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Sénégal et Mali bradent leurs terres



L’accaparement des terres par les pays riches continue aux dépens des agriculteurs des pays pauvres. Il faut d’urgence régulariser le marché des terres agricoles et canaliser les puissances de l’argent.



L’Arabie Saoudite a établi un vaste programme de production alimentaire à l’étranger. Elle a mis en place une société d’investissement nommée Foras International, avec des capitaux du gouvernement saoudien, de la Banque islamique de développement et d’hommes d’affaires saoudiens. Foras a informé l’Institut international de recherche sur le riz (IRRI) de son acquisition de 500 000 ha de terres agricoles au Sénégal et de 200 000 ha de terres agricoles au Mali pour la production de riz.
L’IRRI a été informé parce que Foras leur a demandé des conseils pour l’exploitation de ces terres maliennes et sénégalaises. Les paysans maliens et sénégalais ont-ils été informés par leur gouvernement ? Personne à l’extérieur ne connaît les termes des contrats. Les petits paysans des régions concernées ne sont même pas sûrs d’avoir une place dans le plan saoudien, intitulé « 7 x 7 », qui, sur une période de 7 ans, prévoit la production annuelle de 7 millions de tonnes de riz sur ces 700 000 ha de terres.
Le Mali a déjà cédé 100 000 ha de terres irrigables de l’Office du Niger à la Libye. Que restera-t-il pour les Maliens dans quelques années ?
Les organisations paysannes maliennes et sénégalaises rendraient un fier service aux autres paysans africains s’ils pouvaient obtenir les termes des contrats et les publier. Ce serait une bonne préparation pour le Congrès du riz en Afrique qui se tiendra à Bamako (Mali), du 22 au 26 mars 2010. Une analyse détaillée de ces contrats permettrait sans doute de dégager des principes. Il faudra pouvoir répondre à la question : Comment faciliter les investissements sans que cela ne s’apparente à une nouvelle colonisation ? Quand on sait que le Sénégal est le 2e plus grand importateur de riz de l’Afrique (après le Nigeria), on peut penser qu’il vaudrait mieux chercher des investisseurs pour produire du riz pour les Sénégalais, puis pour le marché commun de l’Afrique de l’Ouest.
Ces opérations risquent de renforcer la sécurité alimentaire de l’Arabie Saoudite aux dépens de celle des Sénégalais et des Maliens. Alors qu’il y a sûrement plus de Maliens et de Sénégalais qui souffrent de la faim que de Saoudiens !
L’Arabie Saoudite a pris en charge les coûts ($ 2,5 millions) du Sommet mondial sur la sécurité alimentaire tenu au siège de la FAO à Rome du 16 au 18 novembre 2009. Les puissants peuvent dormir tranquilles ! Leur sécurité alimentaire sera garantie !
Les exploitations familiales ont intérêt à renforcer leurs organisations au niveau local, national, régional et mondial, si elles ne veulent pas disparaître au profit de l’agrobusiness ! Les consommateurs aussi s’ils veulent conserver une alimentation variée, saine et adaptée à leur culture.
Maurice Oudet, Président du Sedelan
www.abcburkina.net
24 octobre 2009

Afghanistan. Les coûts de la guerre

Pauvreté, corruption, injustices et souffrances ne font qu’alimenter l’insécurité. Oxfam International publie les résultats d’enquêtes de terrain menées auprès de 704 Afghans à travers le pays.

Pour 70 % des Afghans, pauvreté et chômage sont les principales causes du conflit qui met le pays à genoux depuis 30 ans : 1 Afghan sur 6 pense quitter le pays ; 1 sur 5 a été victime de torture dont 1/3 de femmes ; 3 sur 4 ont été contraints de fuir leur foyer. Seul 1 % affirme avoir reçu des compensations pour les préjudices subis.
« Depuis 30 ans, les Afghans endurent d’énormes souffrances. La société afghane est dévastée. Des millions de personnes ont été tuées et plus encore forcées de fuir. Les responsables des pires abus vivent, eux, en toute impunité. Tous ces dommages sociaux, psychologiques et économiques ne pourront être réparés du jour au lendemain », souligne Oxfam.
3 750 soldats français sont actuellement en Afghanistan au sein de la coalition internationale. De loin la plus grande opération extérieure française en cours.
Un homme originaire de Nangarhar s’explique ainsi : « Quelles sont selon vous les conséquences de 2 millions d’Afghans martyrisés, de la destruction de 70 % du pays et d’une économie en ruine ? La moitié de notre peuple perd la tête. Un homme de 30 ou 40 ans en paraît 70. Nous vivons constamment dans la peur, nous ne sommes nulle part en sécurité. »
« Les populations civiles, ajoute Oxfam, nous adressent un message clair : la résolution à long terme du conflit passe d’abord par la lutte contre pauvreté et corruption. Les Afghans ont besoin de bien plus que de solutions militaires. Beaucoup estiment que l’aide internationale ne parvient pas à ceux qui en ont le plus besoin. La France doit peser encore davantage au sein de l’OTAN, des Nations Unies et de l’Union européenne, pour que ces préoccupations des Afghans deviennent effectivement les priorités de la communauté internationale. »
Magali Rubino
Oxfam France – Agir ici
mrubino@oxfamfrance.org




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