Renouvellement spirituel de la congrégation



La transmission du charisme spiritain

Kofi Laast

Introduction
Je voudrais illustrer mon propos par quelques petits exemples. J'ai eu ce privilège de pouvoir entendre environ 200 confrères en formation qui me parlaient de leur parcours de vie. Ces exemples sont destinés à nous fournir une clef et nous amener à partager sur le pourquoi et le comment de l'importance de ce sujet pour nous aujourd'hui.
· Déclaration n° 1 : "Bien qu'en fin de formation initiale, je me demande encore ce qu'est exactement notre charisme."
· Déclaration n° 2 : "Je suis entré chez les spiritains parce que ce sont des gens très respectés, populaires et qui ont une renommée. Pas nécessairement pour devenir missionnaire."
· Déclaration N°3 : "A la base, les congrégations religieuses sont en gros les mêmes, excepté peut-être en termes d'apostolat ; par chance, il se trouve que je suis spiritain."

Au-delà du fait que ces déclarations sont révélatrices de motifs variés et d'une certaine confusion dans l'esprit de ces jeunes confrères quant à leur vocation dans la congrégation, on peut tout de même reconnaître des éléments de transparence et d'honnêteté qui sont frappants dans ces déclarations. Voilà pourquoi il nous faut mettre beaucoup d'ardeur à éduquer les jeunes pour qu'ils reconnaissent les spiritualités de la Congrégation et son charisme propre. C'est déjà un sacré défi pour ceux qui sont engagés dans un ministère de formation, car il faut, non seulement se concentrer sur les niveaux intellectuel, spirituel, émotionnel, physique et humain, mais aussi aider à ce qu'une vie religieuse se développe, qui soit dynamique et vivante, capable de témoigner, afin que nous devenions demain agents de changement pour ce monde.
Je vais développer ma réflexion de la manière suivante :
  • 1. Simple réflexion sur le charisme en général et sur le charisme spiritain.
  • 2. Mon expérience personnelle dans la communauté du SIST.
  • 3. Modes de transmission du charisme spiritain.
  • 4. Brève conclusion.

