RESEAU AFRIQUE
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NOUVELLES d’AEFJN
Avril 2008 N° 22
1° SITUATION ALIMENTAIRE DANS LE SAHEL ET EN AFRIQUE DE L’OUEST: Enjeux liés à
la hausse des prix des produits alimentaires :
Réseau de Prévention des
Crises Alimentaire (RPCA)
1.
Tendance à la hausse des prix des
produits alimentaires : un phénomène international :
La hausse des
prix des produits alimentaires n’est pas seulement un phénomène ouest africain,
mais une tendance mondiale. Malgré une
forte production mondiale de céréales en 2007 estimée par la FAO à 2,1
milliards de tonnes, soit 4,6 % de plus qu’en 2006, les prix des céréales continuent à augmenter. Cette hausse des prix a
lieu au moment où les stocks mondiaux sont en baisse et la demande en
augmentation.
Celle-ci concerne
notamment :
(i)
Les industries de fabrication des aliments
pour bétail en raison de la demande
croissante en produits carnés ;
(ii)
Les industries de fabrication
de biocarburant.
En janvier 2008, le prix moyen à l’exportation
du blé sur le marché mondial est supérieur
de 81 pourcent à son niveau de 2007, celui du maïs est à son niveau le plus
élevé depuis les 10 dernières années. Plusieurs
raisons expliquent cette tendance à la hausse des prix :
(i) Le cours du pétrole et ses conséquences sur le coût
des intrants et du transport ;
(ii) Le taux de change dans un
contexte de forte baisse du dollar
américain par rapport aux autres monnaies.
La hausse des
cours mondiaux de riz et de blé ainsi que le transfert d’une part importante de
leur demande sur le mil et le sorgho risquera de provoquer une rétention de
stocks pour éviter les difficultés d’accès comme ce fut le cas en 2005.
Certains pays comme la Mauritanie, le Cap-Vert, le Sénégal et la Guinée-Bissau
qui dépendent fortement des importations commerciales de riz et de blé pour
leur sécurité alimentaire sont en particulier plus exposés à cette flambée des
prix internationaux des céréales. Dans ces pays, la hausse des prix affectera les populations urbaines et les ménages
ruraux en déficit alimentaire.
2. Mais le contexte local ouest africain
pourrait également favoriser cette hausse des prix :
En plus des
facteurs exogènes liés à l’environnement international, il y a également des réalités locales qui pourraient renforcer
cette hausse des prix, avec des conséquences sur l’aggravation des
problèmes d’accessibilité des populations pauvres aux aliments.
Parmi ces facteurs locaux, il y a notamment :
- a. Les faibles niveaux de production dans certains
pays du Sahel mais surtout dans certaines zones fortement demandeuses de
céréales pour les industries locales de brasserie et de fabrication d’aliments
de volaille comme c’est le cas du Nord Nigeria. Ces faibles niveaux de
production étaient dus à la sécheresse intervenue en fin de saison pluvieuse,
mais aussi aux inondations qui ont eu lieu dans plusieurs pays. Selon les
estimations prévisionnelles, la production totale de maïs du Nigeria a été
évaluée à 6,5 millions de tonnes, soit 1,3 millions de moins que 2006.
L’analyse faite par le FEWS NET indique clairement que comparée à décembre 2006
l’augmentation des prix de céréales locales et des légumineuses sur le marché de
Dawanu au Nigeria, a atteint les niveaux suivants en Décembre 2007 : 29% pour
le mil, 54% pour le maïs, 47% pour le sorgho et 30% pour le niébé. Ces
augmentations sont aussi perceptibles lorsqu’on compare les niveaux actuels à
la moyenne des cinq dernières années. Cette analyse révèle par ailleurs la même
tendance à la hausse des prix du maïs au Nord du Ghana, du Bénin et du Togo et
au Sud du Mali et du Burkina Faso.
b.
