Justice et Paix : THEMES GENERAUX
- Environnement



PRÉCAUTION ENVIRONNEMENTALE ET DÉMOCRATIQUE :

L’HOMME DIEU ET LE SENS DE LA VIE
QU’EST CE QU’UNE VIE RÉUSSIE ?

Deux convictions : Deux conditions pour affronter le développement durable :
-         1° Nous devons avoir des valeurs qui ne se réduisent pas aux valeurs morales formelles. Notre société libérale fait miroiter les droits de l’homme et le marché. Mais ceci est insuffisant. Il faut une autre direction. Il faut des valeurs spirituelles, aller au - delà de l’idéologie des droits de l’homme qui, pour moi, ne donnent aucun sens, aucune signification ou direction à l’homme. Au - delà de la quête spirituelle, à la quête du sens.
-         2° Avoir une efficacité sur le cours du monde : être capable de mettre en œuvre une politique publique pour changer les choses.

Pour ces deux conditions, nous sommes mal placés. Nous n’avons aucun intérêt à nous cacher devant cette difficulté. L’écologie est trop animée par des  passions négatives (tristes et non joyeuses) pour amener un élan positif. L’écologie s’appuie beaucoup sur la peur.
Si on met cette passion de la peur dans l’    État providence, cela donne la lutte contre l’insécurité. Nous avons à déculpabiliser de la peur. La peur est considérée comme une passion honteuse ; un grand garçon n’a pas peur !
Mais la peur apparaît comme le premier pas de la prudence et de la sagesse. Cela est sans doute vrai, mais pas suffisant pour définir un projet collectif.

Ceci est difficile pour deux raisons :
-         1° La déconstruction : Nous avons vécu un siècle de déconstruction de tout ce qui a été construit au siècle précédent. Toutes les figues traditionnelles ont ainsi été déconstruites. Les valeurs traditionnelles sont ainsi fragilisées. 2 drapeaux apparaissent : la bohème (marginalité, art pour l’art, je m’enfoutiste, funeste, incohérent) et l’avant – garde. Un principe a été posé ; il faut faire table rase de tous les héritages pour innover radicalement.
L’ensemble de la société a été touchée. Dans cette mesure, il devient difficile de voir les valeurs de sens pour re-construire un projet collectif.

         La morale, c’est fondamentalement le respect d’autrui. Mais la morale est totalement insuffisant de penser les choses existentielles : tels le deuil, la vieillesse (La vieillesse à quoi ça sert ? Le deuil d’un être aimé, n’est pas une question de morale).

         Nous avons besoin de spiritualité pour penser ces questions existentielles qui ne se réduisent ni aux droits de l’homme, ni au marché. Le sens de la vie intervient là aussi. Après un siècle de déconstruction acharnée, notre monde libéral ne fournit plus de réponse à cette quête.

-         2° La mondialisation libérale : Elle rogne les ailes à l’action politique collective. Le problème n°1, c’est le problème de l’efficacité de l’action collective, politique.

Pourquoi ? La mondialisation c’est quoi ? il y a eu deux mondialisations :
+) 1° Mondialisation : Les premiers discours qui prétendent être mondiaux viennent de la révolution scientifique (Procès de Galilée, Newton, Descartes). Ce sont les premiers discours vraiment universels. La religion catholique ne peut prétendre à toucher tous, elle a des symboles liés à une partie du monde !
Le discours scientifique et technique s’étend sur toute la planète : Le principe d’inertie marche partout. La science va ainsi dominer intellectuellement et pratiquement le monde, elle va le désenchanter. La nature est parfaitement intelligente, mais on l’utilise sans vergogne. Pas de soucis pour elle, pas de peur de sacrilège ! C’est une domination théorique, intellectuelle et pratique du monde. Ce n’est pas une fin en soi, mais dominer le monde pour rendre les humains plus heureux et libres. Tout cela est assujetti à une dynamique transcendante et à l’idée de progrès. Nous allons pouvoir dominer cette méchante nature et donc nous rendre plus libre et plus heureux (propos lors du tremblement de terre de Lisbonne).
         +) 2° Mondialisation : Tout change. Le projet scientifique et technique tombe dans une société de compétition générale, le capitalisme, le libéralisme. Cela change tout. Le progrès reçoit une autre signification et un autre objet : La compétition entre entreprises privées, peuples, cultures, universités, laboratoires scientifiques. Nous n’allons plus progresser à partir d’un sens plus loin que le progrès lui même (plus de liberté et de bonheur, par exemple). Nous cherchons à progresser uniquement par l ‘effet mécanique de la compétition nécessaire, obligation de comparer sans cesse avec le voisin. Le progrès est mû par la mécanique aveugle de la compétition. L’image du gyroscope, il faut que cela tourne. Si cela ne progresse pas, cela est mort.

