1° Evangile de Jésus
Christ selon saint Jean 10, 1-10 :
Jésus parlait ainsi aux pharisiens:
"Amen, amen, je vous le dis: celui qui entre dans la bergerie sans passer
par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et
un bandit. Celui qui entre par la porte, c'est lui le pasteur, le berger des
brebis. Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui,
il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir. Quand il a conduit
dehors toutes ses brebis, il marche à leur tête, et elles le suivent, car elles
connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un inconnu, elles s'enfuiront
loin de lui, car elles ne reconnaissent pas la voix des inconnus. » Jésus employa
cette parabole en s'adressant aux pharisiens, mais ils ne comprirent pas ce
qu'il voulait leur dire. C'est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen,
je vous le dis : je suis la porte des brebis. Ceux qui sont intervenus avant
moi sont tous des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas
écoutés. Moi, je suis la porte. Si quelqu'un entre en passant par moi, il sera
sauvé ; il pourra aller et venir, et il trouvera un pâturage. Le voleur ne
vient que pour voler, égorger et détruire. Moi je suis venu pour que les hommes
aient la vie, pour qu'ils l'aient en abondance.
2° COMMENTAIRE :
Je suis le bon pasteur(1) :
Ce
dimanche est le dimanche du Bon Pasteur, mais pour une fois, ce n'est pas sur
lui que nous allons concentrer notre attention mais plutôt sur son rival. Qui est le personnage présenté comme un «
voleur » et un « inconnu » ?
Jésus
pensait tout d'abord aux faux prophètes
et aux pseudo - messies de son temps qui se faisaient passer pour des
envoyés de Dieu et des libérateurs du peuple, alors qu'en réalité ils ne
faisaient qu'envoyer les gens mourir pour eux. Aujourd'hui, ces « inconnus », qui n'entrent pas par la porte, mais
s'introduisent dans la bergerie en cachette, qui « volent » les brebis et les «
tuent », sont des visionnaires fanatiques,
ou des profiteurs rusés, qui spéculent sur la bonne foi et l'ingénuité des
gens. Je me réfère à des fondateurs ou des chefs de sectes religieuses qui
pullulent à travers le monde.
Quand
nous parlons de sectes, nous devons toutefois être attentifs à ne pas tout mettre sur le même plan. Les évangéliques
et les pentecôtistes protestants, par exemple, ne sont pas des sectes, à part
quelques groupes isolés. L'Eglise Catholique poursuit avec eux depuis des
années un dialogue œcuménique officiel, ce qu'elle ne ferait jamais avec des
sectes.
On
reconnaît les vraies sectes à quelques
caractéristiques :
-
Tout d'abord, sur le plan du contenu de leur credo, elles ne partagent pas
quelques points essentiels de la foi chrétienne comme la divinité du Christ et
la Trinité ; ou elles mélangent à la doctrine chrétienne des éléments étrangers
et incompatibles avec celle-ci, comme la réincarnation.
-
Sur le plan des méthodes,
elles sont, littéralement des « voleurs de brebis », dans le sens où elles
tentent par tous les moyens d'arracher les fidèles à leur Eglise d'origine,
pour en faire des adeptes de leur secte. Elles sont en général agressives et
polémiques. Plus que proposer des contenus propres, elles passent le temps à
accuser, polémiquer contre l'Eglise, la Vierge et en général, contre tout ce
qui est catholique. Nous sommes là aux
antipodes de l'Evangile de Jésus qui est amour, douceur, respect de la liberté
d'autrui. L'amour évangélique est le grand absent dans les sectes.
Jésus
nous a donné un critère de discernement
sûr : « Méfiez-vous des faux
prophètes qui viennent à vous déguisés en brebis, mais au-dedans sont des loups
rapaces. C'est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez » (Mt 7, 16). Et
les fruits les plus courants du passage des sectes sont des familles brisées,
le fanatisme, des attentes apocalyptiques de la fin du monde régulièrement
démenties par les faits.
Il y a un autre type de sectes religieuses, nées en dehors du monde chrétien,
en général importées d'orient. Contrairement aux premières, celles-ci ne sont
pas agressives, elles se présentent plutôt « déguisées en brebis », prêchant l'amour pour tous, pour la nature,
la recherche du moi profond. Ce sont des formations souvent syncrétiques
c'est-à-dire qui réunissent des éléments de diverses provenances religieuses,
comme c'est le cas du New Age.
L'immense préjudice spirituel dont est victime celui qui se
laisse convaincre par ces nouveaux messies, est la perte de Jésus - Christ et avec lui cette « vie en abondance »
qu'il est venu apporter. Certaines de ces sectes sont dangereuses également sur
le plan de la santé mentale et de l'ordre public. Les cas récurrents
d'envoûtement et de suicides collectifs nous montrent jusqu'où peut conduire le
fanatisme d'un chef de secte.
Toutefois, lorsqu'on parle des sectes il faut aussi faire son « mea culpa ». Les
personnes se retrouvent souvent dans des sectes parce qu'elles avaient besoin de la chaleur et du soutien humain
d'une communauté et ne l'ont pas trouvé dans leur paroisse.
3° Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean
10,11-18.
Jésus disait à ses disciples : « Je suis le bon pasteur, le vrai berger. Le
vrai berger donne sa vie pour ses brebis. Le berger mercenaire, lui, n'est pas
le pasteur, car les brebis ne lui appartiennent pas : s'il voit venir le loup,
il abandonne les brebis et s'enfuit ; le loup s'en empare et les disperse. Ce
berger n'est qu'un mercenaire, et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui.
Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me
connaissent, comme le Père me connaît, et que je connais le Père ; et je donne
ma vie pour mes brebis. J'ai encore d'autres brebis, qui ne sont pas de cette
bergerie : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma
voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur. Le Père m'aime parce que
je donne ma vie pour la reprendre ensuite. Personne n'a pu me l'enlever : je la
donne de moi-même. J'ai le pouvoir de la donner, et le pouvoir de la reprendre
: voilà le commandement que j'ai reçu de mon Père. »
4° Homélie de la Messe inaugurale de son
pontificat « Je donne ma vie pour mes
brebis » Pape Benoît XVI(2) :
Dans l'Orient ancien, il était d'usage que les rois se désignent
eux-mêmes comme les pasteurs de leur peuple. C'était une image de leur pouvoir,
une image cynique : les peuples étaient pour eux comme des brebis, dont le
pasteur pouvait disposer selon son bon vouloir. Tandis que le pasteur de tous les hommes, le Dieu vivant, est devenu lui-même un
agneau ; il s'est mis du côté des
agneaux, de ceux qui sont méprisés et tués. C'est précisément ainsi qu'il
se révèle comme le vrai pasteur : « Je
suis le bon pasteur... et je donne ma vie pour mes brebis ».
Ce n'est pas le pouvoir qui rachète, mais l'amour ! C'est là le
signe de Dieu : il est lui-même amour. Combien de fois désirerions-nous que
Dieu se montre plus fort ! Qu'il frappe durement, qu'il terrasse le mal et
qu'il crée un monde meilleur ! Toutes les idéologies du pouvoir se justifient
ainsi, justifient la destruction de ce qui s'oppose au progrès et à la
libération de l'humanité. Nous souffrons
pour la patience de Dieu, et nous avons néanmoins tous besoin de sa patience.
Le Dieu qui est devenu agneau nous dit que le monde est sauvé par le Crucifié
et non par ceux qui l'ont crucifié. Le
monde est racheté par la patience de Dieu et détruit par l'impatience des
hommes.