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  Dossier     À Ouesso, L’Église humanise la vie de tous 



Que les pauvres se sentent aimés de Dieu


Les Sœurs de la charité de Mère Teresa arrivent à Ouesso en 1998. En 2008, 2 Indiennes, 1 Italienne,
1 Nigériane, 1 Kenyane et 1 Française s’efforcent de montrer concrètement aux pauvres qu’ils sont aimés de Dieu.

Comme le font plus de 4 000 autres dans 130 autres pays.

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Nous avons 3 foyers accueillant 75 parents et enfants démunis. Et une léproserie un peu plus éloignée, avec 8 malades et leur famille, 25 personnes. Il est question de les déplacer pour construire un hôpital là où ils sont. Mais comment vont-ils suivre correctement leur traitement à partir des villages ? Notre dispensaire reçoit aussi des malades de l’extérieur. Sr Christy soigne ainsi les tuberculeux tous les 15 jours. Les gens commencent souvent leur traitement chez eux. Ils viennent le finir ici pour plus de régularité et parce que nos médicaments sont gratuits.
Les mardis, nous sortons dans les villages à plus de 80 km de Ouesso. Plus de 80 personnes viennent soigner palu, amibiases, typhoïdes, rhumatismes articulaires, ou malnutrition. Parmi elles, celles atteintes du sida. Chez certaines, ça se voit ! D’autres pas. Quand ça touche les enfants, c’est grave. Nous n’avons pas les moyens de pratiquer des dépistages. Le bilan coûte cher à l’hôpital de base.
Nous distribuons des rations alimentaires aux plus pauvres. Nous aimerions que des chrétiens participent réellement à ce partage. Nous le leur rappelons régulièrement. Mais la situation économique de la plupart des gens n’est vraiment pas bonne. La vie est de plus en plus chère : le pain, 100 F cfa, le kg de riz, 300, la bière, 800, le poisson congelé arrivant du Cameroun entre 2 500 et 4 000 F. La scolarité d’un enfant en école privée, 5 000 F le mois. Un billet pour un voyage groupé de 200 km en camion, 10 000 F. Quand une cuisinière touche 47 000 F de salaire…
Nous ne vivons nous-mêmes que de dons reçus. Dormir en dortoir n’est pas très exigeant, il y a des choses plus dures. L’équilibre dépend en partie de la communauté. Le jeudi est une journée un peu plus tranquille. Nous assurons aussi la catéchèse les samedi et dimanche à la paroisse cathédrale. Nous discutons toujours de notre travail qui se fait à 2. On en parle aussi pendant les repas. Il faut savoir choisir entre le prioritaire et le secondaire. Au départ, c’est très dur. Puis, on trouve le bonheur.
Pour nous, l’essentiel n’est pas de donner. Visiter malades et personnes âgées est l’une de nos priorités. Tous les jours sauf jeudi et dimanche, 2 d’entre nous visitent les familles. Elles ont souvent besoin d’aide, économique aussi bien que spirituel. Nous allons partout, en suivant un listing où sont consignées situations des gens, dates des visites, problèmes rencontrés. Les gens de toutes religions nous reçoivent bien. Nous aimerions simplement qu’ils deviennent meilleurs dans ce qu’ils sont. On nous appelle souvent après nos visites. Cette vie donnée, en lien avec notre vie de prière, nous rend heureuses. 

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