Benoît
XVI a rencontré des jeunes handicapés, dimanche, avant de retrouver quelque
20000 jeunes des diocèses de la côte Est et 300 séminaristes dans le terrain de
sport qui jouxte le séminaire Saint-Joseph. La rencontre était animée par un
orchestre de jeunes du mouvement Communion et Libération. Après une salutation
de l'archevêque de New York, le cardinal Edward Egan, trois jeunes ont offert
au pape du riz et du maïs, comme présents symboliques de la richesse de leurs
différentes traditions.
Ils
ont souhaité au pape un bon anniversaire pour son élection au siège de Pierre,
le 19 avril 2005. Quatre jeunes lui ont offert une histoire du catholicisme
dans le diocèse de New York, utilisée dans les écoles catholiques, avec des
photos de personnalités nées dans cet Etat et devenus saints, bienheureux ou
serviteurs de Dieu.
Votre Eminence, Chers frères
évêques, Chers jeunes amis,
Proclamez le Christ Seigneur « toujours
prêts à la défense contre quiconque vous demande raison de l'espérance qui est
en vous » (1 P 3, 15). C'est avec ces
mots de la première épître de Pierre que je salue chacun de vous avec une
affection cordiale. Je remercie le cardinal Egan pour ses aimables paroles de
bienvenue et je remercie aussi les représentants choisis parmi vous pour leurs
gestes d'accueil. À Mgr Walsh, recteur du séminaire Saint-Joseph, au personnel
et aux séminaristes, j'exprime mes souhaits et ma gratitude.
Jeunes
amis, je suis très heureux d'avoir l'occasion de parler avec vous. Communiquez,
je vous en prie, mes chaleureuses salutations aux membres de votre famille et à
vos parents, aux professeurs et au personnel des différentes écoles, collèges
et universités que vous fréquentez. Je sais que beaucoup de personnes ont
travaillé de manière intense pour que notre rassemblement puisse avoir lieu. Je
leur suis à tous profondément reconnaissant. Je souhaite mentionner votre chant
de « Joyeux anniversaire ». Merci de
ce geste émouvant, je vous donne à tous un « A + » pour votre prononciation allemande. Ce soir, je veux partager
avec vous quelques pensées sur le fait d'être disciples de Jésus - Christ : sur
les pas du Seigneur, nos vies deviennent un voyage d'espérance.
Face
à vous, il y a les images de six hommes et femmes ordinaires, qui ont grandi et
qui ont mené des vies extraordinaires. L'Église les honore en tant que
vénérables, bienheureux ou saints : chacun a répondu à l'appel du Seigneur à
une vie de charité et chacun l'a servi ici, dans les allées, les rues, et les
banlieues de New York. Je suis frappé par le fait qu'ils constituent un groupe
incroyablement diversifié : pauvres et riches, hommes et femmes laïcs, - dont
une très riche épouse et mère de famille -, des prêtres et des religieuses, des
immigrés de l'étranger, la fille d'un père guerrier Mohawk et d'une mère
Algonquin, un autre, un esclave Haïtien, et un intellectuel cubain.
Sainte
Elizabeth Ann Seton, sainte Françoise-Xavier Cabrini, saint Jean Neumann, la
bienheureuse Kateri Tekakwitha, le vénérable Pierre Toussaint, et le Père Felix
Varela. N'importe qui d'entre nous pourrait être parmi eux, parce qu'il n'y a
aucun stéréotype dans ce groupe, aucun
modèle uniforme. Mais à y regarder de plus près, ils ont des éléments communs. Embrasées par l'amour de Jésus, leurs vies sont devenues de
remarquables voyages de l'espérance. Pour certains, cela voulait dire
quitter leur maison, et s'embarquer pour un pèlerinage de centaines de milles.
Pour chacun d'eux, il y a eu un acte
d'abandon à Dieu, avec la confiance qu'il est la destination finale de tout
pèlerin. Et ils ont tous offert une main
tendue d'espérance à ceux qu'ils rencontraient sur leur chemin, en
éveillant souvent en eux la vie de la foi. Par des orphelinats, des écoles et
des hôpitaux, en se faisant amis des pauvres, des malades, et des marginaux, et
par le témoignage convainquant qui vient du fait de marcher humblement dans les
pas du Christ, ces six personnes ont ouvert la voie de la foi, de l'espérance
et de la charité à un nombre incalculable de personnes, y compris peut-être vos
propres ancêtres.