Le charisme spiritain. De quoi s'agit-il ?
Le terme "charisme" a, dans l'Eglise, une longue histoire que nous n'allons pas aborder ici. En général, un charisme est donné par le Saint-Esprit pour le bien commun et, par conséquent, exige que le récipiendaire en use avec droiture. Il s'agit d'une façon spécifique de rendre l'Evangile de Jésus-Christ présent dans l'Eglise dans des situations historiques bien déterminées. Le charisme est souvent perçu comme "Impulsion" ou "Idée maîtresse" (centre) autour de laquelle une communauté grandit et à laquelle réagissent ses membres. En d'autres termes, la compréhension et la découverte d'un charisme authentique est pour l'individu source de son identité même. Comme Amedeo Cencini ne manque jamais de le souligner : "Tout charisme est donné à l'Eglise en réponse à un besoin de la communauté humaine." L’interprétation de ce qu'est un charisme particulier va déterminer sa fécondité et sa pertinence dans l'Eglise.
Après Vatican II, il est devenu urgent pour les instituts de vie consacrée de revenir à leur charisme original ou de le redécouvrir. Les experts nous disent qu'à une certaine époque dans l'histoire de nombreuses congrégations, leur charisme fondamental a couru le risque de s'éteindre ou bien de "se retrouver progressivement ignoré, presque déraciné ou substitué par d'autres éléments premiers". Chaque groupe religieux a ressenti le besoin de redécouvrir l'élément spécifique, le don de l'Esprit qui a été à son origine mais qui n'a pas été proprement articulé par les instituts concernés. Le charisme spiritain ne fait pas exception à tous ces principes généraux qui s'appliquent au charisme.
Lorsque nous parlons de charisme spiritain, nous ne faisons que mettre l'accent sur les trésors et l'héritage reçu de nos fondateurs - Claude Poullart des Places et François Marie Paul Libermann -. Ces hommes-là, comme d'autres fondateurs de congrégations, ont reçu des dons particuliers de l'Esprit pour la vie et la Mission de l'Eglise. Ces dons sont les trésors persistants qui ont façonné et refaçonné l'identité de la Congrégation le long des corridors de l'Histoire. Le "Guide de la Règle de Vie spiritaine" a reconnu ces dons et a affirmé que nous avons un "double charisme". Ces trésors, ou "charisme double", sont résumés ainsi dans N.D. XIII. 170 : "L'évangélisation des plus pauvres, voilà notre but général. Cependant, les missions sont les objets principaux de notre travail et, dans la Mission, nous avons choisi les âmes les plus misérables et les plus abandonnées."
L'attention aux plus pauvres et aux plus abandonnés est ce que Poullart et Libermann ont le plus à cœur. Le Guide témoigne de ce que l'"évangélisation" et "les Pauvres" sont les éléments que nous recherchons pour le discernement de nos engagements spiritains dans le monde contemporain. En répondant à des questions comme "Qu'est-ce que le travail spiritain?" - "Comment un travail peut-il être qualifié de "spiritain"?" - "Qu'est-ce que cela signifie que de dire que nous sommes les avocats des pauvres?" -, nous devons chercher à savoir si le travail a pour but d'évangéliser, et si les bénéficiaires de ce travail sont les pauvres. Il me semble que nous n'avons pas toujours été attentifs à ces critères de discernement, entre autres en ce qui concerne nos engagements. Notre type d'interprétation ad-hoc, ayant pour but de favoriser telle demande ou de donner sens à tel engagement particulier, soulève de nombreuses questions, même si celles-ci ne sont pas traduites en paroles, et ce sont surtout des jeunes dans nos maisons de formation qui les posent. Cela entraîne des effets évidents sur notre mode de transmission du charisme spiritain.
La "vie apostolique" est au cœur du charisme spiritain. Elle a 2 aspects : la "disponibilité envers le Seigneur" et la "disponibilité à l'humanité". La disponibilité envers le Seigneur exige que nous nous placions, que nous nous disposions devant Dieu. Notre Vénérable Père a construit sa vie entière autour de ce principe. Il ne s'est établi nulle part de façon permanente, mais il a toujours recherché le chemin que Dieu voulait qu'il suive. La "disponibilité envers le Seigneur" est tout entière dans les paroles du prophète Isaïe : "Me voici, Seigneur !". Elle reste incomplète à moins de se marier à la "disponibilité à l'humanité". Cette dernière, la disponibilité à l'humanité, tient dans le "Envoie-moi !" qui suit. Et c'est cela la disponibilité évangélique : "Me voici, Seigneur, fais de moi ton envoyé !", plutôt que : "Voici, Seigneur, quel est mon désir : que tu m'envoies !". Et cela crée une réaction en chaîne sur notre désir de nous rendre en Mission. Pourquoi certains jeunes spiritains refusent-ils d'aller en Mission ? Pourquoi des confrères plus âgés sont-ils soupçonneux et lents à accepter et à comprendre les jeunes dans nombre de nos communautés ? Nos maisons de formation remplissent-elles leur rôle en voulant répondre aux besoins de la Congrégation comme elles l'ont fait par le passé ?
Nous vivons à l'époque de l'interdépendance. Nous reconnaissons que malgré nos talents individuels, nous sommes encore cruellement inadéquats quand nous sommes laissés à nous-mêmes. Nous avons besoin des autres pour notre complétude et pour notre efficacité. C'est le « plus » qui signale nos efforts pour vivre en communauté. L'internationalité est une des réponses à notre appel à vivre en communauté. Comme nous le savons de la mémoire du passé : "La Congrégation a toujours eu un caractère international (C.G. 1980. 20). Nous devons aussi reconnaître que l'accent mis sur l'internationalité dans notre Congrégation a été générateur de sentiments mélangés chez certains confrères. Une fois que tout a été dit et expérimenté, on peut dire que l'internationalité est devenue un fait incontournable ; nous devons y tendre et reconnaître ses exigences et les défis qu'elle pose. Mais la question qui demeure est de savoir comment nous préparons nos jeunes confrères à vivre en communautés internationales.