Il y a 4 conséquences de la mondialisation libérale :
-         1° Le sens de l’histoire a totalement disparu car les foyers de la compétition sont dispersés totalement.
-         2° Aucun d’entre nous ne contrôle l’histoire si peu que ce soit (manque d’emprise sur le monde). O.G.M. apprentis sorciers, Mythes de la dépossession, la créature peut échapper au contrôle de son créateur, elle menace de dévaster la terre, dépossession, perte de contrôle). La métaphore de la dépossession s’applique à la logique des marchés financiers, de l’audimat. Ce sont des processus anonymes et aveugles. Personne ne contrôle la logique des marchés financiers et de l’audimat.
-         3° Hyperconsommation : Individualisation de la consommation, nous consommons de tout (École ; Politique, spectacle, religion, culture, philosophie). Marchandisation du monde. C’est le « grand capital », la mondialisation libérale qui accomplit le propre de la déconstruction. C’est le monde capitaliste.
-         4° Besoin de reconstruire des valeurs spirituelles : Le chef d’entreprise de 60 ans s’étonne de voir ses petits enfants mal élevés. Il est le principal responsable de la situation, car il s’insère pleinement dans le monde du consommer plus…
Qu’est ce que la consommation à l’état chimiquement pur, c’est un traitement dont on est contraint d’augmenter les doses et de rapprocher les prises. Le client idéal d’un supermarché est un chef d’entreprise. Pour que l’on devienne bon client, il faut vivre dans le manque.  Il faut casser dans nos têtes tout ce qui ferme la consommation ; plus l’on a des valeurs morales et spirituelles, moins l’on a besoin d’acheter des choses idiotes ! C’est la croix du capitalisme qui vise l’hyperconsommation, la réduction de tout à une marchandise. L’individu est transformé en consommateur addictif.

Pourquoi un monde libéral tout de même ?
Devant la foi, l’espérance et la charité, seule la charité compte. Le capitalisme va réinventer l’amour à travers un sens commun entre croyants et laïcs :
-         Au Moyen Âge, durant l’Ancien Régime on ne se marie jamais par amour mais pour la transmission du nom, En France rurale pour la présence de bras à la ferme pour travailler.
-         Le mariage d’amour est invité au temps du salariat. Le marché du travail est inventé, les individus ruraux et religieux (le village mariait les gens au Moyen Âge). Les petits individus vont s’arracher de leur communauté d’origine et se retrouvent  dans une ville anonyme. Ils vont pouvoir se marier par affinité élective et donc par amour. Le divorce est aussi invité ainsi que le formidable amour des enfants.
-         L’histoire moderne, nous assistons à la sacralisation  de la personne. Il y a déconstruction de toutes les figures traditionnelles du sacré, ce pourquoi on donne sa vie  (Dieu, la patrie, la révolution). En revanche, il apparaît à cette place un sacré à visage humain (nos enfants ; ceux que nous aimons ;  ceux que nous ne connaissons pas). Nous ne mourrons plus que pour de l’humain ; le sacré a pris le visage de l’humanité (Transcendance de l’amour dans l’immanence).

L’écologie politique reformule la question politique autour des problèmes des générations futures. On assiste à une nouvelle conception du collectif ; le monde à laisser à nos enfants. C’est là que nous pouvons trouver un sens.

Il nous faut trouver une efficacité politique, sur la question de l’Europe. Il faut réfléchir à la question de l’échelle pour reprendre la main sur le cours du monde.

Il faut donner aussi un contenu au principe de précaution. La science ne pose jamais de valeurs, elle ne dit jamais ce qui doit être. La science ne parle jamais de sens du type de monde que nous construisons.

Les valeurs ne s’inventent pas, tout est dans le christianisme et le judaïsme. La dignité d’un être humain ne dépend pas de ce qu’on a reçu, mais de ce qu’on en a fait, de l’usage libre des talents qu’on fait.

La spiritualité laïque peut se révéler bonne pour tous les croyants face aux expériences du deuil d’un être aimé et d’une vie de mortel en accord avec le cosmos est plus riche qu’une vie immortelle.

Il y a trois attitudes fondamentales face à la mort :
-         Stoïciens / Boudhistes : ne vous attachez pas
-         Mort de Lazare : Jésus pleure, il sent mauvais, l’amour est plus fort que la mort. Lorsqu’on aime en Dieu, on peut quand même s’attacher un peu, on n’est pas lié à la mort (Corps glorieux, résurrection des corps).
-         Sagesse de l’amour de Dieu : Quel impératif de vie nous impose l’amour des autres. Se réconcilier avec ses parents avant qu’ils ne meurent.


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