Introduction
Un mot de remerciement au Conseil Général qui m’a
demandé cette petite contribution concernant la vie communautaire
internationale, devenue aujourd’hui une réalité dans la vie religieuse que
nous vivons. Notre monde d’aujourd’hui est décrit comme un petit village,
au fur et à mesure que le développement de la technologie de l’information
continue de créer un environnement de communication et d’interaction de plus
en plus rapide d’une partie du globe à l’autre. Quand certains pourraient
se méprendre sur ces développements en pensant que le monde est homogène, de
nombreuses influences culturelles et artistiques traversent ces frontières
traditionnelles qui avaient été créées pour renforcer l’autonomie et
préserver les identités. L’Eglise catholique a également expérimenté une
plus grande ouverture culturelle quand les nouveaux convertis ont apporté avec
eux leurs spécificités culturelles en même temps qu’ils étaient
influencés par l’héritage catholique.
La 11° constitution du Vatican sur « L’Eglise dans un
Monde Moderne » exprime clairement l’interpénétration de notre monde dans
de nombreuses expressions : « Les circonstances de la vie de tous les jours ont
subi de si profonds changements au niveau social et culturel qu’il est
possible de parler d’un nouvel âge de l’histoire humaine » (L’Eglise
dans le Monde moderne, N° 54). Ce nouvel âge de notre histoire humaine est
évident dans les différentes formes de ministères que nous vivons ensemble,
qui n’impliquent pas seulement des membres d’instituts religieux ou
séculiers, mais aussi des hommes et des femmes de bonne volonté qui sont
déterminés à vivre la mission évangélique : « Allez par le monde entier,
et proclamez la bonne nouvelle ». Un autre aspect de ce nouvel âge de notre
histoire humaine est la collaboration qui existe actuellement entre les nations
tant dans l’hémisphère Nord que dans l’hémisphère Sud. La formation de l’Union
Européenne et récemment celle de l’Union Africaine sont une tentative pour
solidifier les bases économiques des pays concernés en leur donnant des
objectifs communs sur les questions qui affectent la vie économique, sociale ou
politique de leurs concitoyens. Les nations forment continuellement des
alliances pour raffermir leur existence commune et pour renforcer le besoin d’unité
dans un monde malade par les divisions raciales, ethniques, religieuses, etc.…
Cependant, ces rapports dans un monde globalisé apparaissent comme une menace
pour les particularismes culturels, conduisant à la peur de la domination.
Faisant partie du monde chrétien, nous ne pouvons vivre isolés car nous sommes
constamment affectés par les réalités sociales et politiques d’aujourd’hui
et comme le souligne le Directoire Administratif de la Congrégation : « La vie
communautaire internationale nous aide à être plus sensibles aux cultures des
gens chez qui nous travaillons » (Directoire Administratif, Nº 11).
Ce document, basé sur mon expérience personnelle de vie en
communauté internationale au sein de la congrégation, sera divisé en trois
parties. La première partie traitera du contexte dans lequel j’ai
expérimenté la vie communautaire internationale – en Afrique du Sud –,
décrite comme une « Nation – Arc en Ciel ». La seconde partie évoquera des
joies vécues dans ce contexte international, tandis que la troisième partie
abordera quelques-uns des défis qui sont évidents dans une vie
interculturelle. Je voudrais souligner que ce qui est écrit ici est ma propre
expérience personnelle qui peut s’appliquer ou non de la même manière aux
autres confrères, de même que notre caractère unique exerce un certain poids
sur nos vies de communauté.
L’AFRIQUE DU SUD, UNE « NATION –ARC-EN-CIEL » :
Je suis arrivé en Afrique du Sud quelques mois après les
premières élections démocratiques qui ont vu une participation de tous les
citoyens, contrairement aux pratiques de l’apartheid des décennies
précédentes. Les joies de la liberté, gagnée dans beaucoup de sang versé et
de nombreuses négociations, pouvaient se voir sur tous les visages, même si
quelques-uns uns préféraient encore la vie dans l’ancien système de l’apartheid.