La rétention des stocks de céréales par les commerçants en réaction à la
campagne agricole marquée par des inondations et des sécheresses créant ainsi
une hausse des prix perceptible dans quelques pays du Sahel. Au Burkina Faso,
au Mali et au Niger par exemple, les statistiques fournies par Afrique Verte
indiquent que les prix des céréales n’ont pas fléchi pendant la période des
récoltes jusqu’au mois de décembre 2007. Ce n’est qu’en janvier 2008 qu’une
baisse non significative des prix a été observée au Burkina Faso et au Mali.
Cette situation est due pour une grande part à l’arrivée de nouvelles récoltes
sur le marché pendant la période des fêtes en fin décembre 2007 mais aussi aux
opérations de « vente de céréales à prix
social » conduites localement par les pouvoirs publics dans quelques pays.
En résumé, les
indices actuels, à savoir la hausse des prix des céréales et de denrées
alimentaires au niveau international, ajoutée à la conjoncture locale marquée
par de faibles productions de céréales localisées dans les zones fortement
demandeuses comme le Nord Nigeria et la hausse prématurée des prix des céréales
locales, indiquent que l’année 2008
nécessitera une surveillance renforcée de la forte augmentation probable
des prix de certaines denrées alimentaires.
3. Que faire ?
a. Développer des mesures
visant à protéger les populations à risque
des zones vulnérables, notamment à travers :
-
La constitution et l’utilisation de
stocks vivriers pour l’atténuation d’éventuelles flambées des prix dans les
zones vulnérables
-
Le renforcement du pouvoir d’achat
des populations à risques d’insécurité alimentaire et nutritionnelle par la
mise en œuvre de projet et programmes visant l’amélioration des revenus,
renforçant ainsi leur accessibilité aux denrées alimentaires
-
La promotion d’outils de gestion
des crises : assurer les approvisionnements complémentaires via les
importations, faciliter la fluidité des marchés, etc.
b. Demander aux dispositifs
d’information et d’alerte de maintenir
la vigilance sur les dynamiques des marchés (prix, flux et disponibilité) à
la fois au niveau national, régional mais aussi international de manière à
permettre la prise de décision en temps opportun.
Cette
surveillance des marchés devrait être accompagnée par une diffusion permanente de l’information afin de renforcer la prise de
décision mais aussi de dissuader certains acteurs contre la spéculation sur
les prix des denrées alimentaires. Elle devrait également accorder une
attention particulière au suivi de la situation nutritionnelle déjà fragile
dans les zones structurellement déficitaires et vulnérables plus sensibles aux
problèmes d’accès.
c. Renforcer la fluidité des marchés locaux de la région en favorisant
la libre circulation des hommes et des biens – et promouvoir ainsi les échanges
intra-régionaux de produits agricoles et alimentaires.
d. Valoriser l’opportunité
offerte par cette tendance à la hausse des prix pour booster la production locale de produits :
- (i) des
investissements soutenus dans la professionnalisation des acteurs ;
- (ii) des
mesures concrètes en termes de facilitation à l’accès aux intrants et autres
facteurs de production.
Sources d’information :
www.westafricaclub.org ; : sibirijean.zoundi@oecd.org
+33 1 45 24 19 82; leonidas.hitimana@oecd.org +33 1 45 24 17
98; www.fews.net ; ssow@fews.net ; +226 50 37 47 06; librahim@fews.net ; +227 96 97 70 11; www.cilss.bf ; amadou.konate@cilss.bf ; +226 50 37 41
25/33; moussa.cisse@cilss.bf
; +226 50 37 41 25/33; b.sidibe@aghrymet.ne
; +227 20 31 53 16; www.fao.org ; henri.josserand@fao.org +39 06 57 05 30 99;
www.wfp.org ; george.simon@wfp.org ; +39 06 65 13 27 96;
Pour un meilleur
accès à l’information sur la situation alimentaire et nutritionnelle au Sahel
et en Afrique de l’Ouest. Dans le but de favoriser l’accès à l’information sur la situation alimentaire
et nutritionnelle dans la région, en vue de la prise de décision pour l’action,
le RPCA s’est doté d’un site Web. Pour vos questions en rapport avec la
situation alimentaire et nutritionnelle, et notamment vos besoins en documents
analytiques sur la question, ce site est désormais à votre disposition : www.food-security.net
Food Crises Prevention Network (FCPN)
: www.food-security.net Information Notes on Food Security (NISA)
2° ARMES LEGERES ET DE PETIT
CALIBRE :
Toutes les
armes à feu que
les états possèdent dans la région des Grands Lacs et la Corne de l’Afrique
seront marquées par un n° de série ainsi
qu’un code national, en vertu d’un accord renouvelé que ces états ont
établi lors d’une réunion organisée par la RECSA (Centre régional pour les
armes légères et de petit calibre dans la région des Grands Lacs, de la Corne
de l’Afrique et des états voisins). Le marquage sera ajouté lors de la
manufacture, l’importation ou le transfert. Cette information sera alors
enregistrée dans une banque de données nationale. Les coordinateurs des
‘National focal Point’ ont reçu une formation, lors de la rencontre, sur le
marquage, la gérance des stocks et la création d’une banque de données.
