Saint Joseph, patron de l'Église   
AVEC SAINT JOSEPH


Saint Joseph chez les Pères

Nous commençons ici une série d’articles pour faire connaître les textes les plus autorisés depuis les Évangiles sur saint Joseph. C’est l’authentique mission de saint Joseph dans le mystère du salut, telle qu’elle a été révélée petit à petit depuis l’Annonciation. Nous voulons puiser aux meilleures sources de la pensée chrétienne. Nous avons demandé à un spécialiste des Pères de l’Église, le Fr. Pierre, de l’abbaye de Léoncel dans le Vercors, de faire cette recherche pour les lecteurs de la Revue Saint-Joseph.



Les premiers écrits chrétiens sur saint Joseph peuvent nous surprendre comme les 10 versets du Nouveau Testament à son sujet. Après la résurrection de Jésus, la mission de Marie a été soulignée rapidement pour l’essentiel, et précisée encore au concile Vatican II. La mission de Joseph a été reconnue plus lentement et même parfois avec des expressions fausses qui n’ont pas été retenues par la théologie de l’Église. Nous le voyons en lisant les tâtonnements des premiers écrits au sujet de saint Joseph. Dieu est patient, il savait bien que peu à peu la vérité de la magnifique figure de saint Joseph apparaîtrait dans le mystère du Salut.
Nous remercions vivement le Frère Pierre de nous faire mieux connaître saint Joseph par tous ceux qui l’ont honoré et reconnu dans sa mission. Nous goûterons l’eau vive de cette source capable de répondre aux besoins spirituels et matériels d’aujourd’hui, dans les divers problèmes de la vie, en percevant la richesse spirituelle de ces textes tout autant que leur portée doctrinale.
Dans ce premier article le Fr. Pierre aborde, avec délicatesse, la première question qui a été posée aux auteurs chrétiens sur saint Joseph : le rôle de saint Joseph dans la naissance de Jésus. Nous pouvons rendre grâce à l’Esprit Saint qui inspire son Église pour lui avoir permis de faire un peu la lumière sur un si grand mystère.

P. Jean Savoie


Joseph et le problème de la conception virginale

De Joseph, les Évangiles ne nous disent presque rien. Ils ne nous en rapportent aucune parole. Les quelques faits racontés ne concernent que l’enfance de Jésus et il apparaît toujours en contrepoint de Marie, son épouse.
TITLE=""> Que pouvaient dire les premiers chrétiens à partir d’un matériau aussi maigre ? La vie de Jésus n’était pas encore bien connue, le dogme n’était pas défini et beaucoup se fourvoyaient dans des opinions erronées pour ne pas dire rocambolesques. Comme souvent dans l’histoire de l’Église, ce sont les attaques contre l’Évangile qui ont suscité réaction et réflexion. Ces attaques ont porté essentiellement sur la naissance de Jésus et la virginité de Marie et ce, très rapidement, dès la fin du Ier siècle. Elles proviennent de trois sources :
·        : « la Vierge concevra et enfantera un fils ».
·       
·        e siècle, qui avance que Jésus est le fruit de l’adultère de Marie avec un soldat romain, Panthère.

Qui ne reconnaîtrait que ces objections courent toujours aujourd’hui ? Elles reviennent régulièrement sous couvert de « secret dévoilé » alors qu’elles sont vieilles comme Hérode, c’est le cas de le dire ! Si plus personne n’ose parler de l’adultère de Marie avec un soldat romain, le Da Vinci Code n’hésite pas à parler de celui de Jésus et de Marie Madeleine, ce qui est encore pire !
Découvrir que ces pseudo-objections sont très anciennes et que les premiers chrétiens y ont répondu dès le début avec sagesse et sagacité est sain et salutaire pour notre foi aujourd’hui et nous redonnera confiance dans ce modèle de vie chrétienne qu’est saint Joseph. Pour cela, il nous faut recourir aux vraies sources : l’Écriture et nos Pères dans la foi.
À travers la présentation de quelques textes des Pères de l’Église nous allons voir se dégager la personnalité de saint Joseph. Au début, celui-ci reste entièrement dans l’ombre de Jésus et de Marie. Puis, peu à peu, les Pères prennent conscience de l’importance spirituelle de saint Joseph.
Nous nous attacherons à présenter l’évolution de la réflexion des premiers chrétiens en citant largement les textes qui pourront aussi nourrir notre prière en comprenant mieux qui est saint Joseph et comment nous pouvons nous mettre avec confiance, avec le Père de Foucauld, à l’école de la Sainte Famille.

