Le dossier du présent numéro, intitulé
« Formation interculturelle », propose au lecteur la version française
des communications les plus importantes faites au séminaire résidentiel du Sedos
(
Servizio di
documentazione e
studi) qui a eu lieu à
Ariccia (Italie) du 25 au 28 avril 2007
[1]. Le Sedos est un « Centre de
documentation et de recherche » de plus de cent Instituts de vie consacrée
et Sociétés de vie apostolique engagés à divers degrés dans la mission. Les 140
participants au séminaire, originaires de tous les continents, assument des
responsabilités importantes dans leurs Instituts ou Sociétés (Supérieur général,
Conseiller général, Secrétaire à la formation, etc.). On trouvera difficilement
une assemblée plus « représentative » de l’ensemble des missionnaires
catholiques. Les séminaires de Sedos sont traditionnellement de véritables
chantiers caractérisés par une grande ouverture, un esprit d’innovation et une
atmosphère bon enfant frisant le chaos. L’objectif principal est de faciliter
des échanges d’idées et d’expériences entre les participants.
De concert avec la direction du Sedos et les
auteurs, nous avons abrégé deux articles (Burrows et Ezeani) et modifié les
titres et intertitres. Au cours du séminaire, plusieurs participants ont fait
remarquer que les jeunes en formation n’ont pas eu la possibilité de s’exprimer.
Pour remédier à cette lacune, nous avons invité un CICM philippin, arrivé au
terme de sa formation première, à parler de son expérience (Mallare)
(2)<..Les interventions du facilitateur, les
réponses aux communications et les compte rendu des travaux en petits groupes ne
figurent pas dans notre dossier. D’abord, à cause d’un manque d’espace, mais
aussi parce que ces interventions étaient moins centrées sur le contenu que sur
l’interaction d’ailleurs excellente. Mais il est impossible de rendre une telle
atmosphère dans un document écrit.
Les participants ont souligné que leurs communautés
doivent faire face aux mêmes difficultés que d’autres groupes
multiculturels : l’ethnocentrisme, les préjugés, les structures de pouvoir,
le phénomène des groupes dominants, des visions du monde (philosophie, religion,
famille, argent, mort, deuil, humour, façons de communiquer) très différentes.
Tout comme la société, elles se sentent mal équipées pour faire face au défi de
la multiculturalité. Les participants étaient cependant convaincus que leurs
Instituts et Sociétés disposent de quelques atouts qui peuvent les aider à
considérer la présence de l’autre comme un don de Dieu et à promouvoir
l’interaction culturelle : le charisme fondateur qui unit les membres, les
multiples rencontres, les valeurs de l’humilité et du pardon, le développement
de la capacité de s’émerveiller, la formation centrée sur la personne, la prière
et le travail en communauté, etc. Quelques éléments sont indispensables, même
s’ils peuvent revêtir plusieurs formes : l’ouverture à l’autre, la
confiance réciproque, la relation personnelle avec le Christ, la spiritualité de
l’Institut ou de
la Société , le discernement en commun de ce qui constitue le
noyau de la vie religieuse et/ou apostolique, la lecture priante des Écritures,
etc.
À l’instar du séminaire, le présent dossier peut
être caractérisé comme un chantier. Le lecteur y trouvera des matériaux précieux
qu’il faudra encore assembler. Chacun est invité à se mettre au travail.
Parfois, il sera même nécessaire de déconstruire ce qu’on a déjà assemblé. C’est
peut-être le message le plus important de ce séminaire : ne pas se laisser
décourager par les échecs inévitables, mais cultiver la capacité d’apprendre de
ses échecs pour aller de l’avant, fût-ce à tâtons.
Finalement, je tiens à remercier vivement le P.
Carlos Rodríguez Linera, directeur exécutif du Sedos, et son équipe pour leur
aimable coopération dans la réalisation de ce dossier en langue française.
[1] Tous les documents ont été
publiés dans la langue originelle (anglais, espagnol, italien et français) dans
Sedos Bulletin, 39(2007)5-6, p.
97-184. Le lecteur trouvera une présentation succincte du séminaire dans
Histoire & missions chrétiennes, n°3,
2007, p. 177-181.