Bien que des réminiscences structurelles de l’apartheid soient toujours
visibles dans de nombreuses villes du pays, les barrières créées sous des
prétextes racistes sont peu à peu abattues. Les gens, Blancs, Métis, Indiens
et Noirs peuvent choisir de vivre là où ils le désirent et n’ont plus à
craindre de poursuites en vertu de la défunte loi sur le regroupement ethnique
de 1957.
Quelques mois après sa prise de fonction, le président de
la République d’Afrique du Sud, Nelson Rolihlahla Mandela, a inauguré la
commission Vérité et Réconciliation, qui était chargée d’écouter les
plaintes de ceux qui avaient été abusés dans le passé, et d’identifier
ceux qui devraient payer pour tant de sang versé sur cette terre. De nombreuses
histoires de torture ont été racontées. Les pleurs coulaient librement des
yeux des membres de la commission, dont ceux du respecté Archevêque anglican
de Cape Town, Mgr Desmond Tutu. Des gens de diverses origines culturelles ont
demandé que le pays soit purifié et de nombreux responsables religieux de
différentes dénominations se sont unis dans la prière pour demander pardon à
Dieu pour les nombreux crimes commis par les agents du gouvernement de l’apartheid
comme par ceux des combattants de la liberté. A cette époque, les médias ont
tiré profit des révélations faites par la commission et ont continuellement
concentré leurs rapports sur les nombreuses tensions raciales qui existaient
dans certaines communautés. On pouvait se demander si les Sud Africains
seraient capables de vivre en harmonie.
Bien qu’il existe encore des tensions raciales, dans un
moindre degré que par le passé, toute personne vivant en Afrique du Sud pourra
témoigner que l’intégration des nombreuses races dans ce pays pourrait
servir d’exemple aux pays africains encore engagés dans des conflits. Le
système scolaire est multiracial, et pour quelqu’un qui visite une école
maternelle, il est intéressant de constater comment les enfants blancs et noirs
jouent ensemble, inconscients des attitudes querelleuses qui caractérisaient
les relations de leurs prédécesseurs dans les années d’antan. Ce qui est
fascinant, dans ces années d’apartheid, c’est que les instituts religieux
et séculiers qui avaient des membres « Noirs » et « Blancs », étaient
obligés par la loi de vivre séparément, car le gouvernement de l’apartheid
préconisait le développement séparé comme moyen pour préserver une culture
en évitant des conflits d’influence. Des institutions, comme les séminaires
et les couvents, vivaient la séparation raciale. Alors que la conférence
épiscopale s’opposait à cela, elle devait courber la tête car le
gouvernement regardait l’Eglise comme une forme de communisme. Malgré cela,
il y avait des Evêques, dont le regretté Archevêque Mgr Denis Hurley, qui ont
constamment défié la politique gouvernementale. Ce dernier a même failli
être déporté quand le gouvernement le soupçonnait de ne pas être un citoyen
Sud-Africain.
Depuis 1994, de nombreuses personnes sont venues vivre en
Afrique du Sud. Des gens de l’hémisphère Nord viennent fréquemment visiter
ce pays magnifique aux merveilleuses collines et vallées qui sont, pour un
croyant, une manifestation de la beauté divine exprimée dans la création. De
même, du continent africain, de nombreux jeunes et des anciens sont venus dans
l’espoir de trouver de meilleures conditions de vie et de travail. Cela a
créé une nouvelle réalité : celle des réfugiés et des déplacés. Ce n’était
pas le cas auparavant. Le flot de gens qui arrivent chaque jour a soulevé des
interrogations chez les nombreux Noirs d’Afrique du Sud qui pensent que ces
gens sont une menace pour leur existence, particulièrement quand il y a peu de
travail disponible. La xénophobie a commencé à se manifester de différentes
manières, dont la plus violente a été la défénestration de plusieurs
personnes d’un train en marche, en 1998. L’insécurité a poussé les gens
à ériger des clôtures électriques et à construire des murs de briques dans
la plupart des banlieues du pays quand les personnes vulnérables, comme les
personnes âgées, étaient la cible des criminels. Les vols de voiture, les
viols, et d’autres formes de crime ont fait leur apparition dans le pays,
comme le rapporte la presse, poussant les gens à se référer constamment à l’ancien
système de l’apartheid qui, selon leurs dires, garantissait plus de
sécurité dans le pays.