www.iansa.org
L’embargo sur les armes de l’ONU en
RD Congo a été sensiblement affaibli par une résolution adoptée par
le Conseil de Sécurité le 31 mars.
L’embargo
sera maintenu pour les groupes armés ; mais il a été affaibli pour les
troupes associées au gouvernement. Précédemment, l’embargo octroyait des
dispenses pour toutes les unités militaires congolaises, excepté celles
des zones de l’Est, composées de
combattants qui n’avaient pas encore rejoints totalement l’armée. D’après les
rapports de l’ONU, des milliers de ces
combattants ne seront pas capables
d’importer ces armes légalement. Amnesty International a stipulé que ces unités
continuent à bafouer les droits humains ; ceci renforce le fait que
l’affaiblissement de l’embargo est prématuré.
http://www.monuc.org/news.aspx?newsID=17008
Le
Liberia a entamé la
procédure de
ratification à la
convention des pays d’Afrique occidentale sur les armes légères et de petit
calibre, leurs munitions et le matériel annexe. La procédure de
ratification a été marquée par une cérémonie qui a eu lieu à Monrovia le 4
avril dernier.
http://www.analystliberia.com/ecowas_small_arms_convention_zooms_in_liberia_apr07_08.html
3° AFRIQUE : LE CHANGEMENT DE CLIMAT
EN LIEN AVEC LA DIFFUSION DES MALADIES :
Il semble de plus en plus que le
changement
de climat est vu comme une des plus grandes menaces pour la santé et il
ajoute une
pression supplémentaire sur
les systèmes de santé publique, surtout en Afrique. Un membre de
l’ONU, a déclaré qu’ « il provoque
la hausse du niveau de la mer, accélère l’érosion des rivages marins, augmente
et intensifie les désastres naturels et accélère l’extinction de certaines
espèces. » et Mr Luis Gomes Sambo, responsable régional de l’OMS
(Organisation Mondiale de la Santé)
pour l’Afrique a dit que « l’impact sur la santé de l’homme est
encore plus élevé »
http://www.irinnews.org/Report.aspx?ReportId=77675
4°
LE ROLE GRANDISSANT DE L’INDE EN AFRIQUE :
Les 2 pays les
plus peuplés de la planète, la
Chine et
l’Inde, sont entrés maintenant en solide compétition dans des relations Sud-Sud
avec l’Afrique et ses richesses. Du 7 au 9 avril, l’Inde a accueilli des
chefs de gouvernement de 12 états africains et un nombre semblable de
groupements économiques régionaux. Beaucoup voient cela comme une réponse
modeste de l’Inde au grand sommet africain que la Chine a organisé en 2006.
