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     La réconciliation cicatrise le cœur blessé

 
" Lorsque les éléphants se battent c'est l'herbe qui en subit les conséquences" dit un proverbe swahili
A u lendemain du conflit fratricide au Mozambique, entre 1975 et 1992, les adversaires signent l’accord de paix et déposent les armes. Le pays respire un grand coup. Soulagement ! Les réfugiés rentrent. Mais le constat est alarmant. Voyant le sol truffé de mines, les maisons criblées de balles ou brûlées, l’économie ruinée, les services sociaux à terre, les infrastructures sabotées et toutes les pertes humaines, il y a de quoi désespérer. Les civils perdent tout. « Lorsque les éléphants se battent, c’est l’herbe qui en subit les conséquences », dit un proverbe swahili.
Au milieu de ce chaos sans nom, s’ouvrent des portes pour la reconstruction d’un pays meurtri jusqu’aux os. La guérison sera longue et pénible. La plaie est si profonde qu’il faudra du temps pour qu’elle cicatrise. La peur est toujours présente, l’ambiance pesante, les esprits pleins de rancœur et avides de vengeance. Toutefois, l’absence de pardon rongerait encore davantage ce pays terrassé.

Une lueur d’espoir apparaît alors au bout du tunnel : c’est l’appel à la réconciliation nationale, sachant qu’elle ne sera pas automatique. Le cas de l’Afrique du Sud en est un bon exemple. Les efforts de Mandela, de Desmond Tutu et de la communauté internationale pour rapprocher les Sud-Africains ont porté du fruit. Néanmoins, les signes de l’apartheid, de la ségrégation et de la peur de l’autre, sont loin de disparaître totalement.
Autour de nous, des familles se déchirent, elles aussi, suite aux disputes. Certaines se recomposent après coup. Hélas, elles ne pensent pas toujours aux conséquences que peuvent subir les enfants. Ils sont souvent les premières victimes et ne comprennent pas forcément les choix des parents.
À un autre niveau, nous avons récemment assisté à une décision surprenante de la part de la Russie et de la Chine. Elles ont usé de leur droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU pour freiner les efforts de retour à la paix en Syrie.
Ne peut-on pas parler, dans ce cas, d’égoïsme et de manque de compassion face à la souffrance humaine ? Quel sentiment habite les cœurs des citoyens syriens face à un tel comportement ? Comment encore parler de construire un monde où règne la paix, si certains individus ne regardent que leurs intérêts personnels ?
Avec ces interrogations à l’esprit, nous sommes entrés dans le temps de carême. Un moment opportun pour se tourner vers les autres. L’occasion de vivre la solidarité humaine par le partage de biens et d’amitié. Une période privilégiée où nous pouvons nous convertir, changer de route, nous réconcilier avec nos sœurs et nos frères, régler nos mésententes pour permettre à notre blessure intime de cicatriser enfin. Saurons-nous faire nôtre la résurrection du Christ à Pâques ? Si oui, ce sera notre guérison définitive.

Pentecôte sur le Monde   N 862 ............................................................................... Evarist Shirima  


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