Pour cette raison, les réalités de ce contexte de la
mission contribuent et, en quelque sorte, influencent la manière de vivre des
gens, qu’ils soient religieux ou missionnaires laïcs. Alors qu’on ne peut
douter du fait qu’il y ait des différences individuelles, et que dans une
situation particulière, les gens réagiront de façon différente, il est
important de savoir que le contexte joue un rôle essentiel. Chacun doit être
conscient de ces contextes, tout en évitant de se laisser influencer par eux.
La plupart des confrères que j’ai rencontrés en arrivant en Afrique du Sud
ont, d’une manière ou d’une autre, expérimenté les effets de l’apartheid.
A cette époque, ils ont souvent été en conflit avec les autorités, chaque
fois qu’ils se faisaient les défenseurs des opprimés dans le pays. Voilà un
vrai trait de caractère de notre charisme spiritain, qui est l’unité dans la
foi que nous avons, en tant qu’institut religieux. En s’identifiant avec les
« Noirs » opprimés, ces confrères risquaient d’être considérés par les
agents du régime de l’apartheid comme des fauteurs de trouble. Ils devaient
vivre en ville puisque la loi interdisait à un blanc de vivre dans les
townships. Voilà en partie le contexte dans lequel quelqu’un va vivre une vie
de communauté internationale, un contexte basé sur la couleur de la peau, et
qui a provoqué tant de divisions.
LES JOIES DE LA VIE COMMUNAUTAIRE INTERNATIONALE :
Il y a des aspects de la vie communautaire internationale qu’il
est bon de souligner et qui contribuent à un travail pastoral effectif. Dans
son article sur la communauté internationale, dans les documents de Maynooth,
en 1998, René tabard écrit que la communauté internationale implique à la
fois « l’esprit et le cœur » (Maynooth 1998, p. 63). Il pointait
quelques-unes des joies et aussi des défis d’une telle vie de communauté et
demandait de ne pas exagérer les difficultés. En prenant appui sur cet
article, permettez-moi de présenter quelques joies que j’ai expérimentées
dans la vie de communauté internationale.
Guidé par l’expérience : Les confrères qui ont
travaillé en Afrique du Sud avant que je n’arrive, ont expérimenté de
nombreuses stratégies pastorales qui fonctionnent avec les gens. Ces
expériences ont été accumulées pendant de nombreuses années et ont servi de
réservoir pour ceux qui viendraient plus tard, afin de renforcer les aspects
positifs qui portent de bons fruits et d’éviter ce qui ne marche pas. La vie
dans une communauté internationale apporte ce guide, né des expériences
diverses car, quand des comparaisons sont parfois faites, elles ne sont pas
basées sur le regard particulier d’une seule église. Les discussions
passionnées sur la façon dont les choses sont vécues dans les différents
pays d’où sont originaires les confrères ajoutent également beaucoup aux
joies de la mission.
Un signe d’unité : La vie en communauté internationale
dans le contexte de l’Afrique du Sud est un signe d’unité dans un monde de
diversité. Pour beaucoup de gens, il est difficile de comprendre comment un «
Noir » et un « Blanc » peuvent vivre ensemble sous un même toit. Les
expériences négatives des tensions raciales vécues dans le passé les
poussent à regarder nos communautés avec émerveillement, se demandant comment
il nous est possible de partager tant de choses communes. Nos communautés
deviennent un signe visible de l’égalité que nous prêchons. Le partage de
choses communes, la célébration des anniversaires, les jours de fête, les
anniversaires d’ordination, rendent vivante la réalité du règne de Dieu qui
est le fondement de nos aspirations religieuses.
Un signe de témoignage pratique : Une des principales
réalités de notre monde d’aujourd’hui est que les personnes ne sont plus
crédibles simplement par ce qu’elles expriment, mais par la façon dont elles
vivent ce qu’elles annoncent. Les mots deviennent de vraies réflexions de foi
si celui qui les prononce pour quelque raison que ce soit fait ce qui est dit.
Comme missionnaires, nos communautés internationales deviennent un aspect de
notre témoignage silencieux que nous portons pour le règne de Dieu. Notre
présence dans la communauté devient d’elle-même un « sermon » quand les
gens réalisent que, porter témoignage, peut être plus authentique dans une
vie qui devient un symbole de la fidélité chrétienne.
