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Guinée.
Un regard juste et une volonté de paix


Conakry. Depuis les événements tragiques du 28 septembre 2009, le P. Armel Duteil, spiritain chargé de la commission Justice et Paix, suit l’évolution du pays comme un acteur de dialogue. Extraits de son journal.


Octobre, le 14. Nos volontaires sont passés dans les paroisses recueillir les noms des blessés non soignés et des familles en deuil. Cette semaine, ils vont recenser leurs besoins et leur apporter les 1ers soutiens.
Nous allons continuer nos actions pour renforcer le dialogue et la paix dans les quartiers. Mais nous constatons que de nombreux jeunes restent révoltés et prêts à en découdre à nouveau. Nous allons organiser une formation à la paix et à la non-violence, regroupant des jeunes chrétiens et musulmans des 99 quartiers de Conakry. Ils iront ensuite, 2 par 2, chrétien et musulman, rencontrer les chefs de quartier, les imams des 400 mosquées de la ville, les prêtres et pasteurs des 30 églises. Pour leur demander de s’adresser aux jeunes et de les calmer.
Nous organiserons aussi dans les quartiers le plus possible de rencontres entre associations de jeunesse chrétiennes et musulmanes pour retisser des liens d’amitié entre eux.
Avec le vicaire général et le secrétaire épiscopal, nous retravaillons et précisons nos réflexions sur la situation du pays. À chaque relecture, nous nuançons nos propos, les corrigeons. Il nous faut parler clair, sans provocation, vu la situation.
Internet ne fonctionne toujours pas. Donc pas de courrier. Nous essayons d’avoir des infos sur l’évolution du pays par la télévision nationale et les télévisions étrangères. Mais le courant saute sans arrêt. De plus, nous sommes souvent déçus par la teneur des infos. Elles sont souvent approximatives quand elles ne sont pas tendancieuses et même malveillantes. Entendre, par exemple, un artiste guinéen vivant en France s’exprimer sur la situation réelle du pays montre manifestement qu’il n’en sait pas grand-chose.
15 octobre. Le dispensaire St-Gabriel, grand centre de santé catholique intégré dans la fonction publique, est connu pour le sérieux, l’honnêteté, la compétence de son personnel et la qualité des soins et de l’accueil. Les volontaires de la Fidesco qui l’animaient ont quitté le pays après le 28 septembre ! Les Guinéens se sont organisés et ont continué le travail sans grande difficulté. Je veux les remercier, évaluer leurs problèmes et leur apporter mon soutien. En fait, ce qui entrave leur travail, c’est le manque de médicaments. Un conteneur est arrivé au port. Les conditions actuelles empêchent de le faire sortir. Pour le reste, les soignants chrétiens et musulmans continuent à se regrouper chaque matin pour une prière de louange. Puis chacun s’organise et prend ses responsabilités. Quand je leur explique nos différentes actions dans les quartiers et leur demande d’y participer, chacun où il vit et agit, tous acceptent avec joie.
À l’archevêché, l’ambiance est tout autre ! L’ambassade de France demande aux Français de quitter le pays. Une décision qui sonne comme un abandon de la Guinée au milieu de tous ses problèmes. France 24, à chaque fois qu’il s’agit de la Guinée, passe en boucle les tueries du 28 septembre. Une insistance qui enfonce les gens dans leur détresse et entretient la peur. RFI répète les réactions et les menaces de sanctions de l’Union européenne. Ce qui n’apaise personne et ne nous aide pas dans nos
efforts de paix et de réconciliation.
Aujourd’hui, il me faut supporter des agressions verbales : « Les étrangers, vous êtes contre nous ! », « Les Français, rentrez chez vous, vous voulez casser tous nos efforts et détruire notre pays ! »
C’est vrai qu’il y a eu des tueries inadmissibles et qu’il faut juger les responsables. C’est sûr qu’il faut réorganiser l’armée et la nettoyer de tous ses éléments troubles. Désorganisée dès l’indépendance par Sékou Touré, elle est dominée par les milices populaires. Les guerres du Liberia et de Sierra Leone ont fait de beaucoup de soldats des drogués, voleurs et violeurs. Le président est le 1er à s’en plaindre. Il vient d’interdire aux militaires de sortir armés la nuit et de répondre aux provocations. Les militaires savent qu’ils ne peuvent plus se permettre n’importe quoi. La population ne l’accepterait plus.
Mais pourquoi cet acharnement contre le pays, sans proposition constructive ! Nous en arrivons à nous demander si cela ne cache pas d’intentions inavouées. Voudrait-on chasser à tout prix le président parce qu’il veut revoir les contrats miniers signés par plusieurs sociétés multinationales au détriment du pays et de la population guinéenne ? Beaucoup se demandent si les grandes déclarations pour les droits de l’homme ne taisent pas de gros intérêts économiques. D’autant plus que les Chinois viennent de signer un énorme contrat avec la Guinée. Et que la Lybie est derrière. C’est vrai que ces
2 nouveaux intervenants ne se préoccupent guère des droits de l’homme !
Internet, téléphone, SMS, tout est bloqué. Ces services sont-ils saturés par trop de sollicitations ? Ou bloqués volontairement par les pouvoirs publics ? Nous avons décidé de soutenir les efforts actuels pour reconstruire le pays. Le président a mis en place une commission nationale indépendante pour juger les auteurs des violences. Il a accepté de collaborer avec une commission internationale. L’envoyé de l’ONU est sur place. On attend le médiateur. Ne pas voir tout ce qui se fait pour rétablir la paix et le dialogue dans le pays n’est pas juste. Un recours à la force ne ferait que déclencher une guerre ethnique aux conséquences irrémédiables. Les gens n’en veulent pas. Ils ont tellement besoin de soutien et de compréhension !

