Justice et Paix : EGLISE ET SOCIETE
- Engagements et Mobilisations d'Eglise



JOURNÉE MONDIALE DES VOCATIONS 13 AVRIL 2008


1° Evangile de Jésus Christ selon saint Jean 10, 1-10 :
  
Jésus parlait ainsi aux pharisiens: "Amen, amen, je vous le dis: celui qui entre dans la bergerie sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit. Celui qui entre par la porte, c'est lui le pasteur, le berger des brebis. Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir. Quand il a conduit dehors toutes ses brebis, il marche à leur tête, et elles le suivent, car elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un inconnu, elles s'enfuiront loin de lui, car elles ne reconnaissent pas la voix des inconnus. » Jésus employa cette parabole en s'adressant aux pharisiens, mais ils ne comprirent pas ce qu'il voulait leur dire. C'est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : je suis la porte des brebis. Ceux qui sont intervenus avant moi sont tous des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés. Moi, je suis la porte. Si quelqu'un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra aller et venir, et il trouvera un pâturage. Le voleur ne vient que pour voler, égorger et détruire. Moi je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu'ils l'aient en abondance.
 

2° COMMENTAIRE : Je suis le bon pasteur(1) :

Ce dimanche est le dimanche du Bon Pasteur, mais pour une fois, ce n'est pas sur lui que nous allons concentrer notre attention mais plutôt sur son rival. Qui est le personnage présenté comme un « voleur » et un « inconnu » ?
Jésus pensait tout d'abord aux faux prophètes et aux pseudo - messies de son temps qui se faisaient passer pour des envoyés de Dieu et des libérateurs du peuple, alors qu'en réalité ils ne faisaient qu'envoyer les gens mourir pour eux. Aujourd'hui, ces « inconnus », qui n'entrent pas par la porte, mais s'introduisent dans la bergerie en cachette, qui « volent » les brebis et les « tuent », sont des visionnaires fanatiques, ou des profiteurs rusés, qui spéculent sur la bonne foi et l'ingénuité des gens. Je me réfère à des fondateurs ou des chefs de sectes religieuses qui pullulent à travers le monde.

Quand nous parlons de sectes, nous devons toutefois être attentifs à ne pas tout mettre sur le même plan. Les évangéliques et les pentecôtistes protestants, par exemple, ne sont pas des sectes, à part quelques groupes isolés. L'Eglise Catholique poursuit avec eux depuis des années un dialogue œcuménique officiel, ce qu'elle ne ferait jamais avec des sectes. 

         On reconnaît les vraies sectes à quelques caractéristiques :
-         Tout d'abord, sur le plan du contenu de leur credo, elles ne partagent pas quelques points essentiels de la foi chrétienne comme la divinité du Christ et la Trinité ; ou elles mélangent à la doctrine chrétienne des éléments étrangers et incompatibles avec celle-ci, comme la réincarnation.
-         Sur le plan des méthodes, elles sont, littéralement des « voleurs de brebis », dans le sens où elles tentent par tous les moyens d'arracher les fidèles à leur Eglise d'origine, pour en faire des adeptes de leur secte. Elles sont en général agressives et polémiques. Plus que proposer des contenus propres, elles passent le temps à accuser, polémiquer contre l'Eglise, la Vierge et en général, contre tout ce qui est catholique. Nous sommes là aux antipodes de l'Evangile de Jésus qui est amour, douceur, respect de la liberté d'autrui. L'amour évangélique est le grand absent dans les sectes.

Jésus nous a donné un critère de discernement sûr : « Méfiez-vous des faux prophètes qui viennent à vous déguisés en brebis, mais au-dedans sont des loups rapaces. C'est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez » (Mt 7, 16). Et les fruits les plus courants du passage des sectes sont des familles brisées, le fanatisme, des attentes apocalyptiques de la fin du monde régulièrement démenties par les faits.
     Il y a un autre type de sectes religieuses, nées en dehors du monde chrétien, en général importées d'orient. Contrairement aux premières, celles-ci ne sont pas agressives, elles se présentent plutôt « déguisées en brebis », prêchant l'amour pour tous, pour la nature, la recherche du moi profond. Ce sont des formations souvent syncrétiques c'est-à-dire qui réunissent des éléments de diverses provenances religieuses, comme c'est le cas du New Age.