Expérience personnelle
En 1996, j’ai été nommé directeur de formation de nos communautés de formation du SIST. Je suis arrivé dans un système dans lequel plusieurs conceptions du formateur cohabitaient. Le formateur était un homme de discipline, un policier, un baby-sitter, etc. Ma 1re tâche a été de décoder petit à petit la ‘psyché’ de mes jeunes confrères pour les amener à avoir une conception du formateur plus acceptable ; celle du formateur qui est plutôt quelqu'un qui accompagne au long du processus de formation. Son rôle primordial est de les confirmer et de les encourager dans leurs talents propres et aussi de leur lancer des défis pour qu'ils grandissent, de rester en rapport avec eux, de les initier aux traditions et au charisme de la Congrégation. La tâche d'accompagnement et de discernement sont des facteurs-clefs dans le ministère de la formation. Dans la communauté du SIST, nous accompagnons environ 75 candidats d'un âge moyen de 30 ans. Bon nombre ont déjà fait leurs vœux depuis plus de quatre ans. Quelques-uns ont fait leurs vœux perpétuels tandis qu'un petit nombre sont diacres et se préparent à être ordonnés prêtres.
Ces candidats sont d'âges différents, d'origines familiales différentes et de cultures différentes. Ils viennent de plusieurs nations différentes, 7 et plus, et vivent avec un staff spiritain à résidence qui compte entre 8 et 10 confrères. Voilà les variables dans lesquelles nous devons opérer. A ce stade final de leur formation initiale, bon nombre de ces étudiants-confrères ont déjà bâti leur personnalité, leur façon d'être bien protégé, et ils ne laissent filtrer que l'information qu'ils jugent sans danger pour eux-mêmes et utile pour leur formateur. Ils vous en disent long sur leur glorieux passé. Les autres détails, à vous de les découvrir...
Mes sept années dans le SIST / SIFCA m'ont introduit à une nouvelle conscience de l'énorme impact des histoires personnelles des candidats sur leur formation religieuse. Tandis que nos histoires personnelles ont de l'influence sur nous, j'ai aussi découvert et continue de découvrir que l'influence va au-delà de ce que nous pouvons imaginer. En détectant un fil d'Ariane, un pattern, dans la vie d'un candidat, vous avez une base sur laquelle vous, le formateur, vous pouvez commencer à accompagner le chemin de foi du candidat. Chaque histoire individuelle est sacrée, personnelle, chérie de la personne et pleine de perspectives à explorer pour le bien du candidat. Celles-ci sont orientées à partir de la promotion et de l'intégration de la dimension de vie personnelle vers la vie en communauté de la Congrégation. La vie communautaire met l'accent sur la liberté de l'individu en vue d'intérioriser les valeurs de la Bonne Nouvelle, de la vie et de la Mission de la Congrégation. L'histoire personnelle unique du candidat est rehaussée par la confiance mutuelle, le respect et l'acceptation de la communauté de formation. L'accompagnement de l'un par l'autre sur la base d'entrevues régulières fait la grandeur du ministère du formateur. Il s'agit de l'élément-clef du processus de formation, le principal véhicule au moyen duquel un candidat est aidé à travers un processus progressif d'évaluation, de discernement, d'intériorisation, d'intégration et de croissance. Ce que nous essayons de faire à travers ce processus, c'est de conduire le candidat à reconnaître ses motivations contradictoires et de le mener à discerner la volonté de Dieu.
Mon expérience dans tout ça, c'est que certains candidats trouvent difficile de parler d'eux-mêmes et on peut avoir l'impression qu'ils cachent quelque chose; qu’ils ont peur de se révéler à eux-mêmes ! Faire en sorte que les candidats s'impliquent dans le processus de discernement n'a pas été chose facile, parce que cela implique du temps, de l'énergie, de la souffrance, de la patience et du courage. Ils se sentent menacés par le processus et s'en approchent avec crainte en restant sur leur garde : leur vocation ne devrait pas être quelque chose que l'on remet en question. En général, les confrères-étudiants veulent bien croître et se développer, mais ils ne veulent pas être dérangés. Il y a un besoin très fort de survivre au-delà des défis posés par le système. En chacun de nous, il y a quelque chose qui combat contre les changements qui défient le statu quo. Nous préférons nous installer dans un environnement plus facile et qui pose moins de défis.

