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Vivre notre condition chrétienne dans le monde

Malraux a décrit la difficile Condition humaine, heureuse ou tragique Balzac a développé La Comédie humaine et Dante a présenté la Divine Comédie. Il nous faut aussi prendre conscience de la condition chrétienne dans le monde actuel pour y vivre dans la sérénité de notre foi, en sachant combien cette condition peut être éprouvante pour certains d’entre nous.
Les premiers chrétiens ont su noter leur condition particulière dans ce texte anonyme du IIe siècle appelé la Lettre à Diognète. Cette apologie, peut-être rédigée à Alexandrie vers 190-200, est adressée sous forme de lettre à un païen de haut rang nommé Diognète.
« Les chrétiens ne se distinguent des autres hommes ni par le pays, ni par le langage, ni par les coutumes. Car ils n’habitent pas de villes qui leur soient propres, ils n’emploient pas quelque dialecte extraordinaire, leur genre de vie n’a rien de singulier. Leur doctrine n’a pas été découverte par l’imagination ou les rêveries d’esprits inquiets ils ne se font pas, comme tant d’autres, les champions d’une doctrine d’origine humaine…
Ils se conforment aux usages locaux pour les vêtements, la nourriture et le reste de l’existence, tout en manifestant les lois extraordinaires et vraiment paradoxales
de leur manière de vivre.
Ils résident chacun dans sa propre patrie, mais comme des étrangers domiciliés. Ils s’acquittent de tous leurs devoirs de citoyens, et supportent toutes les charges comme des étrangers. Toute terre étrangère leur est une patrie, et toute patrie leur est une terre étrangère. Ils se marient comme tout le monde, ils ont des enfants. […] Ils prennent place à une table commune, mais ce n’est pas une table ordinaire.
Ils sont dans la chair, mais ils ne vivent pas selon la chair. Ils passent leur vie sur la terre, mais ils sont citoyens du ciel. Ils obéissent aux lois établies. […] Ils aiment tout le monde, et tout le monde les persécute. On ne les connaît pas, mais on les condamne. […] Alors qu’ils font le bien, on les punit comme des malfaiteurs.
En un mot, ce que l’âme est dans le corps, les chrétiens le sont dans le monde. L’âme est répandue dans tous les membres du corps comme les chrétiens dans les cités du monde. Le poste que Dieu leur a fixé est si beau qu’il ne leur est pas permis de déserter. »
Nous voudrions, au cours de quelques numéros de la Revue Saint-Joseph d’Allex, réfléchir à notre condition actuelle de chrétiens. Nous le faisons en esprit de missionnaires qui cherchent aussi à proposer l’Évangile dans divers pays du monde.
P. Jean Savoie


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