Les trois genres d’attaques citées plus haut vont donner lieu à des réponses spécifiques :
  • vis-à-vis des juifs, ce sera saint Justin·
  • vis-à-vis des gnostiques , ce sera saint Irénée de Lyon
  • vis-à-vis des païens ce sera Origène
·;

À la nécessité de la réfutation, se mêle un besoin de combler les trous de la vie de Jésus, de Marie et des apôtres, d’inventer ce que les écrits canoniques ne disent pas. Cela donne naissance à une vaste littérature : les écrits apocryphes chrétiens qu’il conviendrait mieux d’appeler les romans chrétiens. Ce sont des écrits populaires, édifiants, souvent remplis de merveilleux. L’un d’eux aura une influence considérable puisqu’il va inspirer la plupart des Pères et des artistes qui représentent les scènes de la vie de Marie et de Joseph. C’est de cet écrit « La Nativité de Marie », appelé aussi « Protévangile de Jacques » que sont issues certaines fêtes liturgiques : la Nativité de Marie, la Présentation de Marie au Temple, la fête d’Anne et de Joachim.
Dans tous ces écrits, Pères de l’Église et romans chrétiens, Joseph est invoqué pour défendre et illustrer la conception virginale de Jésus.
L’incarnation – Jésus vraiment homme et vraiment Dieu – trouble les esprits. On le préférerait seulement homme (on dira qu’il est le fils naturel de Joseph et de Marie et qu’il a été « adopté » par Dieu) ou seulement Dieu (son corps n’est qu’une apparence parce qu’il est impossible que Dieu souffre et meure). Les Pères trouvent en Joseph le témoin de la vérité de l’incarnation. Mais en insistant sur le fait que Joseph n’a eu aucune part à la conception de Jésus, ils le repoussent aussitôt dans l’ombre d’où ils l’avaient tiré. Il faudra attendre longtemps pour que se fasse jour une réflexion sur sa part active dans le mystère du Salut.
Fr. Pierre,
abbaye de Léoncel



Prière de Jean-Paul II
à saint Joseph, patron de l’Église de notre temps




Saint Joseph, patron de l’Église de notre temps,
l’Église a toujours recouru à toi dans les difficultés,
couvre-la maintenant de ton céleste patronage ;
Tu fus le défenseur légitime de la maison divine,
défends aujourd’hui l’Église de Jésus-Christ.
Soutiens-la dans ses efforts redoublés d’évangélisation du monde
et de nouvelle évangélisation des pays et des nations…
Ton exécution fidèle des commandements de Dieu,
ton écoute religieuse de la Parole
nous apprennent la disponibilité absolue
à servir fidèlement la volonté salvifique de Dieu révélée en Jésus.
En toi les vertus évangéliques véritables resplendissent.
Saint Joseph, modèle d’obéissance incarnée
proposé à toute la communauté humaine,
accorde à chacun une collaboration fidèle à l’œuvre du Salut,
un cœur sans partage, la justice et la sainteté.
Par l’affection qui t’unit à la Vierge Immaculée, Mère de Dieu.
nous implorons ta protection sur tous,
époux, parents, travailleurs, apôtres et contemplatifs.
Homme juste qui portais en toi le patrimoine de l’ancienne alliance,
tu as été introduit dans le commencement
de l’Alliance nouvelle et éternelle en Jésus-Christ.
Indique-nous les chemins de cette alliance salvifique,
obtiens à l’Église et au monde, comme à chacun de nous,
la bénédiction du Père et du Fils et du Saint-Esprit ! Amen !

(cf. Site www.josephbonespoir.org)


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