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Devenir spiritain
: avoir au cœur la passion du partage
La rencontre personnelle avec le Christ et la passion d’en partager l’expérience nous rapprochent de l’humain. C’est ce qu’a vécu Marc Botzung, spiritain français et ancien missionnaire en Mauritanie. Il est actuellement responsable des jeunes en recherche de vocation spiritaine et coordinateur de la Pastorale spiritaine des jeunes (PSJ) depuis trois ans en France. Il nous dit ce que signifie pour lui, aujourd’hui, « devenir missionnaire et spiritain ».
Pour moi, devenir missionnaire, aujourd’hui comme hier, signifie rencontrer le Christ et avoir au cœur la passion de partager cette expérience de vie avec d’autres. Comme spiritains, notre apostolat dans les situations humaines de pauvreté, en France comme à l’étranger, justifie nos engagements. La tradition d’ouverture vers d’autres pays et d’autres cultures marque notre manière d’être.
Cette ouverture traverse les frontières et se ressent d’ailleurs très tôt. Dès la formation initiale, nos communautés partout dans le monde sont devenues internationales et multiculturelles. Cela exige un apprentissage de nouvelles langues et une préparation à l’inculturation. En fait, c’est toute une aventure humaine et spirituelle qui se met en marche !
Éveiller à la vocation porte du fruit
En septembre 2011, 3 jeunes Français sont entrés en formation au sein de notre Congrégation dans la communauté spiritaine située à Lille. Cela porte à 6 le nombre de personnes formées actuellement en vue de devenir des spiritains pour le compte de la province de France. Ces entrées, qui s’ajoutent à l’engagement par les vœux de Michaël Clausset, sont des signes d’encouragement pour continuer à appeler à la vocation de religieux et missionnaire spiritain.
Rassembler pour accompagner
Mon travail a plusieurs facettes. D’une part, j’ai un rôle de coordinateur pour encourager et faire travailler en réseau l’ensemble des confrères qui rencontrent des jeunes. Ces confrères en première ligne sont nos meilleurs témoins de la viabilité et de l’actualité de notre vocation ! Cette mise en réseau permet aussi un partage d’expériences et stimule une réflexion commune.
D’autre part, mon travail consiste à maintenir en vie les lieux de rencontres entre la Congrégation et les jeunes. Je pense aux « foyers » d’étudiants (Fontenay-aux-Roses, Paris, Bordeaux, Lille) que nous avons ouverts depuis une dizaine d’années. Je n’oublie pas non plus le foyer de lycéens de Valence qui est plus ancien. Je crois aussi en la nécessité de maintenir et de développer des possibilités d’engagements vers l’étranger pour des temps de rencontre de nos communautés par le partage d’activités, de vie commune et de prière.
Deux démarches complémentaires existent : partir pour de courts séjours de quelques mois avec l’association Opération Amos. Ou bien un séjour de 1 à 2 ans avec un statut de Volontaire de solidarité internationale (VSI) – notre partenaire privilégié étant la Délégation catholique pour la coopération (DCC).
Enfin, je participe aux animations d’ouverture à la Mission universelle par des témoignages lors de rassemblements (Frat, pèlerinage missionnaire des enfants à Lisieux, à l’Espace-Mission de Lourdes).
Marc Botzung
J’ai vécu l’expérience de l’amour de Dieu
Né à Verdun en 1977, Michaël Clausset est un jeune spiritain français en formation à Paris. Il a fait sa profession religieuse le 27 août 2011 à Chevilly-Larue (94) pour 3 ans dans la congrégation du Saint-Esprit.
Michaël est issu d’une famille ouvrière modeste du nord meusien qui avait peu d’intérêt pour les questions religieuses. « J’ai passé mon enfance sans connaître Dieu », affirme-t-il. Peu intéressé par l’école, il s’oriente tôt vers une formation professionnelle en boulangerie. « Parti au service militaire en Allemagne, j’ai découvert qu’il y avait d’autres réalités que celles que j’avais fréquentées jusque-là », souligne-t-il.
Cela l’engagera dans d’autres professions (bâtiment, chantiers), en France et à l’étranger. « Un jour, en rendant visite à ma grand-mère et à des anciens, je les ai accompagnés à la chapelle Sainte-Catherine (Verdun) et là, j’ai vécu l’expérience extraordinaire de l’amour de Dieu ! Ce fut un moment merveilleux pour moi », précise-t-il.
Cette expérience mettra Michaël en quête d’un chemin de compagnonnage avec le Christ et de découverte en Église. Sa démarche est résolue : « Si tu mets la main à la charrue, ne te retourne pas en arrière » (Lc 9, 62) ! Il s’initie aux sacrements, puis entre au séminaire (Orléans) et en année de propédeutique (Nancy). « J’ai senti des résistances qui tombaient en moi », avoue-t-il. Il entrevoit peu à peu un intérêt pour la vie missionnaire. Ses formateurs lui proposent d’entrer en contact avec les spiritains. Il passe une semaine dans la communauté spiritaine à Lille. « J’y ai vu une fraternité faite d’un mélange de générations. Il n’y avait pas de barrières entre formateurs et formés, mais un esprit de famille. Je m’y suis senti chez moi tout de suite », affirme-t-il.
Il part ensuite séjourner près d’un an au Sénégal. « Ce séjour n’a pas été comme je l’avais rêvé. J’ai souvent eu besoin de me repositionner. J’ai compris aussi qu’il ne s’agissait pas seulement de se donner à fond, mais de prendre des décisions avec d’autres et d’intégrer un projet communautaire. C’était parfois difficile, mais vu que j’étais soutenu, cela a galvanisé ma foi ! En fait, j’ai vu que je ne pouvais pas annoncer l’Évangile tout seul », ajoute-t-il.
En devenant spiritain, « j’ai appris à me mettre à la suite des fondateurs et à vivre selon leur charisme. J’ai découvert l’identité spiritaine, un héritage à faire fructifier et à transmettre. Notre diversité spiritaine apporte une coloration originale à l’Église universelle. Imprégné de l’amour du Christ, j’aimerais pouvoir l’annoncer pour révéler sa présence auprès de plus pauvres », conclut-il.
Propos recueillis par Marc Botzung
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