L'immense préjudice spirituel dont est victime celui qui se laisse convaincre par ces nouveaux messies, est la perte de Jésus - Christ et avec lui cette « vie en abondance » qu'il est venu apporter. Certaines de ces sectes sont dangereuses également sur le plan de la santé mentale et de l'ordre public. Les cas récurrents d'envoûtement et de suicides collectifs nous montrent jusqu'où peut conduire le fanatisme d'un chef de secte.

Toutefois, lorsqu'on parle des sectes il faut aussi faire son « mea culpa ». Les personnes se retrouvent souvent dans des sectes parce qu'elles avaient besoin de la chaleur et du soutien humain d'une communauté et ne l'ont pas trouvé dans leur paroisse.

3° Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 10,11-18.

Jésus disait à ses disciples : « Je suis le bon pasteur, le vrai berger. Le vrai berger donne sa vie pour ses brebis. Le berger mercenaire, lui, n'est pas le pasteur, car les brebis ne lui appartiennent pas : s'il voit venir le loup, il abandonne les brebis et s'enfuit ; le loup s'en empare et les disperse. Ce berger n'est qu'un mercenaire, et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui. Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît, et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis. J'ai encore d'autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur. Le Père m'aime parce que je donne ma vie pour la reprendre ensuite. Personne n'a pu me l'enlever : je la donne de moi-même. J'ai le pouvoir de la donner, et le pouvoir de la reprendre : voilà le commandement que j'ai reçu de mon Père. »

4° Homélie de la Messe inaugurale de son pontificat  « Je donne ma vie pour mes brebis » Pape Benoît XVI(2) :    

Dans l'Orient ancien, il était d'usage que les rois se désignent eux-mêmes comme les pasteurs de leur peuple. C'était une image de leur pouvoir, une image cynique : les peuples étaient pour eux comme des brebis, dont le pasteur pouvait disposer selon son bon vouloir. Tandis que le pasteur de tous les hommes, le Dieu vivant, est devenu lui-même un agneau ; il s'est mis du côté des agneaux, de ceux qui sont méprisés et tués. C'est précisément ainsi qu'il se révèle comme le vrai pasteur : « Je suis le bon pasteur... et je donne ma vie pour mes brebis ».

      Ce n'est pas le pouvoir qui rachète, mais l'amour ! C'est là le signe de Dieu : il est lui-même amour. Combien de fois désirerions-nous que Dieu se montre plus fort ! Qu'il frappe durement, qu'il terrasse le mal et qu'il crée un monde meilleur ! Toutes les idéologies du pouvoir se justifient ainsi, justifient la destruction de ce qui s'oppose au progrès et à la libération de l'humanité. Nous souffrons pour la patience de Dieu, et nous avons néanmoins tous besoin de sa patience. Le Dieu qui est devenu agneau nous dit que le monde est sauvé par le Crucifié et non par ceux qui l'ont crucifié. Le monde est racheté par la patience de Dieu et détruit par l'impatience des hommes.


« Je suis vôtre, Seigneur, et ne dois être qu’à vous ;
Mon âme est vôtre, et ne doit vivre que par vous ;
Mon amour est vôtre, et ne doit tendre qu’en vous ;
Je dois vous aimer comme mon premier principe, puisque je suis de vous ;
Je dois vous aimer comme ma fin et mon repos, puisque je suis pour vous ;
Je dois vous aimer plus que mon être, puisque mon être subsiste par vous ;
Je dois vous aimer plus que moi-même, puisque je suis tout à vous et en vous. »
Saint François de Sales,
Traité de l’amour de Dieu, X, 10 : La Pléiade (1969), p. 842




1- Commentaire de l'Evangile du dimanche 13 avril, troisième dimanche de Pâques, proposé par le père Raniero Cantalamessa OFM Cap, prédicateur de la Maison pontificale
2- 24/4/05 (trad. DC 2337, p. 547, copyright © Libreria Editrice Vaticana)

Sommaire