L’or du rein
La pénurie
d’organes suscite un véritable marché noir planétaire où des greffons achetés
une misère aux plus pauvres d’entre les pauvres sont revendus à prix d’or. TéléCinéObs n° 2676 dénonce un trafic odieux.
Dans certains pays peu regardants
officient des chirurgiens véreux qui ont troqué le sens moral contre celui du
business, et le serment d’Hippocrate contre une montagne de dollars.

Aussi habiles au bloc qu’âpres en
affaires, ces hommes aux doigts d’or – c’est le mot ! – ont une spécialité : dans des cliniques très privées, au mépris
de la loi et de toutes les Conventions internationales, ils prélèvent des
organes – rein, foie, poumon, cornée – sur des individus sains pour les greffer
sur des malades.
Une marchandisation du corps humain
qui réduit les organes vitaux à des pièces détachées, avec tarifs et catalogues ! Le coût de ces
interventions peut avoisiner les $ 100 000.
De leur côté, les malheureux donneurs, dont la vie est définitivement saccagée,
ne récoltent généralement que des miettes. Ainsi, selon des chiffres fournis
par l’OMS, les « cours » du rein – l’organe le
plus transplanté dans le monde – variaient en 2006 de $ 700 en Afrique du Sud à
$ 1 000 en Inde, $ 2 700 en Moldavie, $ 5 000 en Turquie et jusqu’à
plus de $ 30 000 aux
États-Unis.
Toujours selon l’OMS, les pays
les plus touchés par ce trafic seraient l’Inde, la Chine, les Philippines et
l’Égypte…
D’un côté, des populations
plongées dans un dénuement extrême, prêtes à tout pour seulement survivre, de
l’autre, des malades fortunés et peu regardants, prêts à payer n’importe quoi
pour vivre. Entre eux des individus sans scrupule, macabres rabatteurs qui
parcourent les quartiers les plus déshérités de la planète à la recherche de
donneurs potentiels. C’est ainsi que se créent des réseaux internationaux de
trafic d’organes en provenance d’Asie, d’Europe de l’Est, du Brésil, où les
donneurs sont toujours les plus pauvres d’entre les pauvres…
En Ukraine, pays réputé pour être
un réservoir d’organes, les donneurs s’affichent avec une pancarte en pleine
rue… Sans parler des annonces qui se multiplient sur Internet.
Encore ces malheureux-là sont-ils
rétribués ! Car dans
certains cas les organes sont prélevés de force, ou par surprise : vous entrez à l’hôpital
pour une intervention bénigne, vous émergez de l’anesthésie avec un rein en
moins…
Amnesty International et Human
Rights Watch n’en finissent pas de dénoncer le fait que la plupart des 10 000 organes transplantés
chaque année en Chine proviennent de condamnés à mort – une « réserve vivante » de donneurs exécutés
selon la demande…
Merci à Richard Cannavo qui nous
a permis de publier ces extraits de son Édito.
Le monde entier dans une boutique
Le P. Maurice Oudet, missionnaire
d’Afrique, président du Sedelan à Koudougou, 3
e ville du Burkina
Faso, trouve dans une boutique de quartier des produits en provenance de 22
pays. Et 7 produits burkinabè.
Sardines du Maroc, confiture de

France (fraise et abricot), du Burkina (mangue, ananas et goyave), riz
thaïlandais (à 800 FCFA le kg) et couscous de Tunisie. Pâtes du Ghana, sucre de
canne du Burkina, pâtes de Côte d’Ivoire et du Togo. Du concentré de tomate
chinois mis en boîte en Italie. Des sachets de sel sans provenance, différents
vinaigres burkinabè et du vinaigre d’alcool coloré de France. De l’huile de
palme d’Abidjan, de l’huile d’olive de France, de l’huile de coton de la
société Sofitex. Du lait en poudre hollandais. D’autres poudres de lait
reconditionnées par la boutique à partir de sacs de
25 kg. Et les laits en
poudre Nido (Nestlé) et Viva lait (Candia, France). Du pâté du Danemark,
différents pâtés de poulet des États-Unis, de France et du Danemark. Des
sardines et des maquereaux à la sauce tomate de Thaïlande, des maquereaux et du
thon du Ghana. De la margarine de Hollande et du Ghana, de la mayonnaise de
Hollande, des États-Unis et de France, de la moutarde de France et de Hollande.
Du thé du Sri Lanka, des chips chinoises, du chocolat d’Abidjan et de Turquie,
des biscuits des Émirats arabes unis, d’Inde, de Malaisie, de France et de
Turquie. Des champignons de Chine (mis en boîte au Liberia), des saucisses du
Brésil, des maquereaux du Chili, des alcools de Belgique, d’Allemagne, de
France et d’Inde.
Extrait d’
Abc Burkina,
n° 378
- 27 mai 2010
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