Et aujourd'hui ? Qui porte témoignage à
la Bonne nouvelle de Jésus, dans les rues de New York, dans les
banlieues troublées des grandes villes, sur les places où les jeunes se
rassemblent, cherchant quelqu'un en qui avoir confiance ? Dieu est notre origine et notre destination, et Jésus le chemin. La
route de cette journée (comme cela a été le cas pour nos saints) serpente à
travers les joies et les épreuves de la vie quotidienne ordinaire : dans les familles,
à l'école ou au collège, au cours de vos activités de détente, et dans vos
communautés paroissiales. Tous ces endroits sont marqués par la culture dans
laquelle vous grandissez. En tant que jeunes Américains, on vous offre de
nombreuses occasions de développement personnel, et vous êtes élevés avec un sens de la générosité, du service et de la
loyauté. Pourtant vous n'avez pas besoin que je vous dise qu'il y a aussi
des difficultés : des activités et des modes de pensée qui étouffent
l'espérance, des voies qui semblent conduire au bonheur et à l'accomplissement
mais en fait s'achèvent dans la confusion et la peur.
Mes années d'adolescence ont été
dévastées par un régime sinistre qui pensait avoir les réponses à tout.
Son influence a grandi, - infiltrant les écoles et les milieux sociaux,
politiques et religieux - avant d'être pleinement reconnu comme le monstre
qu'il était. Il bannit Dieu et devint ainsi inaccessible à tout ce qui était
vrai et bon. Beaucoup de vos grands-parents et arrière-grands-parents vous
auront raconté l'horreur de la destruction qui a suivi. En effet certains
d'entre eux vinrent en Amérique justement pour fuir cette terreur.
Remercions
Dieu du fait qu'aujourd'hui beaucoup de gens de votre génération peuvent jouir
de libertés qui ont surgi grâce à l'extension de la démocratie et au respect
des droits humains. Remercions Dieu pour tous ceux qui s'efforcent de vous
assurer de pouvoir grandir dans un environnement qui nourrit ce qui est beau,
bon, et vrai : vos parents et vos grands-parents, vos professeurs et vos
prêtres, ces responsables civils qui cherchent ce qui est droit et juste.
Le pouvoir de destruction demeure
cependant. Prétendre le contraire, ce serait se faire
illusion. Pourtant, il ne triomphe pas : il est défait. C'est l'essence de
l'espérance qui nous définit en tant que chrétiens. Et l'Eglise rappelle cela
dramatiquement lors du triduum pascal, et elle le célèbre avec une grande joie
pendant le temps pascal !
Celui
qui nous montre le chemin au-delà de la mort est celui qui nous montre comment
surmonter les destructions et la peur : ainsi, c'est Jésus qui est le vrai maître de la vie (cf. Spe Salvi, 6). Sa mort et sa
résurrection signifie que nous pouvons dire au Père « tu nous a rendu la vie »
(Prière après la communion, Vendredi saint). Et ainsi, il y a seulement
quelques semaines, au cours de la belle liturgie de la Veillée pascale, ce
n'est pas par désespoir ou par peur que nous avons crié vers Dieu pour notre
monde, mais avec une confiance pleine d'espérance : chasse les ténèbres de
notre cur ! Chasse les ténèbres de notre esprit ! (cf. Prière sur le cierge
pascal).
Qu'est-ce
donc que cette ténèbre ? Qu'est-ce qui
se passe lorsque les gens, spécialement les plus vulnérables, rencontrent le
poing fermé de la répression ou de la manipulation, plutôt qu'une main
d'espérance ? Un premier groupe d'exemples appartient au coeur. Ici, les
rêves et les aspirations des jeunes peuvent être assombris ou détruits. Je
pense à ceux qui sont affectés par la drogue et par l'abus de stupéfiants, les
sans - abri, les pauvres, les victimes du racisme, de la violence, de la
dégradation - spécialement les jeunes filles et les femmes. Les causes de ces
problèmes sont complexes, mais ils ont tous en commun un état d'esprit
empoisonné qui se manifeste dans le fait
de traiter les personnes comme de simples objets - il en résulte une dureté de coeur qui tout d'abord ignore
et ensuite ridiculise la dignité de tout être humain donnée par Dieu. De telles
tragédies soulignent aussi ce qui aurait pu se passer et ce qui pourrait se
passer, si d'autres mains - vos mains - s'étaient tendues, se tendaient vers
elles. Je vous encourage à inviter les autres, spécialement les personnes
vulnérables et innocentes, à se joindre à vous sur le chemin de la bonté et de
l'espérance.