Une vision du monde : Un autre avantage de la vie en
communauté internationale est qu’elle propose une vision pour les
générations futures. Quand les jeunes expérimentent notre vie en communauté
internationale, particulièrement dans le contexte de l’animation
vocationnelle, ils apprécient le fait que des frontières soient créées et
brisées par des entreprises humaines. Cette vision les aide à apprécier l’unicité
des différentes expériences qui peuvent être élaborées dans un contexte
universel. De ce fait, nos communautés fournissent une alternative à l’isolement
dans lequel ils se trouvent dans leurs propres vies respectives, qu’ils soient
Zoulous, Afrikaners, Sothos ou Xhosas. De leur côté, ceux qui vivent dans une
communauté internationale apprécient l’ouverture d’esprit qui est le
résultat de leur approche pastorale commune, car ils peuvent identifier dans
leur propre culture le fruit de l’Esprit qui est la source de l’identité
des jeunes qui visitent leurs communautés.
Les défis de la vie en communauté internationale :
Je suis heureux de voir que c’est le mot « défi » qui a
été utilisé quand on m’a demandé de faire cette présentation, et non «
difficulté ». Ce dernier a une connotation de limite physique tandis que le
premier a un sens de combat dans lequel quelqu’un peut s’engager et, en
utilisant les mesures appropriées, peut le retourner en joie. Le Directoire
Administratif de la Congrégation (Nº 21) reconnaît que dans un institut
international tel que le nôtre, des tensions peuvent exister entre les
différents éléments d’une entreprise missionnaire particulière, tensions
pouvant résulter de différentes approches stratégiques de la mission, des
personnalités, des incompréhensions, etc.… Je vous propose quelques-uns de
ces défis que j’ai expérimentés au sein d’une communauté de vie
internationale.
Des modèles de communication : La communication a pris une
place importante dans nos vies aujourd’hui. Chaque fois que nous avons à
notre disposition des moyens de communication efficaces, ce que nous disons et
comment nous le disons a toujours un impact sur ceux avec lesquels nous vivons
et même sur ceux qui nous sont confiés dans notre ministère. Des cultures
différentes ont des façons différentes de communiquer des événements
divers, qu’ils soient joyeux ou tristes. Pour certains, les analogies sont de
meilleurs moyens de communication, en espérant que la personne à qui s’adresse
le message comprendra ce qui est dit et agira en conséquence. D’autres sont
plus directs et croient que la vérité n’a pas de zone d’ombre. De ce fait,
la communication peut devenir un domaine de défi dans nos communautés. Parfois
nous communiquons de telle façon que notre interlocuteur peut prendre cela pour
de la condescendance, et des tensions se créent au sein de la communauté.
D’un autre côté, ne pas communiquer avec efficacité et
présumer que l’autre devrait comprendre ce que nous voulons dire, dans nos
propres termes, est un « phénomène mondial » qui peut également causer des
tensions. Nous supposons que, étant donné que cette personne est un être
humain, il devrait comprendre que ceci ou cela doit être fait. Nous oublions
parfois que, en tant qu’êtres humains, notre vie et notre agir social
diffèrent et, à moins que je ne renseigne l’autre sur mon agir social de
faire les choses, il ne peut savoir. Il est donc important, quand un nouveau
confrère arrive comme membre de notre communauté internationale, que nous
essayions d’écouter son « histoire » et de lui dire également nos propres
histoires. Nous pourrons ainsi affirmer ces histoires qui deviendront part de
notre mission.