Transmettre le charisme spiritain
Il est important de réfléchir sur l'impact de la communauté sur le processus de formation. Il nous faut reconnaître que la communauté est le lieu par excellence où le charisme spiritain se transmet. La communauté détient le pouvoir de former. Les candidats peuvent par conséquent se conformer ou être transformés par la communauté. Voilà pourquoi nous devons prêter une réelle attention à l'ethos prévalent de nos communautés de formation. Nos communautés sont des centres d'activité visible qui mettent en valeur ou détruisent notre charisme. Quand des membres de la communauté, surtout des confrères plus âgés, refusent les exigences de la communauté, de mauvais exemples sont transmis qui malheureusement affectent le reste des confrères. Nous essayons de faire de notre communauté de formation un endroit où chacun a sa place, un lieu où les gens soient enracinés et trouvent leur propre identité. Des efforts ont été effectués pour construire une communauté de confiance mutuelle et d'acceptation malgré nos limites, nos craintes et nos situations financières serrées. Des groupes de fraternité, des services communautaires et des groupes de liturgie sont quelques-unes des réponses aux besoins de la communauté, étant donné sa taille. Par exemple, l'introduction de petits groupes de fraternité ont rapproché des confrères de chacun de ces groupes, à travers des réunions régulières et des célébrations qui développaient l'intérêt de mieux se connaître et l'occasion pour les confrères seniors qui y résident de cheminer avec les plus jeunes afin de découvrir les richesses et trésors de notre héritage commun.
Ces dernières années, des ressources financières limitées ont été un des grands soucis de notre communauté de formation du SIST. Nous avons dû fonctionner avec un budget très serré et avons toujours commencé l'année académique avec un déficit. Et donc, pourvoir aux nécessités basiques de confrères pose un sérieux problème. De grandioses décisions pour de grandes réalisations sont le plus souvent mises entre parenthèses. Des confrères commencent à accumuler les reproches et deviennent critiques au lieu d'avoir des initiatives par rapport aux exigences et aux exercices de la communauté. Quand l'environnement physique et social devient tendu à cause du manque du nécessaire pour vivre, les confrères ne répondent pas avec empressement au processus de formation. Sans faire état de ce qui est évident, l'ambiance autour de nous induit une certaine forme de formation pour nous-mêmes. Cela arrive avant même que nous n'en prenions conscience. Considérez ceci : le SIST refuse plus de 50% de nos candidats à des 1res affectations dans la Congrégation chaque année. Par conséquent, nous avons ici affaire à quelque chose qui va avoir de graves conséquences pour la vie de la Congrégation dans un avenir très proche.
Autre facteur perceptible : la culture cléricale dominante qui n'a que très peu, sinon rien, à voir avec la vie religieuse. Être dans la formation signifie devenir prêtre. La vie religieuse n'est pratiquement pas prise en compte dans l'esprit de nos candidats. La faute à qui ? Cette façon de voir les choses s'est développée sur la base d'une manière de vivre que beaucoup d'entre nous, déjà ordonnés et dans le ministère, avons affichée. Les jeunes candidats ne font que reproduire ce qu'ils ont vu et entendu. Je pense très fortement que nous aurions besoin de porter un regard critique sur la dimension missionnaire de notre formation. La prêtrise amène pouvoir et autorité, comme le montrent nombre de nos confrères seniors, et cela devient un modèle pour nos jeunes confrères. Traditionnellement, la plupart d'entre nous se sont situés à partir de la prêtrise. Et c'est pourquoi la vie religieuse signifie pour nous peu de choses. Cela devient une dévotion "privée". Notre Règle de Vie nous dit que nous "répondons à cet appel dans un institut religieux missionnaire." (RVS. 2) Nous n'avons d'autre choix pour développer une identité forte que celui de religieux.