Le
deuxième domaine de ténèbres -
celles qui affectent l'esprit - passe souvent inaperçu et est, pour cette
raison, particulièrement sinistre. La manipulation
de la vérité déforme notre perception de la réalité et ternit notre imagination
et nos aspirations. J'ai déjà mentionné les nombreuses libertés dont vous
avez la chance de jouir. L'importance fondamentale de la liberté doit être
rigoureusement sauvegardée. Ce n'est donc pas surprenant que de nombreuses
personnes proclament bruyamment leur liberté sur la place publique. Cependant,
la liberté est une valeur délicate. Elle peut être mal comprise, et mal
utilisée, et ainsi conduire non pas au bonheur que nous attendons tous de la
liberté, mais à une zone sombre de manipulation dans laquelle notre
compréhension de nous-mêmes et du monde devient confuse, et même déformée par
ceux qui ont un autre projet.
Avez-vous
remarqué le nombre de fois où la liberté
est revendiquée sans jamais une référence à la vérité de la personne humaine ?
Il y a ceux qui affirment aujourd'hui que le respect de la liberté de la
personne individuelle rend injuste la recherche de la vérité, y compris la
vérité sur ce qui est bien. Dans certains milieux, parler de la vérité est
considéré comme une source de discussions et de divisions et on préfère donc
réserver cela à la sphère privée. Et à la place de la vérité - ou plutôt de son
absence - s'est répandue l'idée qu'en
donnant de la valeur à tout sans distinctions, on assure la liberté et on
libère la conscience. C'est ce que nous appelons le relativisme. Mais quel est l'objectif d'une « liberté » qui,
ignorant la vérité, poursuit ce qui est faux ou injuste ? À combien de jeunes
a-t-on proposé une aide qui, au nom de la liberté et de l'expérience les a
conduits à une accoutumance aux stupéfiants, à la confusion morale ou
intellectuelle, à blesser, à la perte du respect de soi, et même au désespoir,
et ainsi, tragiquement et tristement, au suicide ? Chers amis, la vérité n'est pas une imposition. Elle
n'est pas non plus un simple ensemble de règles. C'est la découverte de
Quelqu'un qui ne nous trahit jamais ; de Quelqu'un en qui nous pouvons
toujours avoir confiance. En cherchant la vérité nous finissons par vivre selon
la foi car, en définitive, la vérité est
une personne : Jésus - Christ. C'est la raison pour laquelle la liberté authentique n'est pas le choix
de « se désengager de ». C'est le
choix de « s'engager pour » ; rien de moins que sortir de soi et se laisser
associer à l'« être pour les autres » du Christ (cf. Spe salvi, 28).
Comment
pouvons-nous alors en tant que croyants, aider les autres à marcher sur le
chemin de la liberté qui conduit à l'épanouissement et au bonheur durable ?
Tournons - nous à nouveau vers les saints. De quelle manière leur témoignage a-t-il
véritablement libéré d'autres personnes des ténèbres du coeur et de l'esprit ?
La réponse se trouve dans le noyau de leur foi - de notre foi. L'incarnation, la naissance de Jésus, nous
dit que Dieu trouve vraiment une place parmi nous. Il n'y a plus de place à
l'auberge mais il entre par l'étable, et il y a des personnes qui voient sa
lumière. Elles reconnaissent le monde sombre et fermé d'Hérode, pour ce qu'il
est, et suivent en revanche l'étoile qui brille et les guide dans le ciel
nocturne. Et quelle lumière répand-elle ? Vous pouvez ici vous souvenir de la
prière prononcée lors de la très sainte nuit de Pâques : « O Père, toi qui, par ton Fils, lumière du monde, nous as transmis la
lumière de ta gloire, allume en nous la flamme vivante de ton espérance ! »
(cf. Bénédiction du feu). Et ainsi,
dans une procession solennelle avec nos cierges allumés, nous nous sommes passé
la lumière du Christ les uns aux autres. C'est la lumière qui « triomphe du mal, lave nos fautes, redonne
l'innocence aux pécheurs, la joie aux affligés, dissipe la haine, nous apporte
la paix et humilie l'orgueil du monde » (cf. Exsultet). C'est la lumière
du Christ à l'oeuvre. C'est le chemin des saints. C'est la magnifique
vision de l'espérance - la lumière du
Christ vous invite à être des étoiles pour guider les autres, en marchant
sur la route du Christ qui est la route du pardon, de la réconciliation, de l'humilité,
de la joie et de la paix.