Parmi les chefs de gouvernement espérés, on retrouve Thabo Mbeki d’
Afrique du Sud, Abdelaziz Boutefika d’
Algérie, Joseph Kabila Kabange de la
RD Congo, Mwai Kibaki du
Kenya, John Kufuor du
Ghana, Yoweri Kaguta Museveni d’
Uganda, Maître Abdoulaye Wade du
Sénégal, Meles Zenawi d’
Ethiopie, Tertius Zongo du
Burkina Faso et Jakaya Mrisho Kikwete de
Tanzanie. Des fonctionnaires haut
gradés de
l’Union Africaine ainsi que
diverses communautés économiques
régionales et le « New Partnership for Africa’s Development »
sont aussi invités à la réunion de New Delhi. Les absents notables sont
Muhammar Kaddafi de
Lybie et Hosni
Mubarak d’
Egypte.
Alors que c’est
la 1
e fois que l’Inde organise une réunion des chefs africains de
cette ampleur, ce pays a eu des liens avec l’Afrique depuis longtemps. Le
South African Institute of International
Affaires (SAIIA), basé à Johannesburg note qu’ « Autrefois, les
marchands indiens vendaient sur les marchés avides d’Afrique des perles de
verre et maintenant, l’expertise se concentre sur la science et la
technologie ». Et le document continue : «
Les voies chinoises en Afrique sont bien connues ; l’approche
indienne est beaucoup plus discrète. C’est la 1e rencontre du forum
Indo-Africain et il offre une nouvelle vision dans la bousculade moderne envers
l’Afrique ». Un membre du gouvernement indien, dont l’anonymat est
respecté, d’après les règles en vigueur,
a dit à l’IPS que «
contrairement
à la cupidité de la Chine pour ses quota de pétrole, de cuivre et d’autres
minerais d’Afrique, l’Inde est davantage intéressées dans des accords de
partenariat économique à long terme qui sont mutuellement bénéfiques et ne
reproduisent pas les systèmes coloniaux d’exploitation des richesses
africaines. » Cette personne a souligné que l’Inde a soutenu pendant
longtemps le mouvement anti-apartheid de l’Afrique du Sud à cause de
l’engagement personnel de Mohandas Karamchand Ghandi, «
père de la nation indienne » qui
eut ses dents de lait dans ce pays. Et plus récemment, l’Inde a été le 1
er
pays à envoyer des casques bleus au Congo.
De plus, le
gouvernement indien a soutenu des échange
techniques et programmes de formation dans la plupart des pays africains.
Pour plus de 40 ans, plus de 1.000 personnes des pays sub-sahariens ont reçu
annuellement une formation technique en Inde. Il faut ajouter à cela environ
15.000 étudiants d’origine africaine qui étudient à ce jour dans les
universités et institutions académiques de l’Inde, beaucoup parmi eux
bénéficient de bourses. En soulignant que «
les eaux de l’Océan Indien nous ont unis » et que l’Inde et
l’Afrique ont eu une large part d’héritage et d’expériences du colonialisme en
commun, le ministre des affaires étrangères indien, Mr Pranab Mukherjee a
affirmé récemment que «
notre
engagement pour des solutions communes, tout en respectant nos responsabilités
variées et nos capacités respectives, doit demeurer ferme ». Le
ministre éthiopien du commerce et de l’industrie, Mr Tadesse Haile, lors d’une
visite en Inde l’année dernière a dit que ce pays devrait «
‘épauler’ et pas seulement agir dans le
processus du développement africain ». L’Inde a participé à des
projets d’électrification en zone rurale au
Mozambique et en Ethiopie, au réseau de chemin de fer au Sénégal et au Mali,
aux cimenteries au Congo et à la formation à l’électronique au Lesotho. Des
firmes indiennes sont engagées dans la construction de l’Assemblée Nationale du
Ghana et dans des camps militaires en Sierra Leone.
Certains groupes
privés ont une longue histoire avec l’Afrique. Ainsi le groupe TATA est présent
dans 14 pays dans des domaines tels l’hôtellerie, les télécommunications, la
force hydraulique et le transport. Le mot « TATA » est synonyme, dans
un pays comme l’Uganda, du mot « bus » écrit Seema Sirohi,
journaliste indien pour
Outlook, lors
d’un passage récent à Johannesburg.
http://www.pambazuka.org/en/category/