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  Dossier     À Ouesso, L’Église humanise la vie de tous 



Requiem pour la forêt ?


Au Congo, en 2008, tous les espaces forestiers exploitables sont en chantier.
Qu’en restera-t-il dans 50 ans ? Des traces, peut-être ! Si de bons contrats étaient respectés par tous !
 
 


En 2004, Greenpeace effectue une mission d’observation avec anthropologues et ingénieurs forestiers sur les sites de la Congolaise industrielle des bois (CIB), dans le Nord-Congo. Le rapport signale que la destruction des forêts du fait d’activités industrielles y progresse rapidement.
L’exploitation forestière industrielle reste la principale cause de la destruction de la forêt tropicale africaine. Habituellement, quand un groupe s’intéresse aux appels d’offre du gouvernement, il se met en lien avec le ministère des Eaux et Forêts et s’informe sur les lieux, la superficie et les bases de l’exploitation possible. Il s’engage en même temps à respecter les clauses internationales d’exploitation. Ce que la CIB fait en acceptant le contrat de certification. En réglant les taxes. La commission forestière vérifie ces déclarations d’intentions. Elle retient les dossiers offrant les meilleures garanties : sécurité, hauteur des investissements, pérennité des activités et reboisement. Dans toute taxe forestière, une part est prévue pour le reboisement. Il se fait avec un certain contrôle, mais très lentement, sans grands moyens.
Sur les cartes affichées dans les bureaux de l’exploitation, toute la région est quadrillée, les coupes signalées. Les essences recherchées et comptées portent des noms poétiques : sapelli, acajou, iroko, bosse clair, dibetou, doussie blanc, kossipo, limba blanc, pao rosa, sapelli, sipo, tali
Ce qui leur arrive sous les morsures mortelles des tronçonneuses l’est moins.
La CIB génère des emplois. Les cités installées, d’abord en bois puis maintenant en briques, prouvent à la fois la volonté de durer dans l’exploitation des forestiers et celle du gouvernement d’assurer un minimum de bien-être social aux employés.
Mais il faut bien reconnaître qu’à la place des 1ers chantiers, il n’y a aujourd’hui plus de forêt. Entre les principes de ne couper qu’1 arbre par ha présentant un fût de 17 m3 en moyenne et les sanctions qui tombent sur l’excédent de 1 300 pieds coupés sans autorisation et hors contrat, on « règle les problèmes » avec les agents.
Est-il possible d’exploiter une forêt sans la détruire ? Gouvernement et ONG internationales devraient veiller pour ne pas laisser un désert aux générations à venir.


Un foisonnement d’expressions religieuses

  Plus de 70 85 € de salaire mensuel 
« Je suis mécanicien en 7e catégorie à la CIB de Pokola. On passe cadre en 9e. Je gagne 56 000 F cfa (85 €) par mois. De nombreux autres salaires n’arrivent pas à 50 000 F. J’ai des ulcères aux jambes depuis 1994. Ma femme cultive un jardin. Je lui donne un bon coup de main les samedis et dimanches. Avec nos 6 enfants, on se débrouille. Le moindre morceau de viande coûte de 600 à 700 F. Pas question d’aller chasser : on nous refuse de tuer le moindre gibier.
À 13 000 F le sac de ciment, je ne suis jamais arrivé à me construire une maison. Tant que je travaille, je loge dans une maison de la CIB, avec le courant. L’eau se puise à la fontaine commune. En partant en retraite, il me faudra laisser la maison à d’autres travailleurs. Et partir me réinstaller. Sans aucun crédit.
Je suis chrétien de toujours. Mes parents l’étaient déjà. Je tiens à suivre le chemin sur lequel ils m’ont mis par l’éducation reçue. Arrivé à Pokola, je m’étais un peu relâché. Mais aujourd’hui, je prie régulièrement. Seule ma foi m’aide à tenir le coup. » 

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