notre doyen est Émile Jacquot désormais nonagénaire ; René des Déserts au service du musée ; venant des Seychelles, le Père Gérard Guillemot nous a rejoints. Mais gardons pour la fin de l’énumération des sept, le P. Victor Blanchet car il a la charge d’un inventaire complet – puis de la vente - des meubles, des objets, des appareils, des outils, accumulés sur 80 ans de présence. Jean-Claude et Émile accomplissent le travail fastidieux du regroupement et de l’écoulement de plusieurs tonnes de livres. Entre Noël et le premier de l’an, les théologiens de Clamart accomplirent le déménagement du grenier. Des émissaires de la Province sont venus choisir ce qui serait utile pour leur communauté. Depuis, la menuiserie, la forge et plusieurs salles d’accueil sont occupées par une braderie multiple où les gens, sous la gouverne de Victor, de Jean-Claude, de Gérard, peuvent venir regarder et " chiner " des achats individuels. Une journée pour un ultime vide-grenier est prévue lorsque nous serons informés de la vente ferme et efficace de la fin des fins.
Ne terminons pas sans évoquer l’aide pastorale apportée à notre paroisse. Les prêtres diminuent dans le secteur et notre curé profite de notre présence pour l’aider dans son travail d’animation de la dizaine de paroisses qui lui est confiée.
Nous en sommes là. " La crise " a-t-elle retardé les choses ? On restera jusqu’au bout. On ne s’ennuie pas avec tout ce travail et beaucoup de visites de toutes sortes. Et le cœur de notre communauté a trouvé des forces au moment de la retraite annuelle de septembre animée par le Père Gérard Vieira et puise sa patience quotidienne à la jolie chapelle du château.
René des Déserts
Plus de détails, lettre du dernier supérieur pour Noël 2008