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Dossier Congo
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Dossier
À Ouesso, L’Église humanise la vie de tous
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Dynamiser l’annonce de l’Évangile
L’Église a encore une parole d’autorité. Où trouver des acteurs et des moyens pour la rendre plus efficace ? Se demande l’abbé Daniel Nzika, curé à la cathédrale de Ouesso et vicaire général.
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La paroisse que nous animons avec les abbés Alain Kibomba et Moïse Mayindou, mes vicaires, vit malgré la pauvreté des gens. Des mouvements d’apostolat : Groupes charismatiques, Ste-Rita, St-Michel, Fraternité sans frontières, Légion de Marie, les Foyers chrétiens rassemblent les adultes ; Amis de Don Bosco, Bilengé, Jeunesse Lumière, Yamboté, les jeunes. Certains chrétiens partis un temps dans les sectes reviennent.
Nos célébrations sont nombreuses. Mais le prix de la dot à payer et l’emprise de la sécularisation réduisent sérieusement le nombre de mariages religieux. Les jeunes pensent que se marier, c’est se mettre une corde au cou. Seuls les couples vraiment engagés tiennent.
En cette année jubilaire, notre diocèse veut dynamiser son annonce de l’Évangile. Développer l’école pour les jeunes, promouvoir l’accueil des vocations. Il nous faut aussi trouver des moyens pour que les prêtres d’aujourd’hui et de demain puissent vivre. En accord avec le conseil paroissial, ils gardent leurs honoraires de messes et les quêtes dominicales. Le gros problème reste le transport dans une région enclavée aux routes difficiles. Nous arrivons à nous réunir entre prêtres très dispersés 2 fois l’an. Je suis allé célébrer Noël à 160 km en pirogue. Pour mes visites, je me déplace difficilement avec l’aide de tous. Heureusement que d’autres diocèses nous envoient des prêtres Fidei Donum. Mais nous manquons de moyens. Un exemple : à Pokola, à chaque messe se font 2 quêtes : la 1re, habituelle. La seconde pour payer le toit en tôle de l’église. Il reste 4,6 millions de F cfa à rembourser à la CIB (Congolaise industrielle du bois) sur les 15 millions avancés.
L’Église a encore une parole d’autorité. Le pouvoir politique nous voit à la fois comme poil à gratter et comme partenaire. Il y a cependant des mouvements d’opposition quand la commission Justice et Paix de la Conférence épiscopale demande plus de clarté dans la gestion du pétrole. Certains veulent renvoyer les évêques dans leur sacristie.
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Aux côtés des plus vulnérables
 En 1998, François Ngoulou Yakali, ingénieur aux Eaux et Forêts de la Sangha, est conseiller pour les affaires économiques et financières du préfet. Selon la convention qui permet à l’Église de solliciter des fonctionnaires d’État pour soutenir son travail social, Mgr Itoua lui demande d’ouvrir les services de la Caritas à Ouesso. Il raconte.
« J’arrive à la Caritas avec mon salaire de fonctionnaire. Avec 2 autres personnes, nous suivons une 1re session de formation à Brazzaville. Nous en informons ensuite les autres délégués. Notre priorité : la charité envers les plus vulnérables, âgés et malades. Nous mobilisons les gens autour d’eux. Nous cherchons aussi d’autres moyens d’aider, par des projets de développement soutenus de l’extérieur. L’appui n’a pas été suffisant, nos qualités humaines et nos compétences, pas assez performantes. Un pays qui a connu 5 ans de guerre a reculé de 20 ans, dit-on. Encore plus quand c’est un pays pauvre comme le nôtre.
Nous sommes aujourd’hui une poignée de chrétiens à nous retrouver partout. Lors des dernières inondations, nos rapports d’expertise ont orienté l’aide du gouvernement. Aujourd’hui, 10 Caritas de communautés coordonnent leurs actions par la Caritas diocésaine. Nos sessions annuelles réunissent 25 personnes autour de 2 permanents. Nous disposons d’une salle équipée en informatique reliée à un groupe électrogène. Heureux ? Pas tout à fait. Nous devrions aider plus au développement. » | | |