Pentecote sur le Monde : Logo Un autre monde..   

Congo. Les spiritaines face aux défis de la santé


À cause de la guerre civile au Congo, les spiritaines et les habitants de Dolisie avaient quitté la ville en 1997. Sitôt la guerre finie, ils y sont retournés. Une nouvelle équipe de Sœurs y revient en novembre 2004. Très vite, elles se rendent compte que la santé y est bien « malade » ! La population manque de soins adéquats et se réfugie dans les guérisons dites « spiritualisées ». Bien souvent, ces séances conduisent les patients à la mort après qu’ils ont dépensé tout leur argent. Constat alarmant !
 
Situation géographique
La ville de Dolisie est située dans la préfecture du Niari, dans le sud-ouest du Congo Brazzaville. C’est une ville d’environ 100 000 hab. La population vit d’une agriculture de subsistance. Dolisie garde encore des marques de la guerre civile qui a eu lieu il y a 12 ans. Et même si une route goudronnée vient la relier à la ville de Pointe-Noire, il reste encore beaucoup à faire.
Tahiti est l’un des quartiers périphériques de Dolisie où la population s’installe de plus en plus car les loyers, les maisons et les prix des terrains sont moins chers qu’en ville. Situé au pied du Mayombe, forêt et chaîne montagneuse, Tahiti est un quartier d’accès difficile à cause du mauvais état des ruelles. Pendant la saison des pluies, il est presque entièrement coupé du reste de la ville. De plus, il se trouve à environ 10 km de l’hôpital général.
 
Pourquoi s’engager pour la santé des habitants ?
De retour à Dolisie en 2004, les spiritaines se sont rendu compte qu’elles ne pouvaient pas annoncer la Parole de Dieu au milieu d’une population en manque de tout. Elles se sont senties interpellées par la pauvreté du lieu, la difficulté d’accès aux soins, l’éloignement du quartier Tahiti des services sociaux et le manque de formation à la santé primaire. Le besoin d’aider la population à ce niveau devient de plus en plus clair au sein de la communauté des Sœurs. Mais comment répondre à cet appel si aucune d’entre elles n’est formée dans le domaine de la santé ? C’est alors que 3 Sœurs suivent, sur place, une formation d’un an comme « vendeuses de pharmacie », en attendant qu’une Sœur infirmière rejoigne la communauté. La formation et l’arrivée de l’infirmière leur donnent des ailes pour lancer le projet de construction d’un poste de santé.
La ville de Dolisie dispose de 2 hôpitaux : l’hôpital de référence dont les locaux sont délabrés, conséquences de la guerre civile, et l’hôpital général qui vient d’être réhabilité. Ce dernier est un beau bâtiment avec du matériel tout neuf. Une équipe de médecins cubains y travaille. Cependant, pour y avoir accès, les patients doivent payer leurs séjours et les traitements reçus. Pour la majorité de la population, ce service n’est ni accessible, ni abordable. Elle se sent démunie face aux sommes demandées. C’est la raison pour laquelle cette population se tourne vers une médecine « spiritualisée ». À la sortie, ils sont plus malades qu’avant.
 
Réactions des autorités locales et des habitants
Le directeur départemental de la santé à Dolisie a été consulté pour l’ouverture du poste de soins. Le chef du quartier de Tahiti et la population ont été, eux aussi, informés. Tous se sont montrés favorables à cette initiative et ont encouragé les Sœurs à poursuivre le projet.
Un terrain est alors acheté dans le quartier Tahiti et la construction a commencé. Les spiritaines pensent ainsi contribuer à l’accès à une meilleure nutrition des enfants et à la Protection maternelle et infantile (PMI).
 
La mise en route des services
Grâce à ce poste, les Sœurs s’efforceront de réduire le taux de contaminations et de sensibiliser la population à la nécessité de consulter dès les premiers symptômes de la maladie. Elles souhaitent pouvoir proposer des soins moins coûteux. Bref, elles veulent aider la population à prendre en charge sa santé par la prévention et les soins.
Dans ce but, le Centre de santé aura les services suivants : consultation, petite chirurgie (soins de plaies et blessures), analyses (goutte épaisse pour diagnostiquer la malaria, examens de selles), gestion de pharmacies pour les médicaments de 1re nécessité, etc.
Les religieuses veulent aussi donner, à un rythme régulier, une formation sur l’hygiène pour prévenir un certain nombre de maladies courantes dont les populations souffrent fréquemment. Le Centre de santé aura deux volets : l’activité curative qui se fera sur place, et l’activité préventive sous forme de cliniques mobiles à travers quartiers et villages.
Elles souhaitent commencer « petit » pour être sûres de pouvoir avancer. Elles souhaitent aussi que les voisins du Centre et les habitants du lieu mettent la main à la pâte : ce poste leur appartient. Ils doivent se sentir partie prenante.
 
Olga Fonseca
 
 

Témoignage d’un habitant de Dolisie

Hilaire Mavoungou est membre du Conseil des affaires économiques de la paroisse Notre-Dame-de-Fatima à Dolisie. Ce père de famille d’une quarantaine d’années est bien engagé avec son épouse au sein de la communauté chrétienne. Il livre ici son point de vue sur la création d’un Centre de santé dans le quartier Tahiti par les Sœurs spiritaines.
 
La santé vous paraît-elle un domaine urgent à Dolisie ?
Oui ! Le domaine de la santé n’est pas seulement urgent mais nécessaire. Personne ne peut s’en passer. En effet, comme le quartier est très mal desservi, la population se sent un peu à l’écart. De plus, les pouvoirs publics ont installé des Centres de santé, intégrés dans plusieurs quartiers de la ville mais malheureusement Tahiti n’en a pas. Cela pose problème aux habitants qui doivent parcourir de longues distances pour atteindre l’hôpital le plus proche.
 
Que pensez-vous du Centre de santé que les Sœurs spiritaines sont en train de construire ?
Les spiritaines ont bien vu le problème dans lequel se débat la population de Dolisie et leur réaction se justifie pleinement. Nous encourageons cette initiative et nous ferons un effort pour leur apporter notre soutien. L’ouverture de ce poste de santé est saluée par la population et par les pouvoirs publics car ils se savent tous bénéficiaires de soins de proximité de qualité et moins onéreux.

Programme de formation aux missions médicales (Association missionnaire médicale)

 
Faisant appel à des intervenants spécialisés (professeurs en médecine, médecins, pharmaciens, docteurs en biologie, en anthropologie, sages-femmes, démographe, spécialiste des droits de l’homme, infirmier(ière)s, etc.) qui ont, pour la plupart, vécu une expérience dans les pays du Sud, l’AMM organise chaque année plusieurs modules de formation sous forme de cours et/ou de travaux pratiques.
 
Technique de base pour le laboratoire de brousse (module 4)
Du 2janvier au 3février 2012 (tarif: 1 250€)

Promotion du développement sanitaire en milieu tropical (module 1)
Du 20février au 30mars 2012 (tarif: 1 500€)
 
Pathologie et hygiène en milieu tropical (module 2)
Du 14mai au 29juin 2012 (tarif: 1 750€)
 
Pathologie tropicale et santé communautaire (module 3)
Du 24septembre au 14décembre 2012 (tarif: 3 000€)
 
Renseignements:
AMM – 74, rue d’Ypres – 69004 LYON
Tél.: 0478306989 / Fax: 0478397097
contact@ammformation.org / www.ammformation.org

Sommaire           Page précédente           Couverture