Gestion des ressources et administration : La mission de
notre congrégation nous a souvent menés dans ces endroits où « l’Eglise a
des difficultés à trouver des ouvriers » (RVS, Nº 4). En ces lieux, l’Eglise
locale peut ne pas avoir suffisamment de ressources en personnel ou
financières. Travailler dans un apostolat qui représente un challenge peut ne
pas forcément apporter beaucoup pour la vie quotidienne des confrères qui y
sont impliqués et ces confrères peuvent être obligés de recourir à l’aide
de la Maison Généralice (qui a également des fonds limités), ou de leurs
provinces, ou même de leurs bienfaiteurs et bienfaitrices. Parfois cela peut
créer des tensions quand des confrères, qui n’ont pas de moyens, sentent qu’ils
ne participent pas au fonctionnement de la mission. Cela est vrai, non seulement
dans notre institut, mais aussi dans d’autres instituts religieux, comme un
ami Oblat me le racontait une fois : « Jude, tu sais combien c’est frustrant
: quand mon confrère reçoit une lettre de la maison, c’est pour dire comment
celui qui a écrit peut l’aider dans sa mission, alors que moi, si je reçois
des lettres, c’est au sujet de la mort de l’oncle Max pour dire qu’il n’y
a pas d’argent pour la sépulture ». Donc, en ce qui concerne la gestion des
ressources, dans les communautés internationales, il y a un besoin de s’affirmer
pour ceux qui contribuent par leur personne et par d’autres moyens, comme pour
ceux qui ne peuvent contribuer que par leur présence.
L’administration des quelques ressources de la communauté
internationale est un autre domaine de défi, que ce soit pour l’utilisation
des voitures, des ordinateurs, du téléphone, etc.… Il ne faudrait pas que
ces outils soient utilisés de manière ostensible par certains membres de la
communauté qui les ont achetés. En même temps, ils devraient parfois pousser
à une certaine forme de restriction de nos désirs humains d’indépendance et
de toujours vouloir faire ce que nous aimons. Dans une communauté
internationale, si les ressources ne sont pas gérées de façon transparente et
honnête, cela conduit à d’inutiles suspicions et à une volonté d’indépendance.
Les différences de personnalité : Le caractère unique de
chaque individu est l’une des particularités qui forment notre attitude dans
la vie de communauté et dans la société en général. Nous percevons les
choses différemment et réagissons aux situations de bien des manières. Nos
personnalités jouent un rôle important dans la vie en communauté
internationale. Certains n’acceptent pas facilement la plaisanterie quand d’autres
apprécient les blagues comme moyen de vivre la vie fraternelle. Ces
différences pèsent sur notre vision pour la mission particulière où nous
nous trouvons et elles se reflètent dans notre relation avec ceux qui ne sont
pas membres de notre communauté apostolique. Dans ce contexte particulier de
notre vie en mission, nous pouvons nous laisser influencer par la manière dont
les médias relatent les événements. Par exemple, si les médias rapportent qu’un
crime a été commis par des personnes de telle origine ethnique ou de telle
couleur et si nous vivons avec des personnes de cette même origine ou de cette
même couleur, et qu’elles ont en plus une personnalité provocatrice, alors
les déclarations de ces médias risquent d’influencer notre vie fraternelle.
Même si cela prend du temps pour comprendre une personne, il nous faut essayer,
dans nos communautés de vie internationales, de connaître comment un confrère
va réagir devant telle ou telle situation.
L’EXERCICE DE L’AUTORITE : Il est amusant de constater
que si, dans le monde, la plupart des gens ont en horreur les principes absolus,
en même temps, ils attendent de leurs responsables d’être fermes dans leurs
décisions. Il est parfois difficile pour les responsables d’être fermes tout
en ne voulant pas paraître comme des dictateurs. Cela arrive aussi dans nos
communautés internationales. Venant d’Eglises locales différentes, avec un
bagage théologique différent, des tensions peuvent surgir concernant l’utilisation
d’un système théologique particulier dans une Eglise locale où nous
travaillons, surtout si elle en est à son début. L’autorité devrait être
utilisée face à une telle situation pour aider à déterminer le paradigme qui
doit être suivi. Ce paradigme doit avoir l’assentiment de tous, même de ceux
qui pensent que leurs idées ont été mises de côté. Ce n’est pas facile à
réaliser, mais cela s’apprend dans un processus de discernement
communautaire.
Il y a des joies et des défis que nous rencontrons dans
notre vie en communauté internationale. Cependant, il est important de
réaliser que beaucoup de choses ne dépendent pas de nous mais du pouvoir de l’Esprit
Saint qui est la source de nos engagements missionnaires. Une vie de prière
soutenue aide souvent les communautés à diluer ces tensions humaines qui sont
souvent inévitables.