Deux convictions : Deux conditions pour
affronter le développement durable :
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1°
Nous devons avoir des valeurs qui ne se
réduisent pas aux valeurs morales formelles. Notre société libérale fait
miroiter les droits de l’homme et le marché. Mais ceci est insuffisant. Il faut
une autre direction. Il faut des valeurs spirituelles, aller au - delà de l’idéologie des droits de
l’homme qui, pour moi, ne donnent aucun sens, aucune signification ou
direction à l’homme. Au - delà de la quête spirituelle, à la quête du sens.
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2°
Avoir une efficacité sur le cours du
monde : être capable de mettre en œuvre une politique publique pour
changer les choses.
Pour ces deux conditions,
nous sommes mal placés. Nous n’avons aucun intérêt à nous cacher devant cette
difficulté. L’écologie est trop animée par des
passions négatives (tristes et non joyeuses) pour amener un élan positif. L’écologie s’appuie beaucoup sur la peur.
Si on met cette passion de la peur dans l’ État providence, cela donne
la lutte contre l’insécurité. Nous avons à déculpabiliser de la peur. La
peur est considérée comme une passion honteuse ; un grand garçon n’a pas
peur !
Mais la peur apparaît comme le premier pas de la prudence et de la sagesse.
Cela est sans doute vrai, mais pas
suffisant pour définir un projet collectif.
Ceci est difficile
pour deux raisons :
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1° La déconstruction : Nous avons vécu un siècle
de déconstruction de tout ce qui a été construit au siècle précédent. Toutes les figues traditionnelles ont ainsi
été déconstruites. Les valeurs traditionnelles sont ainsi fragilisées. 2
drapeaux apparaissent : la bohème (marginalité, art pour l’art, je
m’enfoutiste, funeste, incohérent) et l’avant – garde. Un principe a été
posé ; il faut faire table rase de tous les héritages pour innover
radicalement.
L’ensemble de la société a
été touchée. Dans cette mesure, il devient difficile
de voir les valeurs de sens pour re-construire un projet collectif.
La
morale, c’est fondamentalement le respect d’autrui. Mais la morale est
totalement insuffisant de penser les choses existentielles : tels le
deuil, la vieillesse (La vieillesse à quoi ça sert ? Le deuil d’un être
aimé, n’est pas une question de morale).
Nous avons besoin de spiritualité pour
penser ces questions existentielles qui ne se réduisent ni aux droits de l’homme, ni au marché. Le sens de la vie intervient là aussi.
Après un siècle de déconstruction acharnée, notre monde libéral ne fournit plus
de réponse à cette quête.
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2° La mondialisation
libérale : Elle rogne les ailes à l’action
politique collective. Le problème n°1, c’est le problème de l’efficacité de
l’action collective, politique.
Pourquoi ?
La
mondialisation c’est quoi ? il y a eu deux
mondialisations :
+) 1° Mondialisation : Les premiers discours
qui prétendent être mondiaux viennent de la révolution scientifique (Procès de Galilée, Newton, Descartes). Ce
sont les premiers discours vraiment universels. La religion catholique ne peut
prétendre à toucher tous, elle a des symboles liés à une partie du monde !
Le discours
scientifique et technique s’étend sur toute la planète : Le principe
d’inertie marche partout. La science va
ainsi dominer intellectuellement et pratiquement le monde, elle va le
désenchanter. La nature est parfaitement intelligente, mais on l’utilise
sans vergogne. Pas de soucis pour elle, pas de peur de sacrilège ! C’est
une domination théorique, intellectuelle
et pratique du monde. Ce n’est pas une fin en soi, mais dominer le monde
pour rendre les humains plus heureux et libres. Tout cela est assujetti à une
dynamique transcendante et à l’idée de progrès. Nous allons pouvoir dominer cette méchante nature et donc nous
rendre plus libre et plus heureux (propos lors du tremblement de terre de
Lisbonne).
+)
2° Mondialisation : Tout change. Le projet scientifique et technique tombe dans une société de compétition générale, le
capitalisme, le libéralisme. Cela change tout. Le progrès reçoit une autre
signification et un autre objet : La compétition entre entreprises
privées, peuples, cultures, universités, laboratoires scientifiques. Nous
n’allons plus progresser à partir d’un sens plus loin que le progrès lui même
(plus de liberté et de bonheur, par exemple). Nous cherchons à progresser
uniquement par l ‘effet mécanique de la compétition nécessaire, obligation
de comparer sans cesse avec le voisin. Le progrès est mû par la mécanique
aveugle de la compétition. L’image du gyroscope, il faut que cela tourne. Si
cela ne progresse pas, cela est mort.
