« L’évangélisation de la région de la Sangha a commencé en 1940 autour du P. Émile Verhille, spiritain, devenu évêque de l’ensemble du territoire, d’Owando à Impfondo en passant par la Sangha. La Sangha - Likouala est devenue diocèse en 1983. Fin 2000, la Likouala, séparée de la Sangha, est devenue Préfecture apostolique d’Impfondo. Ouesso est un évêche depuis 25 ans. Mgr Hervé Itoua en a été le 1
er évêque titulaire, de 1983 à 2006.

La Sangha, 56 000 km2 compte 90 000 hab. répartis en plusieurs groupes linguistiques dont les peuples autochtones de la forêt, les Pygmées. Répartis entre les Églises et les nouveaux mouvements religieux (20 %), 1/3 des gens sont chrétiens. 50 % vivent dans leurs religions traditionnelles ou dans une certaine incroyance. Des commerçants d’Afrique de l’Ouest, du Tchad et quelques Congolais forment une petite communauté musulmane.
Les 6 paroisses-centres regroupent des communautés de villages sur le fleuve ou sur les routes forestières et administratives. Ces cités forestières s’appuient sur de grands chantiers forestiers et sont appelées à grandir. Ngombé compte déjà 6 000 hab., Pokola, 15 000. Elles se développent en fonction de plans directeurs envisagés sur 30 ans. Villes très cosmopolites avec des travailleurs venus de toutes les régions du Congo et des zones frontalières : Cameroun, RCA, RDC, Gabon, voire Rwanda et Burundi souvent pour des raisons sociopolitiques. Ce sont des travailleurs jeunes, ayant un métier. On fait aussi appel à des jeunes autochtones dans la recherche du bois comme pisteurs.
Notre Église a besoin de lieux de culte correspondant aux réalités d’aujourd’hui notamment à Pokola, Ngombé et Mboma à la périphérie de Ouesso.

Nous voulons évangéliser par une liturgie de qualité. Évangéliser veut dire proposer le même message de l’Évangile à la diversité de peuples de nos villes forestières, de nos centres régionaux et villages pour leur permettre de mieux vivre ensemble. Il nous faut donc bien former et bien motiver les évangélisateurs : les 15 prêtres, les diacres, les religieuses et tous les laïcs… Le séminaire propédeutique interdiocésain Charles Mahonde à Ouesso va nous aider avec l’appui de St-Pierre Apôtre, d’Aide à l’Église en détresse et de Missio, à tous mieux nous connaître. Il aura un impact sur l’ensemble de la région. Les futurs formateurs sont en route. »
Que sera l’année jubilaire des 25 ans pour notre Église de Ouesso ? Qu’apportera-t-elle à ceux qui nous entourent ?
Dans son exhortation de carême, le P. Monot propose des pistes à l’ensemble des chrétiens et à chacun :
"C'est être créateurs avec Dieu
que de servir avec qualité
l'éducation, la santé, la vie sociale"
« Faire des disciples de tous les peuples de la Sangha, telle est l’exigence intérieure que nous avons souvent souligné dans nos sessions pastorales. Mais regardons plus largement autour de nous ! Ces hommes et ces femmes si nombreux, jeunes et adultes, de Souanke jusqu’à Pikounda et Liouesso, dans les villages du bord des routes et des fleuves comme dans nos villes, qui ne savent pas que Dieu s’est révélé en Jésus, le Christ Sauveur.
Jésus dans les évangiles dénonce les situations qui retiennent les hommes captifs ou qui les oppriment. Lui, la lumière, il montre aux hommes ce qui les aveugle. Et s’il guérit les corps, c’est aussi pour mieux faire comprendre ce qu’il veut réaliser dans les cœurs, au plus profond de chacun.

Une année jubilaire est un temps favorable pour guérir, vivre davantage dans la justice et la vérité, dans l’amour. L’Esprit Saint nous invite à la lucidité pour rechercher, ensemble, en paroisses et communautés, avec les forces vives de la société, ce qui ne va pas dans nos cités et nos villages.
Ne pas pouvoir aller à l’école par manque d’établissements ou d’enseignants, ne pas pouvoir se soigner par manque de structures médicales, d’infirmiers, de médicaments, ou encore ne pas pouvoir bénéficier de ces services pour cause de grande pauvreté, n’est-ce pas, être captifs ? Parents, enseignants, agents de santé, c’est être créateurs avec Dieu que de servir avec qualité l’éducation, la santé, la vie sociale. Notre diocèse aussi s’y engage. Un merci particulier à nos Sœurs, fort actives en ces domaines, dans nos villes comme à l’intérieur.
Ne pas être reconnu dans sa dignité d’homme et de peuple, autochtone ou autre, n’est-ce pas cela l’oppression ? C’est être de Dieu que de lutter pour que chaque personne reçoive considération, puisse s’engager à sa libération et participer aux bienfaits du développement.

Ne voir son pays qu’à travers sa région, son groupe ethnique, sa famille ou ne voir son Église qu’à travers son diocèse, sa paroisse, n’est-ce pas cela l’aveuglement ? C’est être fils et filles de Dieu que d’ouvrir les yeux du cœur et de se reconnaître tous enfants du même Père, de devenir artisans de l’unité et de la paix dans les familles, dans nos activités, pour le pays.
Vivre dans la dépendance de la boisson au point de devenir violent, n’est-ce pas être captif et aussi très souvent oppresseur des siens ? C’est être animé de l’Esprit de Dieu que de maîtriser ses passions pour se respecter soi-mêmev et sa famille et travailler au bien être de la société.
Ne pas reconnaître le mal en soi et autour de soi, baigner dans le mensonge, se laisser aller à la corruption, n’est-ce pas être dans l’aveuglement ? C’est faire le choix de Dieu que de se situer dans la clarté, dans la justice, portant le souci des autres, du département, du pays…
Oui, il nous revient, à nous les disciples de Jésus Sauveur, de montrer qu’il est possible de vivre autrement, dans la lumière et la vérité de Dieu.
Quant à moi, je me perçois comme l’animateur d’une Église qui s’efforce d’améliorer la vie des gens, surtout les plus pauvres, et de préparer l’avenir en éduquant les jeunes et les cadres de la vie de société d’aujourd’hui et de demain. »