23 octobre. La paroisse Saint-Jacques de Lambanyi a revu son programme d’action Justice et Paix 2009-2010. En septembre, l’insécurité dans le quartier nous avait obligés à contacter les élus et à mettre à contribution police et gendarmerie. En octobre, la fréquence des grossesses non désirées nous a fait contacter les parents et proposer des cours d’éducation sexuelle dans les quartiers. Des cas de discrimination et de racisme dans les quartiers nous ont fait ouvrir en novembre un dialogue entre jeunes de différentes ethnies.
Le travail des enfants nous fera rencontrer les familles en décembre pour les soutenir par de petits projets. Pour janvier 2010, nous envisageons un travail de réconciliation en nous inspirant de l’Évangile et en mettant à contribution les sages. En février 2010, nous sensibiliserons les jeunes prostituées sur les MST et le sida avec visites médicales.
http://armel.duteil.free.fr
armelduteil@yahoo.fr

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En réponse à la multiplication des opérations menées par les groupes islamistes à Rawalpindi et à Lahore (province du Pendjab), les autorités ont édicté une série de mesures visant à assurer la sécurité dans les écoles.
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PAKISTAN :
L’existence des écoles catholiques remise en cause


Qu’elles soient publiques ou privées, toutes les écoles doivent être entourées d’un mur haut de 2 m, de caméras de surveillance, de détecteurs de métaux et de scanners pour contrôler leurs entrées. Un périmètre ceint de fils barbelés doit être érigé autour des établissements et au moins 2 gardes armés postés à leur entrée.
Les responsables des écoles catholiques tirent la sonnette d’alarme : selon eux, ces mesures entraînent des dépenses considérables et vont remettre en cause l’existence même de ces établissements qui ne reçoivent aucune aide publique pour faire face à ces nouvelles charges. Au Pendjab, la plupart des écoles catholiques sont restées fermées durant 2 semaines. Face à la multiplication des actions terroristes attribuées aux talibans, Islamabad a déclenché une vaste offensive militaire au Waziristan. Quelle que soit l’issue des combats, la seule certitude demeure que les écoles dans le nord-ouest du pays sont toujours fermées. Cela concerne 90 écoles catholiques et 17 écoles protestantes.

Saviez-vous que…


Ces six derniers mois il y a dans le monde 2000 morts de la grippe A. Et 500 000 morts du paludisme. Contre lequel il n’y a toujours pas de vaccin !
Professeur Marc Gentilini, spécialiste des maladies tropicales, Jeune Afrique 2540

Sur la planète seul 0,2% de l’eau est potable. 70 % de l’eau potable est utilisée pour l’irrigation en agriculture. Il faut 14 000 litres d’eau pour produire 1 kg de bœuf et 1 500 litres pour produire 1 kg de blé. Plus de 1,1 milliard d’humains n’ont pas accès à l’eau potable.
FAO, novembre 2009



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