Il y a 4
conséquences de la mondialisation libérale :
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1°
Le sens de l’histoire a totalement
disparu car les foyers de la compétition sont dispersés totalement.
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2°
Aucun d’entre nous ne contrôle
l’histoire si peu que ce soit (manque d’emprise sur le monde). O.G.M.
apprentis sorciers, Mythes de la dépossession, la créature peut échapper au
contrôle de son créateur, elle menace de dévaster la terre, dépossession, perte
de contrôle). La métaphore de la
dépossession s’applique à la logique des marchés financiers, de l’audimat.
Ce sont des processus anonymes et aveugles. Personne ne contrôle la logique des
marchés financiers et de l’audimat.
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3°
Hyperconsommation :
Individualisation de la consommation, nous consommons
de tout (École ; Politique, spectacle, religion, culture,
philosophie). Marchandisation du monde. C’est le « grand capital »,
la mondialisation libérale qui accomplit le propre de la déconstruction. C’est
le monde capitaliste.
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4° Besoin de reconstruire des valeurs spirituelles :
Le chef d’entreprise de 60 ans s’étonne de voir ses petits enfants mal élevés.
Il est le principal responsable de la situation, car il s’insère pleinement
dans le monde du consommer plus…
Qu’est ce que la consommation à l’état chimiquement pur,
c’est un traitement dont on est contraint d’augmenter les doses et de
rapprocher les prises. Le client idéal d’un supermarché est un chef
d’entreprise. Pour que l’on devienne bon client, il faut vivre dans le
manque. Il faut casser dans nos têtes
tout ce qui ferme la consommation ;
plus l’on a des valeurs morales et spirituelles, moins l’on a besoin d’acheter
des choses idiotes ! C’est la croix du capitalisme qui vise
l’hyperconsommation, la réduction de tout à une marchandise. L’individu est
transformé en consommateur addictif.
Pourquoi un
monde libéral tout de même ?
Devant la foi, l’espérance
et la charité, seule la charité compte. Le capitalisme
va réinventer l’amour à travers un sens commun entre croyants et
laïcs :
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Au
Moyen Âge, durant l’Ancien Régime on ne se marie jamais par amour mais pour
la transmission du nom, En France rurale pour la présence de bras à la
ferme pour travailler.
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Le
mariage d’amour est invité au temps du
salariat. Le marché du travail est inventé, les individus ruraux et
religieux (le village mariait les gens au Moyen Âge). Les petits individus vont
s’arracher de leur communauté d’origine et se retrouvent dans une ville anonyme. Ils vont pouvoir se
marier par affinité élective et donc par amour. Le divorce est aussi invité ainsi
que le formidable amour des enfants.
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L’histoire moderne, nous
assistons à la sacralisation de la
personne.
Il y a déconstruction de toutes les figures traditionnelles du sacré, ce
pourquoi on donne sa vie (Dieu, la
patrie, la révolution). En revanche, il apparaît à cette place un sacré à visage humain (nos
enfants ; ceux que nous aimons ;
ceux que nous ne connaissons pas). Nous ne mourrons plus que pour de
l’humain ; le sacré a pris le visage de l’humanité (Transcendance de
l’amour dans l’immanence).
L’écologie politique reformule la question
politique autour des problèmes des générations futures. On assiste à une
nouvelle conception du collectif ; le monde à laisser à nos enfants. C’est
là que nous pouvons trouver un sens.
Il nous faut trouver une efficacité politique, sur
la question de l’Europe. Il faut réfléchir à la question de l’échelle pour
reprendre la main sur le cours du monde.
Il faut donner aussi un contenu au principe de précaution. La science ne
pose jamais de valeurs, elle ne dit jamais ce qui doit être. La science ne
parle jamais de sens du type de monde que nous construisons.
Les valeurs ne s’inventent pas, tout est dans le christianisme et le
judaïsme. La dignité d’un être humain ne dépend pas de ce qu’on a reçu, mais de
ce qu’on en a fait, de l’usage libre des talents qu’on fait.
La spiritualité laïque peut se révéler bonne pour tous les
croyants face aux expériences du deuil d’un être aimé et d’une vie de
mortel en accord avec le cosmos est plus riche qu’une vie immortelle.
Il y a trois attitudes fondamentales face à la
mort :
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Stoïciens /
Boudhistes : ne vous attachez pas
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Mort de Lazare : Jésus pleure, il sent
mauvais, l’amour est plus fort que la mort. Lorsqu’on aime en Dieu, on peut
quand même s’attacher un peu, on n’est pas lié à la mort (Corps glorieux,
résurrection des corps).
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Sagesse de l’amour de
Dieu :
Quel impératif de vie nous impose l’amour des autres. Se réconcilier avec ses
parents avant qu’ils ne meurent.