Les candidats veulent voir des formateurs qui fassent montre de consistance dans leurs directions, décisions et conduite. Quand c'est le cas, ils deviennent facilement inspirateurs et motivent les candidats et par là deviennent des modèles. La Congrégation a besoin de davantage de formateurs qui distribuent les trésors de notre Congrégation jusque dans leur manière de vivre. L'impact résultant d'un tel comportement reste gravé pour toujours dans l'esprit du candidat. C'est la raison pour laquelle certains d'entre nous parlons encore de tel ou tel vieux missionnaire qui nous a impressionnés à vie.
J'ai aussi pu me rendre compte du manque de programme systématique pour aider ou améliorer la formation spiritaine qu’apportent les formateurs.. Dans la pratique actuelle, les candidats n'ont pratiquement plus rien sur la Congrégation elle-même après leur noviciat. Il s'agit-là d'une énorme lacune dans le processus de formation de nos candidats qui s'apprêtent à devenir des spiritains religieux missionnaires. Si nous avons la chance de tomber sur des formateurs intéressés par la spécificité spiritaine, il s'agit la plupart du temps de personnes qui vont pondre des "conférences spirituelles" couvrant les écrits de Libermann et de des Places, l'Histoire de la Congrégation, les documents de la Congrégation, etc. Mais il serait également important de pouvoir écouter des choses sur la vie, les expériences et la foi de nos fondateurs et d'autres spiritains qui nous ont précédés. Un programme de cette importance-là, et aussi nécessaire, est laissé au choix et aux possibilités des formateurs. Mes recherches personnelles m'ont bien montré qu'en ce domaine, il ne se passe pas grand chose. Avec comme résultat : les confrères-étudiants ne reçoivent presque rien en matière de formation spécifiquement spiritaine. Ceci implique que, du point de vue de la formation, nous formons de très bons religieux missionnaires, mais ils ne sont en rien équipés d'une spiritualité qui soit spécifiquement nôtre. Elle peut être tout, mais en tout cas pas spiritaine. C'est la raison pour laquelle je considère les efforts des supérieurs majeurs et des formateurs panafricains pour former un groupe de travail chargé de documenter un programme de spiritualité spiritaine, qui soit utilisé à tous les niveaux de la formation dans nos maisons de formation, comme extrêmement opportun, urgent et digne de louanges. Le fait qu'un grand nombre de nos étudiants soit sur les bancs d'universités et de consortiums est un autre argument pour étayer le besoin d'un tel programme. Je pense qu'un tel programme va nous aider à transmettre systématiquement les valeurs et les trésors propres à la Congrégation.

Conclusion
La construction de la communauté avec de jeunes religieux en formation est à la fois une grâce et un devoir. Rendons grâce à Dieu pour les nombreuses vocations à la vie religieuse qu'Il suscite ! En même temps, il s'agit d'un devoir qui nous incombe à tous, formateurs, en tant qu'animateurs de communautés, et confrères-étudiants, parce que chacun dans la communauté religieuse fait partie du processus de formation et chacun participe aux solutions des problèmes qui surgissent en son sein.

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