Cependant,
nous sommes parfois tentés de nous refermer sur nous-mêmes, de douter de la force
de rayonnement du Christ, de limiter l'horizon de l'espérance. Courage ! Fixez
votre regard sur nos saints ! La diversité de leurs expériences de la présence
de Dieu est une invitation à redécouvrir la largeur et la profondeur du
christianisme. Laissez votre imagination se promener librement le long de
l'expansion illimitée des horizons du disciple du Christ. Nous sommes parfois considérés comme des personnes qui ne parlent que
d'interdictions. Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité ! Ce qui caractérise un authentique disciple
du Christ, c'est le sens de l'émerveillement. Nous sommes devant ce Dieu
que nous connaissons et aimons comme un ami, devant l'immensité de sa création
et la beauté de notre foi chrétienne.
Chers
amis, l'exemple des saints nous invite alors à considérer quatre aspects essentiels du trésor de notre foi : la prière personnelle et le silence, la prière liturgique, la charité
vécue et les vocations.
Le
plus important est que vous développiez une relation personnelle avec
Dieu. Cette relation s'exprime dans la prière. De par sa nature même, Dieu
parle, écoute et répond. Saint Paul nous rappelle en effet que nous pouvons et
devons « prier sans cesse » (cf. 1 Th 5, 17). Loin de nous replier sur
nous-mêmes et de fuir les hauts et les bas de la vie, à travers la prière nous
nous tournons vers Dieu et, à travers Lui, nous nous tournons les uns vers les
autres, y compris les personnes marginalisées et celles qui suivent des voies
qui ne sont pas celles de Dieu (cf. Spe
salvi, 33). Comme les saints nous l'enseignent de manière particulièrement
vivante, la prière devient l'espérance en acte. Le Christ était leur compagnon
de toujours, avec lequel il parlait à chaque instant sur leur chemin au service
des autres.
Il
y a un autre aspect de la prière dont nous devons nous rappeler : la contemplation dans le silence. Saint
Jean, par exemple, nous dit que pour accueillir la révélation de Dieu il faut
d'abord écouter et ensuite répondre en annonçant ce que nous avons vu et
entendu (cf. 1 Jn 1, 2-3 ; Const. Dei Verbum, 1). N'avons-nous pas
peut-être un peu perdu l'art d'écouter ? Laissez-vous un peu d'espace pour
entendre le murmure de Dieu qui vous appelle à la bonté ? Chers amis, n'ayez pas peur du silence et du calme,
écoutez Dieu, adorez-le dans l'Eucharistie ! Laissez sa parole façonner
votre chemin comme un développement de la sainteté.
Dans la liturgie, nous trouvons l'Eglise
tout entière en prière. Le mot « liturgie » signifie la
participation du Peuple de Dieu à « l'oeuvre du Christ prêtre et de son Corps
qui est l'Eglise » (Sacrosanctum
Concilium, 7). En quoi consiste cette oeuvre ? Elle se réfère avant tout à
la Passion du Christ, à sa mort et sa résurrection et à son ascension - ce que
nous appelons « Mystère pascal ». Elle se réfère aussi à la célébration de la
liturgie elle-même. Les deux significations sont en effet liées de manière
inséparable, car cette « oeuvre de Jésus » est le véritable contenu de la
liturgie. À travers la liturgie,
« l’oeuvre de Jésus » est continuellement mise en contact avec l'histoire
; avec notre vie, pour la façonner. Nous avons ici un nouvel aperçu de la
grandeur de notre foi chrétienne. Chaque fois que vous vous réunissez pour la
messe, quand vous allez vous confesser, chaque fois que vous célébrez un des
sacrements, Jésus est à l'oeuvre. À travers l'Esprit Saint, il vous attire vers
lui, dans son amour sacrificiel pour le Père, qui devient amour pour tous. Nous
voyons ainsi que la liturgie de l'Eglise est un ministère d'espérance pour
l'humanité. Votre participation pleine de foi est une espérance active qui aide
à maintenir le monde - les saints comme les pécheurs - ouvert à Dieu ; voilà la
véritable espérance humaine que nous offrons à chacun (cf. Spe salvi, 34).
Votre
prière personnelle, vos moments de contemplation silencieuse et votre
participation à la liturgie de l'Eglise vous
rapprochent de Dieu et vous préparent également à servir les autres. Les
saints qui nous accompagnent ce soir nous montrent que la vie de foi et
d'espérance est aussi une vie de charité. En
contemplant Jésus sur la croix nous voyons l'amour sous sa forme la plus
radicale. Nous pouvons commencer à imaginer le chemin de l'amour sur lequel
nous devons avancer (cf. Deus caritas est,
12). Les occasions pour avancer sur ce chemin sont nombreuses. Regardez autour
de vous avec les yeux du Christ, écoutez avec ses oreilles, ayez les mêmes
sentiments que lui et pensez avec son coeur et son esprit. Etes-vous prêts à tout donner pour la vérité et la justice, comme Il le
fit ? Beaucoup des exemples de souffrance auxquels nos saints ont répondu
avec compassion se trouvent encore dans cette ville et ses alentours. Et de nouvelles injustices sont apparues :
certaines sont complexes et dérivent de l'exploitation du coeur et de la
manipulation de l'esprit ; notre habitat commun, la terre elle-même, gémit
aussi sous le poids de l'avidité consumériste et de l'exploitation
irresponsable. Nous devons écouter profondément. Nous devons répondre avec une
action sociale renouvelée qui naisse de l'amour universel qui ne connaît pas de
limite. Ainsi, nous serons sûrs que nos
oeuvres de miséricorde et de justice deviendront une espérance en acte pour les
autres.
Chers
jeunes, pour finir je voudrais vous dire encore un mot sur les vocations. Tout d'abord, mes pensées
vont à vos parents, à vos grands-parents et à vos parrains et marraines. Ils
ont été vos premiers éducateurs dans la foi. En vous présentant pour le
Baptême, ils vous ont donné la possibilité de recevoir le don le plus grand de
votre vie. Ce jour-là, vous êtes entrés dans la sainteté de Dieu lui-même. Vous
êtes devenus des fils et des filles adoptifs du Père. Vous avez été incorporés
au Christ. Vous avez été transformés en demeures de son Esprit. Nous prions
pour les pères et les mères du monde entier, en particulier pour ceux qui
luttent à chaque instant, socialement, matériellement, spirituellement. Nous
honorons la vocation du mariage et la dignité de la vie familiale. Nous voulons
toujours reconnaître que les familles
sont le lieu où naissent les vocations.
Rassemblés
ici au « Saint Joseph Seminary », je salue les séminaristes présents et,
j'encourage tous les séminaristes d'Amérique. Je suis heureux de savoir que
votre nombre augmente ! Le Peuple de
Dieu attend de vous que vous soyez des prêtres saints, sur un chemin
quotidien de conversion, en suscitant chez les autres le désir d'entrer plus
profondément dans la vie ecclésiale des croyants. Je vous exhorte à approfondir votre amitié avec Jésus, le Bon
Pasteur. Parlez avec Lui à coeur ouvert. Rejetez toute tentation
d'ostentation, de carriérisme ou de vanité. Recherchez un style de vie vraiment
caractérisé par la charité, la chasteté et l'humilité, à l'imitation du Christ,
le Prêtre Suprême éternel dont vous devez devenir l'image vivante (cf. Pastores
dabo vobis, n. 33). Chers séminaristes, je prie pour vous chaque jour. Rappelez-vous que ce qui compte devant le
Seigneur est de demeurer dans son amour et de faire rayonner son amour pour les
autres.
Les
soeurs, les frères et les prêtres des congrégations religieuses contribuent
largement à la mission de l'Eglise. Leur témoignage prophétique est caractérisé
par une profonde conviction du primat avec lequel l'Evangile façonne la vie
chrétienne et transforme la société. Aujourd'hui, je voudrais attirer votre
attention sur le renouveau spirituel
positif que les congrégations sont en train d'entreprendre en relation avec
leur charisme. La parole « charisme » signifie un don accordé librement et
gratuitement. Les charismes sont accordés par l'Esprit Saint qui inspire les
fondateurs et les fondatrices et qui forme en conséquence les congrégations
avec leur patrimoine spirituel. La merveilleuse série de charismes propres à
chaque institut religieux est un trésor spirituel extraordinaire. En effet, la
plus belle illustration de l'histoire de l'Eglise est peut-être l'histoire de
ses écoles de spiritualité, dont la plupart remontent aux vies saintes de
fondateurs et de fondatrices. Je suis certain qu'à travers la découverte des
charismes qui produisent une telle profondeur de sagesse spirituelle, certains
d'entre vous seront attirés par une vie de service apostolique ou contemplatif.
N'ayez pas peur de parler avec des
frères, des soeurs ou des prêtres religieux du charisme ou de la spiritualité
de leur congrégation. Il n'existe
aucune communauté parfaite, mais c'est le discernement de la fidélité à un
charisme fondateur, et non à une personne en particulier, que le Seigneur vous
demande. Soyez courageux ! Vous aussi pouvez faire de votre vie un don
personnel pour l'amour du Seigneur Jésus et, en Lui, de chaque membre de la
famille humaine (cf. Vita consecrata, n.3).
Mes
amis, je vous le demande à nouveau, et aujourd'hui ? Que recherchez-vous ?
Qu'est-ce que Dieu vous suggère ? L'espérance qui ne déçoit jamais est Jésus -
Christ. Les saints nous montrent l'amour désintéressé de son chemin. En tant
que disciples du Christ, leurs itinéraires extraordinaires se développèrent au
sein de cette communauté de l'espérance qui est l'Eglise. Et c'est de
l'intérieur de l'Eglise que vous trouverez vous aussi le courage et le soutien
pour marcher sur la voie du Seigneur. Nourris
par la prière personnelle, préparés par le silence, façonnés par la liturgie de
l'Eglise, vous découvrirez la vocation particulière que le Seigneur vous
réserve. Embrassez - la avec joie. Aujourd'hui, c'est vous qui êtes les
disciples du Christ. Faites rayonner sa lumière sur cette grande ville et
au-delà. Montrez au monde les raisons de l'espérance qui est en vous. Parlez
avec les autres de la vérité qui vous rend libres. Avec ces sentiments de
grande espérance en vous, je vous salue en vous disant « au revoir », dans
l'attente de vous rencontrer à nouveau à Sydney, en juillet, pour la Journée
mondiale de la jeunesse ! Et, en gage de mon affection pour vous et pour vos
familles, je vous donne avec joie ma Bénédiction apostolique.
Chers
séminaristes, chers jeunes, c'est pour moi une grande joie de pouvoir vous
rencontrer tous au cours de cette visite, pendant laquelle j'ai aussi fêté mon
anniversaire. Merci de votre accueil et de la gentillesse dont vous avez fait
preuve à mon égard. Je vous exhorte à ouvrir votre coeur au Seigneur, afin qu'il
le comble pleinement, de façon à ce qu'avec le feu de son amour vous
puissiez apporter son Evangile dans tous les quartiers de New York.
La lumière de la foi
vous poussera à répondre au mal par le bien et par la sainteté de votre vie,
comme l'ont fait les grands témoins de l'Evangile au cours des siècles. Vous
êtes appelés à poursuivre cette chaîne
d'amis de Jésus, qui trouveront dans son amour le grand trésor de leur vie.
Cultivez cette amitié à travers la
prière, aussi bien personnelle que liturgique, et à travers les oeuvres de
charité et l'engagement à aider ceux qui sont le plus en difficulté. Au cas
où vous ne l'auriez pas encore fait, demandez-vous sérieusement si le Seigneur
ne vous invite pas à le suivre de manière radicale dans le ministère sacerdotal
ou dans la vie consacrée. Un rapport
sporadique avec le Christ ne suffit pas. Une telle amitié n'est pas une véritable
amitié. Le Christ souhaite que vous soyez ses amis intimes, fidèles et
persévérants.
En vous renouvelant mon invitation à
participer à la Journée mondiale de la jeunesse à Sydney, je vous assure de mon
souvenir dans la prière, dans laquelle je prie Dieu de faire de vous
d'authentiques disciples du Christ ressuscité. Je vous remercie de tout coeur !